
Roulera ? Roulera pas ? Une incertitude semble à nouveau planer sur les débuts d’exploitation des quatre premiers TGV M, prévus le 1er juillet prochain. Des rumeurs sur un énième report bruissent depuis plusieurs semaines. Le site spécialisé Ville, Rail & Transport (VRT) est allé plus loin vendredi dernier en annonçant que ce TGV dit « du futur » construit par Alstom rencontrerait à nouveau des déconvenues lors de ses essais. Et de pointer des « problèmes de fiabilité avec le TCMS, le système de contrôle et de gestion des trains, un élément essentiel pour contrôler et superviser les différents sous-systèmes du train (portes, freins, climatisation, communication bord-sol…) ».
Selon VRT, ce nouveau retard aurait été annoncé le 13 mars lors d’un CSE extraordinaire à La Rochelle sur le site Alstom d’Aytré où une partie de la construction de ces train est réalisée. Compte tenu des modifications techniques à réaliser, les premiers TGV en cours d’homologation ne pourraient ainsi débuter leurs dessertes qu’à partir du 15 août. De quoi représenter des pertes commerciales importantes pour la SNCF en pleine haute saison estivale.
Le SNCF dément tout retard d’exploitation
Contacté par Voyages d’Affaires, la SNCF dément tout nouveau délai de mise en exploitation du TGV M. La suite de la réponse peut toutefois paraître moins affirmative : « La mobilisation de SNCF Voyageurs et d’Alstom continue pour tenir l’objectif d’une mise en service commercial le 1er juillet. Des réunions se tiennent en permanence entre les dirigeants pour faire le point sur le bon avancement ». Il faut dire que les essais des quatre première rames de pré-série ont débuté fin 2022 afin de valider tous les éléments de ce TGV 5ème génération qui se veut révolutionnaire, plus capacitaire de 20% avec 9 voitures au lieu de 8, et moins gourmand de 20% en énergie.
Présenté comme « le TGV du futur », le TGV M est devenu une véritable arlésienne. Devant initialement commencer à transporter ses premiers voyageurs fin 2023 puis à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024, il a un temps été annoncé pour fin 2025… Ces retards successifs sont liés aux innombrables innovations de ce train et notamment au vieillissement rapide de certaines pièces. La SNCF, qui est confrontée à un manque d’offres, attend avec impatience la mise en exploitations de ces 4 trains au 1er juillet, pour commencer sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée et le Paris-Milan, espérant ensuite disposer de 8 rames en septembre et de 13 fin 2026.
SNCF Voyageurs a commandé 160 exemplaires à ce jour
Face à la concurrence de Trenitalia, de la Renfe et de futurs concurrents (Velvel, Le Train…), SNCF Voyageurs veut faire de ce train un atout stratégique au cœur de sa stratégie de développement commercial en France et en Europe. Pas moins de 160 TGV M ont été commandés, dont 30 pour sa filiale Eurostar et 15 autres destinés à percer le marché italien avec sa marque low cost Ouigo.
Face à ces retards de livraison de la part d’Alstom, la SNCF a pris des mesures drastiques. Aucune rame n’a été sortie du parc depuis de longs mois et la capacité des TGV arrivant à mi-vie est augmentée, le groupe consacrant même une enveloppe de 600M€ afin de prolonger la durée de vie de 2 à 15 ans de près d’une centaine de rames TGV. Il compte ainsi disposer de 17 700 places supplémentaires en 2027 et de 22 100 en 2028, soit l’équivalent de 52 rames TGV.
« Sur cette période, la SNCF va ainsi préserver 15% de l’offre TGV actuelle. Ce plan couplé à la livraison progressive des TGV M nous permettra d’accroître progressivement l’offre de places disponibles », assurait en février dernier Christophe Fanichet, le Pdg de SNCF Voyageurs, lors de la présentation de ce programme baptisé O2D (pour Opération d’Obsolescence Déprogrammée). Encore faut-il pour cela qu’Alstom arrive enfin à tenir son calendrier de livraison.




















