Du mieux pour l’hôtellerie européenne au 3e trimestre selon STR

Le cabinet d'études spécialisé sur l'hôtellerie STR constate une amélioration progressive des résultats depuis la rentrée dans les grandes villes françaises comme européennes, avec une fréquentation en hausse et des prix moyens au niveau de ceux de 2019.
L'hôtellerie parisienne est en phase de reprise depuis septembre selon STR. © Paris Tourist Office - Photographe : Jocelyne Genri
L'hôtellerie parisienne est en phase de reprise depuis septembre selon STR. © Paris Tourist Office - Photographe : Jocelyne Genri

Sans présumer des semaines à venir et des conséquences de l’accélération des contaminations, la reprise de l’hôtellerie est en bonne voie sur le marché européen. Certes le redémarrage de l’activité a pris plus de temps sur ce continent qu’ailleurs. Sur les neuf premiers mois de 2021, la fréquentation des hôtels s’élève à 40 %, contre 56 % en Amérique du Nord, 54 % en Chine et 53 % au Moyen-Orient selon le cabinet spécialisé STR. L’hôtellerie européenne n’est revenue qu’à un peu plus de la moitié des niveaux atteints de 2019 (54 %), tandis que les établissements nord-américains, chinois et moyen-orientaux sont tous revenus à plus de 80 %. Toujours en retrait donc, mais sur une pente ascendante. Selon Rosianne Kindler, analyste de STR pour le marché français, « on voit une sortie de crise à partir de septembre, tous les pays dépassant 50 à 60 % des niveaux atteints en 2019« . Et même mieux encore pour le Royaume-Uni, un marché moins dépendant de la clientèle internationale, où la fréquentation dépasse 80 % des niveaux pré covid.

Alors que, sur l’ensemble des trois premiers trimestres de 2021, Paris, Lisbonne, Rome, Bruxelles ou Amsterdam enregistraient un taux d’occupation inférieur à 25 % et compris entre 25 % et 50 % pour Londres, Madrid et Berlin, un net mieux est constaté depuis l’été dans toutes ces capitales. Si Lisbonne, Rome, Amsterdam, Bruxelles ou Vienne n’ont pas dépassé les 50 % de fréquentation en septembre, ce mois de rentrée a vu d’autres grandes métropoles franchir cette barre telles Paris (51 %), Varsovie (56 %), Londres et Copenhague (58 %), Berlin (61 %), la palme revenant à Moscou et Istanbul avec 69 % d’occupation des hôtels. « A partir de septembre, on a vu les principaux marchés revenir en semaine à des niveaux supérieurs à 60 % de ce qu’ils étaient en 2019, voire près de 80 % sur certaines semaines« , remarque Rosianne Kindler lors d’une présentation de ces résultats. En parallèle, les hôteliers ont pu maintenir leurs tarifs depuis la rentrée, les prix moyens oscillant entre 90 % et 110 % de ce qu’ils étaient avant la pandémie.

Outre Paris, cette reprise est aussi sensible, en plus marquée même, dans les grandes métropoles françaises. Portées par les déplacements domestiques, Bordeaux, Lyon, Marseille et Nantes ont vu la fréquentation de leurs hôtels revenir à plus de 60 % des niveaux de 2019 sur les neuf premiers mois de l’année, Lille, la Côte d’Azur et Paris restants plus en retrait. Mais, sur la période allant d’août à octobre, l’hôtellerie parisienne a retrouvé des couleurs avec la rentrée (63 %), tandis que Bordeaux, Lyon et Nantes s’approchent des performances de la période pré-covid – autour de 90 % – et que Marseille flirte avec les résultats de 2019 (97 %). Le tout avec des prix moyens dépassant souvent les tarifs proposés par les hôtels en 2019.

Lyon, Lille et Marseille ont par exemple profité de la tenue de salons et événements MICE comme le Sirha ou le Forum International de la Cybersécurité pour doper la fréquentation et les résultats des hôtels de ces villes. Le cabinet STR n’est pas le seul à avoir constaté ce net mieux du côté de de l’hôtellerie française. « La reprise des événements professionnels a impulsé un nouveau souffle à la relance du secteur, le taux d’occupation a ainsi continué sa progression, et l’écart des performances se resserre en comparaison à 2019« , estimait Olivier Petit, directeur associé chez In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie à l’occasion du dévoilement des résultats de septembre montrant un taux d’occupation de 61 % (-19 % vs. 2019) à l’échelle de la France.

Cette embellie se poursuivra-t-elle pour l’hôtellerie européenne ? Selon les estimations de STR fondées sur l’état des réservations à 90 prochains jours à partir du 22 novembre, Paris et Londres maintenaient un bon cap jusqu’aux fêtes de fin d’année. Reste que STR a aussi constaté que les nouvelles restrictions mises en place aux Pays-Bas avaient engendré de manière immédiate une vague d’annulations à Amsterdam.

Par delà les incertitudes toujours présentes, STR table sur un retour à la normale du tourisme domestique en 2022 et du tourisme intra-régional aux niveaux pré-covid en 2024, tandis que le tourisme long-courrier devrait rester à des niveaux faibles jusque là. Si le tourisme de loisirs soutiendra en premier lieu l’activité des hôtels, le cabinet d’études s’attend aussi à une normalisation progressive du voyage d’affaires – hors long-courriers – en 2022 et à une amélioration du côté du segment MICE.

Au final, selon STR, le recul du taux d’occupation qui était de 60 pts par rapport à 2019 à la fin de l’année dernière, ne devrait plus l’être de -26 pts fin 2021 et de -8pts fin 2022. Quant aux prix moyens, ils devraient avoir retrouvé leurs niveaux précédents dès l’année prochaine. Positive, Rosianne Kindler estime que « la demande va poursuivre sa reprise et dépasser les niveaux de 2019 dès qu’il y aura moins d’incertitudes. Le désir de voyager et de se rencontrer perdurera.«