L’annonce dans le budget du gouvernement d’une taxation particulière pour les aéroports (ainsi que sur les sociétés concessionnaires d’autoroutes) devrait irrémédiablement se traduire par une hausse du prix des billets d’avion.
Le gouvernement estime que cette taxe verte devrait rapporter 600 millions d’euros par an. Une somme qui sera affectée à la modernisation du réseau ferroviaire notamment.
Pour les aéroports, la taxe verte de 4,6% est basée sur la fraction des revenus excédant 120 millions d’euros. La taxe va frapper les plus gros aéroports français en terme de trafic passagers. En l’occurrence, Aéroports de Paris et les aéroports...
L’annonce dans le budget du gouvernement d’une taxation particulière pour les aéroports (ainsi que sur les sociétés concessionnaires d’autoroutes) devrait irrémédiablement se traduire par une hausse du prix des billets d’avion.
Le gouvernement estime que cette taxe verte devrait rapporter 600 millions d’euros par an. Une somme qui sera affectée à la modernisation du réseau ferroviaire notamment.
Pour les aéroports, la taxe verte de 4,6% est basée sur la fraction des revenus excédant 120 millions d’euros. La taxe va frapper les plus gros aéroports français en terme de trafic passagers. En l’occurrence, Aéroports de Paris et les aéroports de Nice, Marseille et Lyon.
ADP a indiqué dans un communiqué que si l’adoption du texte reste dans sa rédaction actuelle, et sous réserve de l’homologation annuelle des tarifs, le groupe estime son impact à 120 millions d’euros. L’autorité aéroportuaire parisienne verserait dans les faits environ 90 millions d’euros après déductions de certains postes de dépenses.
Vinci, concessionnaire de l’aéroport de Lyon et de plusieurs autoroutes, estime que la charge supplémentaire serait de l’ordre de 260 millions d’euros rapporté à l’exercice 2022. Cependant, Vinci précise que ce montant porte quasi-exclusivement sur les sociétés concessionnaires d’autoroutes. Quoi qu’il en coûtera à ces grandes entreprises, elles répercuteront cette taxe sur les redevances aéroportuaires. Et, dans le cas de Vinci, sur les tarifs des péages.
De son côté, la Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM) a souligné que l’imposition de cette taxe renchérira le coût d’utilisation des principaux aéroports français. Elle affectera l’attractivité de la France et la compétitivité des compagnies aériennes basées sur son territoire.
Des billets d’avion plus chers
Le gouvernement a certes écarté pour le moment l’augmentation de l’éco-taxe prévue à l’origine sur les billets d’avion. Mais la hausse des taxes aéroportuaires sur les billets fera plus que la compenser. On ne sait pas encore ce qu’elle représentera sur un trajet. Mais elle devrait vraisemblablement atteindre au moins une dizaine d’euros. Elle devrait donc satisfaire les souhaits du gouvernement de renchérir le prix du transport aérien.
Il n’est pas certain que l’article 15 sur le budget soit adopté dans sa forme actuelle. Aéroports et sociétés autoroutières annoncent déposer des recours en justice divers et variés. L’argument des aéroports est notamment une distorsion de concurrence entre plateformes. Si la taxe verte va effectivement toucher ADP, affectant ainsi le hub de la compagnie nationale Air France, quid de l’aéroport de Beauvais, fief de la low-cost Ryanair et exempte de cette nouvelle taxation? Une nouvelle bataille s’engage…