Montpellier, dernier grand marché du Sud de la France pour le low cost

L'annonce par Transavia de baser deux avions à Montpellier à partir du printemps 2020 permet de verrouiller la dernière grande métropole du sud de la France, la seule à ne pas encore être une base pour un transporteur à bas coûts.

Transavia
Transavia va baser deux appareils à Montpellier au printemps 2020

Ce sera bientôt chose faite. Il y a quelques jours, la compagnie Transavia France a annoncé qu’elle allait baser au printemps prochain deux Boeing 737 à Montpellier. Un choix judicieux puisqu’il s’agit en effet de la dernière grande métropole française qui ne soit pas une base pour une compagnie low cost, alors que l’aéroport se trouve dans un bassin de population de deux millions d’habitants dans un rayon de 60 minutes.

Le dynamisme économique de Montpellier est un autre facteur de ce choix. Selon la direction de l’aéroport, Montpellier attire de nombreuses jeunes entreprises et start-up en étant le premier territoire en termes d’emplois dans ce secteur. Elle est également un centre réputé de médecine avec la présence de l’une des plus importantes universités médicales d’Europe.

Quant à l’aéroport, il est le 12e plus important en France avec un trafic de 1,9 million de passagers attendu cette année. Néanmoins, sa part dans le trafic total des aéroports de région reste faible. Selon les statistiques de l’aviation civile, Montpellier ne représentait que 2,1% du total passagers hors Paris en 2018, loin derrière Nice (15%), Toulouse (10,5%) et Marseille (10,2%).

Montpellier voit déjà atterrir huit compagnies low cost ou hybrides sur son aéroport, notamment durant la haute saison d’été – Aer Lingus, Air Arabia sur le Maroc, easyJet, Eurowings, Norwegian, TUI Fly, Volotea et Transavia Hollande, qui propose des vols sur Rotterdam. Côté compagnies traditionnelles, outre Air France et sa Navette, on trouve aussi British Airways, KLM, SAS, Chalair, Royal Air Maroc ainsi que Ural Air vers Moscou.

Sur un trafic de 1,64 million de passagers entre janvier et octobre 2019, les transporteurs low cost atteignaient une part de marche de 39,7% (37,7% pour l’année 2018). Montpellier est loin derrière Nice avec une part de marché du low cost de 43,8%, de Toulouse avec 42,2% et Bordeaux avec 55,2%. En Languedoc, les compagnies à bas-coûts représentent même 98 à 99% du trafic passagers des aéroports de Béziers et Nîmes, sur une base passagers bien plus faible il est vrai.

Nous nous implantons à Montpellier avec la volonté de devenir un acteur majeur de l’aéroport comme nous l’avons fait à Orly, Nantes et Lyon

Pour Nathalie Stubler, Présidente Directrice Générale de Transavia France, le choix de Montpellier se justifie parce que « l’offre low cost est encore peu développée au départ de cet aéroport alors que la demande des voyageurs est forte. Nous allons offrir de belles destinations dont de nombreuses ne sont pas encore desservies en direct. Pour Transavia France, cette annonce constitue une étape importante dans le développement de notre compagnie avec la création de notre première base dans le Sud de la France. Nous nous implantons à Montpellier avec la volonté de devenir un acteur majeur de l’aéroport comme nous l’avons fait à Orly, Nantes et Lyon ».

« C’est un moment historique pour notre aéroport et un signal fort pour notre territoire. Transavia France avec deux avions basés marque ainsi sa confiance dans le potentiel de notre marché et ouvre de fantastiques perspectives de développement. Dès 2020, ce seront donc au total près de 50 destinations directes qui seront ainsi proposées depuis Montpellier ! » indiquait pour sa part Emmanuel Brehmer, Président du Directoire de l’Aéroport de Montpellier.

On peut donc estimer que l’arrivée de Transavia va se traduire par une montée en puissance du segment low cost. Le trafic passagers devrait passer l’an prochain de 43% à 45% de part de marché. A terme, il pourrait même franchir la barre des 50%.