
Le Laos a longtemps souffert de son enclavement entre Chine, Vietnam, Thaïlande et Cambodge. Cette situation a contribué à son lent développement économique. Mais l’a, aussi, probablement protégé des affres d’une modernisation à marche forcée sur le continent asiatique depuis les années 80. C’est ce qu’on constate encore aujourd’hui dans les rues de Vientiane, une cité bien tranquille, loin de l’agitation qui caractérise Bangkok, Hanoï, Phnom Penh ou Ho Chi Minh Ville.
La capitale du Laos, forte d’un peu plus de 700 000 habitants et d’un million d’habitants pour son agglomération, se caractérise par un art de vivre que d’aucun décrirait comme quelque peu indolent. Ce qui finalement n’est pas le moindre de ses charmes. Depuis la crise du Covid, le Laos tente de retrouver les chemins de la croissance. Cette dernière avait été stimulée dans les années 2000 par son adhésion à l’ASEAN et par une présence chinoise de plus en plus massive.
La pandémie a cependant mis à mal le développement des dernières années. Le Laos est désormais confronté à une dette massive avec une monnaie locale dont le taux de change a plongé. Si un euro valait 9 700 Kip fin février 2020 (juste avant la fermeture des frontières avec le Covid), il s’échange quatre ans plus tard autour de 23 700 Kip.
Si les investissements, notamment dans le domaine des infrastructures, se poursuivent, ils sont majoritairement contrôlés par la Chine et la Thaïlande, ces deux pays représentant 68,5% de tous les échanges commerciaux du Laos. En parallèle, la France est le principal partenaire occidental du pays et le septième investisseur étranger sur la décennie. Parmi les entreprises françaises présentes dans le pays, on relève notamment la présence d’EDF (barrage hydroélectrique de Nam Theun 2), de la BRED (Banque Franco-Lao) ou encore d’Essilor.
Influences françaises
Le Laos a accueilli 3,5 millions de visiteurs internationaux en 2023, attirés en grande partie par une nature indomptée, mais aussi le style de vie simple et quelque peu nonchalant du pays. Vientiane en est en partie le reflet mais, en tant que capitale, elle séduit également les voyageurs d’affaires et le MICE.
Depuis la réouverture des frontières aux voyageurs internationaux suite au Covid, Vientiane reprend vie. Pour les touristes d’affaires, la cité offre de nombreux avantages : un positionnement géographique idéal, vraie plaque tournante de la région du Mékong entre Chine et Thaïlande, notamment depuis l’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Vientiane et la Chine (voir encadré). Le relatif faible coût de la vie et une offre hôtelière qui ne cesse de s’améliorer année après année contribuent à cet attrait.
Les voyageurs francophones apprécient pour leur part les restes d’une influence française. Influences qui se retrouvent dans les noms de rue, dans la longue avenue Lane Xang copiée sur les Champs-Elysées avec son arc de triomphe, mais aussi dans les dernières villas coloniales encore visibles, dans ses bars à vin et au travers de ses baguettes croustillantes que les locaux mangent volontiers avec du pâté… mélangé à de la papaye verte et couvert de sauce piment !
Surtout, les voyageurs venus de l’Hexagone trouvent une multitude de boutique hôtels à l’inspiration et aux noms français comme « La Seine », « Le Charme », « Le Luxe » ou « Villa de Mekong ». Généralement, ces établissements trois ou quatre étoiles offrent de bon standard de service, à des prix très raisonnables, souvent à moins de 80 euros.
L’hôtellerie a la fièvre à Vientiane
Les prix raisonnables de l’hôtellerie tiennent surtout à une concurrence qui s’est intensifiée dans la capitale laotienne. Car, depuis cinq ans, le marché hôtelier de Vientiane évolue vite, très vite. Une dizaine d’hôtels de chaîne sont venus ou vont venir grossir les quelque 10 000 chambres existantes dans la capitale. Parmi ces établissements déjà établis, les deux premiers hôtels du groupe IHG, Crowne Plaza et Holiday Inn & Suites, situs l’un en face de l’autre. Accor est présent avec un unique Ibis dans le centre historique tout comme Best Western, présent depuis 2019 avec la marque SureStay.
Pour aller plus loin, rien qu’en 2024, Vientiane verra l’ouverture de plus de 550 nouvelles chambres d’hôtels de chaîne. Auxquels s’ajouteront près de 400 chambres en 2025. Radisson doit ouvrir au quatrième trimestre son premier hôtel dans la capitale. Il s’agira d’un quatre étoiles sous la marque Radisson RED, qui offrira 145 chambres. Au même moment sera inauguré le DoubleTree by Hilton, au cœur de la ville historique. L’établissement de 188 chambres a dû repousser à plusieurs reprises son ouverture, en raison notamment de la crise du Covid.
Cependant, la plupart des nouveaux hôtels de chaîne dans la capitale appartiennent à des marques thaïlandaises. Eastin a été l’un des premiers avec un quatre étoiles de 97 chambres ouvert en pleine pandémie, en 2022. De son côté, Centara Hotels & Resort a inauguré en mars dernier un établissement lifestyle COSI offrant 95 chambres. Au troisième trimestre sont également prévus les débuts d’un Amari, quatre étoiles doté de 248 chambres.
Le puissant groupe thaïlandais Minor, maison mère d’Anantara et de NH Hotels, s’est également lancé dans un gigantesque projet, le futur Avani Lane Xang, dont l’ouverture sera probablement effective à la mi-2025. Situé près de l’ambassade de Brunei, cet établissement cinq étoiles au au style néo-colonial français proposera 273 chambres.
Enfin, les voyageurs français apprécieront probablement le tout nouvel hôtel Souphattra Heritage, propriété d’un groupe laotien. Dans une des rues tranquilles de la capitale, le nouveau boutique hôtel avec ses 26 chambres, est un petit bijou de style colonial français avec ses deux maisons principales et ses 26 chambres d’essence très romantique. Il est en concurrence avec le seul véritable hôtel colonial de Vientiane, le Settha Palace. Ouvert dans les années 30 sous le nom de « Bungalow », l’hôtel a retrouvé son lustre après une restauration minutieuse en 1999 par son propriétaire originel.
Tous ces nouveaux hôtels offrent pour l’organisation de MICE ou de conférences une alternative au fort peu attractif Lao ITECC, le parc des expositions et des congrès, inauguré en 2016. Ou encore au Lao National Convention Center, à peine plus agréable mais plus central.
Nouveaux hôtels, multiplication des restaurants et bistros contemporains, centres commerciaux modernes, prolongation de la ligne TGV vers la Thaïlande ce mois de juillet : tout cela donne un coup de fouet à Vientiane. Et va finir par enterrer son surnom de « belle endormie ».
GUIDE PRATIQUE
S’Y RENDRE
La capitale du Laos, Vientiane, est à +5 heures de décalage de la France en été, +6 heures en hiver. Il n’existe pas de vols directs avec l’Europe, mais les connections sont faciles via Bangkok (Thai Airways International, Lao Airlines et Air Asia) ou Hanoi (Vietnam Airlines en code share avec Air France).
Alternativement, on peut également rejoindre Vientiane via Singapour (Singapore Airlines/Scoot) ou bien par l’aéroport d’Udon Thani en Thaïlande, à une heure et quart de la frontière avec le Laos.
Le visa peut être obtenu sur place ou électroniquement (https://www.laoevisa.gov.la/index) pour une entrée unique donnant le droit à un séjour de 14 jours.
SEJOURNER
- Souphattra Heritage Hotel (5 étoiles-26 chambres) : nouvel hôtel de style colonial au cœur de la ville historique (https://souphattra.com/).
- Settha Palace Hotel (5 étoiles-29 chambres) : Seul établissement historique de Vientiane construit en 1932 à l’époque française (https://www.setthapalace.com/).
- Green Park Boutique Hotel (4 étoiles- 33 chambres) : proche de la faculté de médecine et de l’ambassade de France, un joli hôtel constitué de pavillons de style laotien dans un grand jardin avec piscine (reservation@greenparkboutiquehotel.com)
- Le Charme Hotel (3 étoiles-44 chambres) : Dans un petit immeuble des années 60, des chambres inspirée par l’art déco. Restaurant et piscine dans un patio (https://lecharmevientiane.com)
- Ibis Vientiane Nam Phu (3 étoiles-64 chambres) : un hôtel contemporain dans le cœur historique de Vientiane (https://all.accor.com).
MANGER
La cuisine laotienne a beaucoup de similitudes avec la cuisine thaïe. Elle est cependant moins sucrée que sa voisine mais tout aussi délicieuse. Ragoût d’aubergines (Lo-Lam), salade de viande hachée et menthe (Laab), soupe de nouilles au lait de coco épicé (Khao Poun) ou encore salade de papaye verte font partie des grands classiques.
- Kua Lao : grand classique des visiteurs à Vientiane, ce restaurant de spécialités laotiennes propose une cuisine adaptée au goût occidental dans une maison coloniale française (https://www.kualaorestaurant.com/).
- Khop Chai Deu : restaurant du groupe laotien de tourisme Inthira, Khop Cha Deu offre une excellente cuisine laotienne et internationale. C’est aussi un bar très fréquenté par les expats et la jeunesse dorée laotienne (https://www.inthira.com/restaurants-bars/khop-chai-deu/)
- 525Eat&Drink : une villa des années 70 devenue bar et restaurant avec la possibilité de manger des plats d’inspiration française dans un joli jardin et loin des bruits de la rue…
ACHETER
- Carol Cassidy Lao Textiles : splendides étoffes de soie ou de coton à motifs ethniques de la créatrice américaine Carol Cassidy dans une ancienne maison coloniale (http://www.laotextiles.com)
- Ministry of Silk : d’élégants vêtements en soie très « fifties » d’allure (https://www.ministryofsilk.com/)
- The first Salon de Thé : outre de l’artisanat local, cette boutique propose de nombreux produits d’épicerie fine locaux tels que riz, whiskys, thés, cafés et miels entre autres. (https://www.facebook.com/profile.php?id=100057402880624).
A VOIR
- Temples : Wat Phra Keo (aujourd’hui un musée d’art religieux), Wat Sisakhet, temple le plus ancien de la capitale et le stupa doré de Pha That Luang, symbole de la ville.
- Le Musée National du Laos est intéressant pour son approche très communiste de l’histoire du pays. Un vrai saut dans les années 70 et 80.
- Arc de triomphe Patuxay, plus pour la magnifique vue depuis le toit que pour l’architecture un peu kitsch…
- Rue Samsenthai avec son alignement de maisons rappelant une petite ville de province française. On y trouve aujourd’hui boutiques d’artisanat et d’antiquités, restaurants et bars.
INFORMATIONS
- Ambassade de France au Laos : https://la.ambafrance.org/
- Office de tourisme du Laos : https://www.tourismlaos.org/



















