2020, « annus horribilis » du transport aérien

L'Association Internationale des Compagnies Aériennes IATA a confirmé ce dont tout le monde se doutait : 2020 aura été la pire année jamais traversée par le transport aérien depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

IATA vient de tirer un bilan de l’activité de ses membres en 2020. L’association qui regroupe 290 compagnies aériennes- soit 82% de toutes les capacités- a enregistré une baisse de 75,6% de la demande passagers à l’international par rapport à 2019. Exprimée en recettes/passagers/km (RPK), la baisse est de 85% à l’international.

Le déclin est moins sensible sur les lignes domestiques avec une baisse de 43% du RPK. La demande domestique a baissé de 48,8% par rapport à 2019.

En conséquence, la capacité (mesurée en sièges-kilomètres disponibles ou ASK) a diminué de 68,1 % et le coefficient de remplissage a reculé de 19,2 points pour atteindre 62,8 %. Sur les lignes intérieures, les capacités ont baissé de 35,7 % et le coefficient d’occupation a perdu 17 points pour atteindre 66,6 %.

C’est l’Afrique qui a montré la meilleure résilience. Le trafic exprimé en RPK a baissé de 69,8% sur les lignes internationales. L’Amérique Latine et le Moyen-Orient talonnent l’Afrique avec une chute de trafic contenue à respectivement à 71,8% et 72,9%. L’Amérique du Nord s’affiche en baisse de 75,4% en RPK. C’est pourtant en Asie-Pacifique qu’on relève  les pires résultats. Le trafic international en RPK s’est effondré de 80,3%, plusieurs pays fermant totalement leur accès aérien au reste de la planète.

En 2021, le trafic aérien atteindrait 50% du niveau de 2019 dans le meilleur des cas

Quant à l’Europe, elle a connu une baisse de trafic de 73,7% exprimée en RPK sur 2020. Le continent aura certes bénéficié d’une reprise durant l’été 2020. Mais le retour du virus à partir de l’automne pèse désormais sur l’activité aérienne en Europe. En décembre 2020, le trafic était inférieur de 82,7% par rapport au même mois de 2019. Janvier et février 2021 s’annoncent pires encore…

Les réservations pour les voyages futurs effectuées en janvier 2021 ont de fait diminué de 70 % par rapport à l’année précédente. La baisse avait été contenue à 60% en décembre. La faible demande devrait se traduire par une pression plus grandes sur la trésorerie des compagnies aériennes et pourrait avoir une incidence sur le calendrier de la reprise attendue.

Les premières prévisions IATA pour 2021 tablent sur une amélioration de 50,4 % de la demande en 2020. Elle permettrait à l’industrie aérienne de retrouver 50,6 % de ses niveaux de 2019. Ce retour à 50% des capacités d’avant-covid pourrait pourtant être remis en cause en cas de nouvelles restrictions. Notamment avec le développement de nouvelles variantes du virus.

Si un tel scénario se concrétisait, l’amélioration de la demande pourrait être limitée à 13 % seulement par rapport aux niveaux de 2020. Le transport aérien pourrait alors ne représenter que 38% de sa performance de 2019.