Les perspectives pour 2021 selon Guirec Grand-Clément (Enterprise France)

Début d'année toujours perturbé, mais aussi développement de nouvelles agences et électrification de la flotte : Guirec Grand-Clément, directeur des opérations d'Enterprise France, dessine les perspectives du loueur pour l'année à venir.

Grand-Clement-Enterprise
ST : LOCATION DE VOITURES Guirec Grand-Clément, directeur des opérations d'Enterprise France.

Comment voyez-vous 2021 ?

Guirec Grand-Clément – Nous aimerions avoir plus de visibilité. Tant que les populations ne seront pas largement vaccinées et qu’il n’y aura pas de sureté dans les voyages d’affaires, l’activité aura du mal à redécoller. Les entreprises vont continuer à limiter le déplacement de leurs collaborateurs et à privilégier des solutions alternatives comme la visioconférence. Le 1er trimestre devrait ainsi rester équivalent à ce que nous avons connu fin 2021. J’espère néanmoins un rattrapage dès que cette crise sera surmontée, avec des clients affaires qui auront envie se retrouver et d’échanger, de reprendre leurs tournées commerciales… Enterprise se veut optimiste, car notre activité était en développement avant la pandémie. Volontaires, nous avons ouvert une douzaine d’agences en propre en France et ferons de même cette année. Enterprise entend être flexible et réactif afin de saisir des opportunités si la demande évolue positivement, avec une reprise je l’espère avant l’été.

Quelles sont vos priorités cette année ?

G. C-C. – L’électrification de la flotte, car les loueurs doivent se préparer aux directives de la loi d’orientation des mobilités (LOM) qui imposera au 1er janvier 2022 aux entreprises ayant plus de 100 véhicules de posséder au moins 10% de véhicules à basses émissions. Les sociétés qui ont dans le rétroviseur leur bilan carbone ont actuellement plus d’intérêt que leurs collaborateurs pour le véhicule électrique. La demande n’est en effet pas au rendez-vous, les voyageurs professionnels préférant toujours des véhicules diesel pour les locations de moyenne durée. L’hybride les rassure davantage que le tout électrique, car il existe un retard sur la quantité et la qualité des bornes de recharge. Une situation qui n’est toutefois pas spécifique aux loueurs. Nous devons définir le bon usage et des solutions adaptées à chaque société. Sur l’autopartage également. L’hybride et l’électrique représentent aujourd’hui moins de 10 % de notre flotte qui, récente, est peu émettrice de CO2. Ce chantier va nous occuper pour les 12 prochains mois.

L’hybride et l’électrique représentent aujourd’hui moins de 10 % de notre flotte qui, récente, est peu émettrice de CO2. Ce chantier va nous occuper pour les 12 prochains mois.

Quel impact a eu le Covid-19 sur votre activité en 2020 ?

G. C-C. – Enterprise a fermé l’essentiel de son réseau lors du premier confinement, entrainant une baisse des réservations supérieure à 90 %. Nous avons assuré le retour des véhicules, maintenu une activité de véhicules de remplacement pour les assisteurs et mis à disposition des voitures pour le personnel soignant. Notre réseau fut à nouveau opérationnel à 95 % en juillet pour réaliser le meilleur été possible avec des Français demeurant dans l’Hexagone pour leurs vacances et des touristes étrangers, notamment la clientèle nord-américaine, évidemment absents. Le deuxième confinement a entrainé une chute des réservations de 40 % à 60 % selon les semaines comparé à 2019, Enterprise ayant pu compter sur une petite reprise des déplacements professionnels. Les voyageurs professionnels ont réalisé des locations plus longues et des retraits au plus près de leur domicile afin d’éviter des moyens de transport confinés. Cette clientèle « pro » ne représentait toutefois que 20 % à 35 % de notre volume d’affaires selon les derniers mois de 2020. Côté loisirs, Noël, période traditionnellement chargée, a subi la fermeture des stations de sport d’hiver et la baisse des regroupements familiaux.

La pandémie a-t-elle influé sur les attentes de vos clients ?

G. C-C. – Bien sûr. La question sanitaire est devenue importante. Enterprise a mis en place un Engagement de Propreté Complète, protocole concernant notamment le nettoyage des véhicules afin d’assurer une protection de nos clients et de nos équipes. La pandémie a aussi accéléré la digitalisation via l’utilisation de tablettes au départ comme au retour du véhicule afin d’éviter au maximum le passage au comptoir de l’agence. L’objectif est d’avoir un échange à l’air libre avec le moins de contacts possibles.

Votre application ne permet toutefois pas d’ouvrir le véhicule pour une prise en main directe par le client ?

G. C-C. – Oui, c’est exact. Nous avons la technologie, mais il nous faut trouver le bon scénario et choisir la bonne cible de clientèle pour lancer à terme ce service.

Avez-vous baissé vos tarifs pour soutenir l’activité en 2020 ?

G. C-C. – Il n’y a pas eu de bataille sur les prix entre les loueurs. Nos coûts ont d’abord augmenté en raison des nouveaux process sanitaires. Ils sont ensuite devenus très élevés sur les aéroports où nos charges sont restées inchangées alors que nos volumes ont fondu avec la disparition des visiteurs étrangers et la forte baisse des voyageurs d’affaires comme des clients MICE. Enterprise est challenger sur le marché et notre priorité est d’avoir une offre au juste prix en misant sur le service et la sécurité pour nos clients.