C’est la fin des événements inutiles et insipides
Quelles sont les répercussions de la crise sanitaire sur le marché du tourisme d’affaires ?
Lionel Malard – Inéluctablement, pour se réunir, il faut désormais une bonne raison ! Qu’importe leurs formats et capacités, seuls les événements extrêmement stratégiques et ayant un contenu musclé perdureront. Les participants devront vivre une expérience extraordinaire. Si la manifestation ne crée pas de bien pour soi, pour sa communauté et pour le monde, elle disparaîtra. C’est la fin des événements inutiles et insipides, mais l’avenir de ceux qui ont du sens, de la créativité et donnent envie de se...
C’est la fin des événements inutiles et insipides
Quelles sont les répercussions de la crise sanitaire sur le marché du tourisme d’affaires ?
Lionel Malard – Inéluctablement, pour se réunir, il faut désormais une bonne raison ! Qu’importe leurs formats et capacités, seuls les événements extrêmement stratégiques et ayant un contenu musclé perdureront. Les participants devront vivre une expérience extraordinaire. Si la manifestation ne crée pas de bien pour soi, pour sa communauté et pour le monde, elle disparaîtra. C’est la fin des événements inutiles et insipides, mais l’avenir de ceux qui ont du sens, de la créativité et donnent envie de se déplacer.
Ce renouveau signe-t-il l’ère du digital ?
L.M. – Tant que le digital se résume à un simple copier-coller des modèles réels, il est décevant. Il faut réinventer l’événementiel, faire preuve d’inventivité ! L’événement physique joue sur nos cinq sens. Or, avec le digital, il est impossible de retrouver ces émotions. Il faut humaniser et “événementialiser” le digital. De même, je reste sceptique sur le digital hybride, car l’attention du spectateur n’est pas aussi performante qu’en présentiel. En revanche, je crois en la double compétence live/digital, à savoir un événement 50 % en live et le reste diffusé en streaming à des petits groupes situés dans plusieurs espaces, la rencontre physique restant dans ce cadre réservée à la transmission de messages stratégiques.
Les destinations doivent-elles aussi se réinventer ?
L. M. – À côté des grands hubs internationaux, émergent des destinations challengers, plus vertes, et qui ont à la fois une histoire à raconter et un tissu économique intéressant. Les sucess stories autour de ce qui fait leur histoire et leur différence sont leurs atouts. C’est le cas de Troyes qui dispose d’une bonne offre, notamment culturelle, avec un positionnement slow tourisme et une réalité économique innovante autour du secteur du tissu. Les régions et villes qui ont des particularités, si elles se structurent bien et si elles travaillent leur offre, ont toutes les chances d’émerger sur le marché MICE. En effet, les manifestations devront muscler leur contenu. Retrouver du sens, de la convivialité et de la responsabilité sont désormais les piliers des réunions. La pérennité du secteur événementiel est liée l’inventivité !