
En matière d’environnement, il y a les grands discours, les bonnes résolutions, du greenwashing parfois… et la réalité du terrain. Le domaine du voyage d’affaires ne fait pas exception. Si l’ensemble des acteurs business travel s’impliquent plus ou moins franchement dans des démarches écoresponsables, les voyageurs demeurent… « pragmatiques ». Et à l’heure de réserver leur vol, la problématique environnementale est encore loin d’orienter concrètement les choix des voyageurs.
BCD Travel a donc sondé plus de 1 300 voyageurs d’affaires, en se concentrant sur leur comportement, leurs motifs de satisfaction et leurs désagréments. Le constat est sans appel : deux tiers des voyageurs admettent ne jamais ou rarement tenir compte des facteurs environnementaux si les choix durables entraînent un coût plus élevé. En outre, seuls 16 % des sondés tentent de voyager moins.
Les partisans du verre à moitié plein noteront toutefois que, selon les auteurs du rapport, “Le comportement le plus adopté par les voyageurs en matière de durabilité est de choisir des vols directs (66 %)”. Reste à savoir si ce plan de vol est véritablement motivé par des considérations environnementales ou simplement pratiques. Et si le type d’appareil utilisé pour ce vol direct en fait véritablement une option plus responsable. L’étude souligne d’ailleurs que “très peu de voyageurs sélectionnent des vols générant les plus faibles émissions de carbone”… On retiendra néanmoins que, comme on le pressentait au sortir de la crise sanitaire, l’heure est à la mutualisation des déplacements. Trois voyageurs sur dix visiteraient ainsi plusieurs destinations lors d’un même voyage. En outre, les allers-retours journée semblent sortir des radars : d’après BCD Travel, la majorité des voyageurs prennent l’avion pour des voyages de deux à six jours. Seuls 3 % volent pour des trajets d’une journée.
Olivia Ruggles-Brise, vice-présidente de la durabilité chez BCD, pointe un hiatus entre les objectifs des travel managers et le comportement des voyageurs : « Lors de notre dernière enquête auprès des acheteurs sur la politique de voyage, nous avons constaté que près d’un quart des acheteurs considèrent rendre leur politique plus durable comme une priorité. Cependant, cette enquête montre que les voyageurs eux-mêmes ne priorisent pas la durabilité de la même manière. Les gestionnaires de voyage peuvent influencer le comportement de leurs voyageurs en encourageant ou en imposant des mesures durables, qui vont souvent de pair avec le bien-être des voyageurs. Par exemple, les vols directs sont plus durables et moins stressants pour les voyageurs. Bien qu’ils puissent coûter plus cher, les vols directs génèrent moins d’émissions que les vols avec escale. D’autre part, bien que la classe affaires soit plus confortable pour les voyageurs, elle n’est peut-être pas l’option la plus durable. Prioriser uniquement les voyages essentiels et choisir la classe affaires pour ces trajets peut trouver un juste équilibre, bénéfique à la fois pour le bien-être des voyageurs et la durabilité ».
Sans grande surprise, les deux piliers de la réservation voyage demeurent la commodité et le prix. Et pour poser les bases d’un déplacement pratique, avant même de songer au service à bord, c’est bien la grille horaire que consultent les voyageurs d’affaires. Pour BCD, “le principal facteur d’influence est l’heure d’arrivée/départ ou la durée du vol, d’après 71 % des répondants, et la politique voyage de l’employeur influence 49 % d’entre eux”. Dans un deuxième temps, pour s’assurer un confort accru, les options ne manquent pas, avec la fragmentation du service mise en place par les compagnies aériennes via les frais ancillaires. D’après la TMC, près de la moitié des voyageurs d’affaires paient pour sélectionner leur siège. “L’embarquement prioritaire, l’espace supplémentaire pour les jambes et le passage rapide à la sécurité sont d’autres services annexes appréciés” précisent les auteurs du rapport. Quant à la flexibilité, on notera que la moitié des voyageurs potent pour des billets entièrement ou partiellement remboursables.
« Une politique de voyage a le potentiel d’influencer considérablement le bien-être et la satisfaction des employés », souligne Teri Miller, vice-présidente exécutive de l’équipe client mondiale chez BCD. « Ajouter des services supplémentaires pris en charge par l’entreprise, comme l’embarquement prioritaire ou l’accès au salon, peut rendre les voyages d’affaires plus agréables et moins stressants pour les employés. Permettre un emploi du temps flexible, du télétravail ou des congés après un voyage d’affaires peut également aider les employés à se réajuster après leur retour ».
Quant au prix, il demeure d’après BCD Travel un “facteur décisif, avec quatre voyageurs sur dix choisissant l’option la moins chère, indépendamment de la politique d’annulation ou d’échange”.
Dernier enseignement de l’étude, en lien direct avec ces contraintes tarifaires : la classe économique est aujourd’hui la règle sur le court et moyen-courriers. 88% des voyageurs y prennent place, contre 9% en premium et 3% en classe affaires. Celle-ci gagne logiquement du terrain sur les vols long-courriers : la business concerne alors trois voyageurs sur dix, contre deux sur dix en premium et moins de la moitié en classe économique.

















