MICE : la liste de destinations à éviter pour surtourisme selon Forbes

Il faut désormais réfléchir à deux fois avant de se rendre dans certaines destinations. Si certaines sont surtout fréquentées par les vacanciers, le surtourisme touche aussi des destinations MICE ou affaires. Forbes a dressé sa liste des villes souffrant de surtourisme et celles à éviter en 2025...
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Ljubljana plutôt que Venise en 2025 pour éviter le surtourisme? (Photo: Luc Citrinot)

« Que c’est triste Venise« , chantait Charles Aznavour. Si le chanteur y voyait un signe de romantisme, sa chanson est plus que jamais d’actualité. La faute au surtourisme que les autorités tentent désormais de juguler… et qui dénaturent désormais de nombreuses destinations.

Suite au Covid, la « soif de voyage » a relancé le tourisme de façon plus qu’exponentielle. Un phénomène accentué par les réseaux sociaux. Avec pour conséquence de déverser des millions de gens vers des destinations considérées désormais comme des « must-see ».

Un trop-plein de visiteurs sur des destinations iconiques

Amsterdam, Barcelone, Dubrovnik, Florence, Lisbonne, Prague et Venise mais aussi Bali, Kyoto, Marrakech ou Phuket font désormais partie de ces destinations où le tourisme a un impact jugé de plus en plus négatif. Comment pourrait-il en être autrement sur des lieux bâtis pour subvenir aux besoins de milliers d’habitants plutôt que de millions de visiteurs ?

Exemples parmi d’autres : Florence, dont la population atteint 700 000 habitants, a accueilli près de 5,6 millions de touristes en 2023. Et encore ne sont recensés que les touristes séjournant dans la cité des Médicis. Venise accueille un nombre de touristes légèrement supérieur à Florence. La destination en a recensé 5,66 millions en 2023 mais pour une population de seulement 257 000 habitants. Cependant, la ville historique qui ne compte plus que 50 000 habitants a accueilli 3,8 millions de touristes.

En France, 80% de l’activité touristique dans le pays se concentrent sur 20% du territoire national. Paris, Versailles, le Mont Saint-Michel ou Saint-Tropez font partie de ces destinations.

De tels chiffres mettent à mal les infrastructures existantes – routes, gares, système d’approvisionnement en eaux ou de traitement des déchets. Un phénomène qui touche notamment les villes des pays en voie de développement. En Europe, populations locales et édiles blâment surtout le phénomène Airbnb qui rend le prix de l’immobilier inaccessible avec la rareté des logements.

La liste du magazine américain Forbes, si elle n’est pas exhaustive, sert de référence. Elle permet notamment aux organisateurs de MICE ainsi qu’aux agences spécialisées dans le voyage d’affaires de repenser à deux fois le choix d’une destination en 2025

Pour 2024, Forbes recensait Barcelone, les Canaries, Lisbonne, Majorque et Venise comme des destinations non seulement plombées par le surtourisme mais aussi par une hostilité grandissante de la population locale envers les visiteurs.

La cathédrale Notre-Dame de Reims, aussi impressionnante que son alter ego parisien… (Photo: Luc Citrinot)

Rechercher des alternatives

Durant l’année 2024, des mesures de restriction des mouvements de touristes ont été adoptées. Elles concernent Amsterdam, l’Acropole d’Athènes, Florence, le lac de Côme, le Machu Picchu au Pérou, le Mont Fuji au Japon ou encore Pompéi. Quota de visiteurs, droits d’entrée, interdictions diverses sur la construction d’hôtels, de fêtes privées nocturnes ou sur la conversion de logements en Airbnb font partie de l’arsenal de contrôle. Forbes pense d’ailleurs que d’autres cités vont s’ajouter à la liste des destinations hostiles au tourisme en 2025.

Le magazine américain a déjà publié sa liste de destinations à éviter pour cause de surtourisme en 2025. Dans son viseur : l’Asie avec Bali, l’île de Samui en Thaïlande et l’Everest. La publication estime aussi qu’une dizaine d’autres destinations est menacée des mêmes causes. Au rang duquel on trouve Agrigente en Sicile, les Îles Vierges britanniques, le Kerala en Inde, Kyoto et Tokyo au Japon, Oaxaca au Mexique et enfin, la pittoresque Côte Nord de l’Ecosse.

Le magazine comme de nombreux sites de voyage recommandent désormais de favoriser des destinations secondaires pour éviter les concentrations de foule. Tels que Ljubljana ou Vérone à la place de Venise, Gérone au lieu de Barcelone ou Memphis plutôt que Nashville. Voire même troquer Paris pour Lille ou Reims…

Pour les organisateurs de MICE visant une qualité d’accueil, les villes dîtes secondaires apparaissent effectivement comme une alternative viable. Surtout pour des conférences ou groupes incentive qui ne requièrent ni d’immenses salles de congrès, ni des dizaines d’hôtels.