
La SNCF n’est pas la seule à souffrir de retards de livraison de matériels ferroviaires de la part d’Alstom. En effet, Transdev Rail Sud Inter-Métropoles ne disposera que de 8 rames Omeo Premium sur les 16 commandées pour débuter l’exploitation de la ligne TER Marseille–Toulon–Nice le 29 juin prochain. Ce retard de production dans les ateliers de Valenciennes oblige ce nouvel acteur ferroviaire régional à louer – via la SNCF – des trains Regiolis et Regio 2N à d’autres régions ayant quelques disponibilités, soit 3 rames à la région Auvergne-Rhône-Alpes, 8 à la collectivité Grand Est et 1 à la région Centre Val-de-Loire. Transdev, qui n’a pas souhaité récupérer les trains Corail actuellement utilisés par la SNCF en raison de leur grand âge, devrait exiger des pénalités auprès d’Alstom pour compenser cette situation durant les premiers mois d’exploitation.
Une offre cadencée avec 14 allers-retours quotidiens prévus à ce jour
Attribué fin 2021 par la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur, ce contrat a été le premier remporté en région par un autre opérateur que la SNCF. Transdev a pour cela mis plusieurs arguments sur la table comme la construction d’un site de maintenance à Nice et la commande pour 250M€ des 16 rames Omeo Premium à deux niveaux, plus confortables et capacitaires avec 401 places, proposant des services supplémentaires à bord dont du wifi, des places pour les vélos, des prises électriques sans oublier d’ici fin 2025 une petite restauration. Surtout, Transdev s’est engagé à l’époque sur un doublement de l’offre comparé à aujourd’hui avec 16 allers-retours par jour en semaine et 17 le samedi. Alors que la billetterie vient d’ouvrir, ces départs quasi cadencés chaque heure sont programmés de 5h57 à 21h 57 depuis Marseille Saint-Charles, et de 5h34 à 21h10 de la gare SNCF de Nice. Les canaux de vente des billets de trains Zou!, du nom générique de l’offre de transport dans la région Sud, sont les sites SNCF Connect et TER SNCF Sud Provence Alpes Côte d’Azur, les points de vente Zou!, les automates en gare et les agences de voyages agréées.
Les défis de la reprise d’une ligne à la SNCF
Outre le retard de livraison des rames, Transdev rencontrerait d’autres difficultés dans sa préparation de reprise de la ligne Marseille-Nice. Et d’abord dans le recrutement de personnels et plus particulièrement de conducteurs, les cheminots opérant actuellement sur la ligne préférant rester à la SNCF en raisons des multiples avantages sociaux et salariaux accordés par la compagnie ferroviaire nationale. En février dernier, Transdev précisait néanmoins disposer de 77% des 200 personnes devant assurer le bon fonctionnement de cette desserte qui a valeur de test pour le groupe de transport, filiale de la Caisse des Dépôts. Ce dernier ne peut en effet se permettre de faux pas s’il souhaite remporter d’autres lots lors des appels d’offres lancés par les régions dans le cadre de l’ouverture à la concurrence d’ici 2033.

Les conducteurs déjà recrutés et en cours de formation sur la première rame reçue d’Alstom devront jongler avec les retards de livraison du matériel roulant mais aussi avec la diversité de ce dernier, composé lors des premiers mois de rames Omeo Premium, Regiolis et Region 2N. Il n’est pas certain dans ces conditions que Transdev atteigne les 97% de régularité espérés contre 84,7% en 2024, l’un des plus mauvais résultats parmi les réseaux de TER régionaux. « Nous seront prêts« , nous assure un représentant de Transdev. « Avec déjà quatre sessions de formation pour les conducteurs, la ligne est sur le point de démarrer avec des équipes qualifiées, prêtes à garantir des trajets fiables, sûrs et performants. Grâce à cette liaison, les déplacements entre ces deux grandes villes seront plus fluides, avec un service ponctuel et régulier« , promet le groupe.




















