Satisfait de ses débuts sur Marseille-Nice, Transdev veut décrocher d’autres lignes en 2026

L’opérateur allemand affiche une hausse de trafic de 22% sur les six premiers mois d’exploitation et un bon niveau de satisfaction. Un bon point pour ses projets et dossiers de candidature dans les régions Grand Est et Nouvelle Aquitaine.
Après des débuts réussis sur l'axe Marseille-Nice, Transdev vise d'autres succès cette année (© Région Sud Jean-Charles Verchère)

Depuis le 29 juin 2025, Transdev a repris l’exploitation de la ligne Marseille-Toulon-Nice suite à l’appel d’offre remporté auprès de la Région Sud Provence Alpes-Côte d’Azur. Elle devenait ainsi la première ligne conventionnée en France dans le cadre de l’ouverture à la concurrence en région. Au terme des six premiers mois d’exploitation, un premier bilan « très positif » a été dressé par le nouvel opérateur qui vient de passer sous pavillon allemand suite au rachat supplémentaire de 32% de son capital par le groupe allemand Rethman.

Alstom
Transdev Région sud Alstom

« La promesse d’un train par heure a été respectée et la régularité s’élève à 97,2% pour un objectif qui était de 97,5%. Nous avons transporté 2,5 millions de passagers depuis début juillet ce qui représente une progression de 22% comparé à l’an dernier sur la même période. Bien sûr, nous opérons avec deux fois plus de trains et proposons plus de fréquences avec jusqu’à 16 allers-retours par jour. La satisfaction de la clientèle atteint, elle, 4,7 sur 5 grâce à un matériel neuf qui répond aux attentes de la clientèle », se félicite Claude Steinmetz, le président de Transdev Rail qui reste « confiant pour 2026 ».

Le transporteur qui avait été obligé au début de louer une partie des rames exploite désormais l’entièreté de ses 16 rames commandées auprès du constructeur Alstom. « Quelque 190 personnes travaillent à cette exploitation, d’anciens cheminots de la SNCF que nous avons repris mais aussi du sang neuf, du personnel de bord et des conducteurs que nous avons formés. Nos équipes collaborent étroitement avec SNCF réseaux et Gares & Connexions pour améliorer constamment le service », ajoute-t-il. Une nécessité car les voies et gares de la ligne Marseille-Toulon-Nice font depuis l’an dernier et jusqu’en 2030 l’objet d’importants travaux afin de réduire les temps de parcours et de permettre la circulation de davantage de trains régionaux, de TGV et de fret.

Transdev
Transdev

Nancy-Contrexéville en ligne de mire fin 2027

« 2026 sera une année de consolidation sur le Marseille-Toulon-Nice. Les choses sont sous contrôle et la dynamique est engagée. Cela va nous permettre d’attaquer de nouveaux marchés », poursuivait hier Claude Steinmetz lors d’une réunion de l’Afra, l’Association Française du Rail qui réunit les compagnies autres que la SNCF opérant en France. De fait, Transdev est pleinement engagée dans la renaissance de la ligne Nancy-Contrexéville sur laquelle 16 rames circuleront à partir de décembre 2027. Le projet global de 200M€ est ambitieux, avec là aussi une rénovation lourde des voies et la création d’un centre de maintenance et de remisage des rames à Mirecourt. Transdev s’est engagée à terme à proposer 30 allers-retours quotidiens (16 A/R Nancy-Pont-Saint-Vincent et 14 A/R Nancy-Contrexéville) sur cette ligne de 75 km qui permettra aux quelque 500 000 voyageurs prévus par an de relier en 1h10 Nancy à Contrexéville via 10 arrêts dont Mirecourt et Vittel. « C’est une réouverture de ligne secondaire qui n’aurait jamais été possible sans nos investissements et ceux réalisés par nos partenaires dans ce projet », insiste-t-il.

Plusieurs appels d’offre au menu de 2026

Transdev ne compte pas en rester là avec le dépôt prévu fin janvier d’une première offre pour l’exploitation de « l’étoile de Reims » dans le cadre de la procédure de mise en concurrence par la Région Grand Est des lignes régionales au départ de Reims vers Epernay, Fismes, Laon, Dijon… Le groupe répondra également au dossier de candidature de cette même collectivité pour les lignes Strasbourg-Saint-Dié et Strasbourg-Sélestat (via Molsheim). Mais, dès avant l’été, Transdev attend le résultat pour la future exploitation de « l’étoile de Saintes » correspondant aux lignes TER de l’ancienne région Poitou-Charentes. Un gros morceau, puisque cela représente environ 150 trains quotidiens pour un trafic journalier de 14 000 voyageurs avec des dessertes vers Poitiers, La Rochelle, Angoulême et Niort. « Transdev ne se concentre pas que sur les lignes rentables, nous prenons aussi notre part en matière d’aménagement du territoire, sans négliger les étoiles », considère Claude Steinmetz. Et de rappeler que 78% de l’offre ferroviaire régionale doit encore faire l’objet d’une mise en concurrence d’ici 2034. Les batailles promettent de fait d’être accrochées avec la SNCF, RATP Dev, Le train, la Renfe…