Exode programmé pour les compagnies low-cost à Vienne

L'explosion des coûts sur l'aéroport de Vienne et l'augmentation de la taxe passagers en Autriche détournent les transporteurs low-cost de la capitale autrichienne.
Plus de 9,5 millions de passagers utilisent une compagnie low-cost à Vienne. Dont 6,7 millions pour la seule Ryanair (Photo: Luc Citrinot)

Vienne pouvait jusqu’à présent s’enorgueillir d’être l’un des aéroports les plus compétitifs de l’Union Européenne avec une formidable offre des compagnies low-cost.

Qu’on en juge. Cet été, la compagnie hongroise Wizz Air propose 27 destinations vers 20 pays en Europe et Proche-Orient dont Nice. De son côté, Ryanair vole vers 76 destinations dans 25 pays européens. Ce qui comprend notamment des vols vers Beauvais, Marseille et Toulouse en France ainsi que sur Charleroi en Belgique.

Le groupe Ryanair (qui inclut Lauda Air) affichait à la fin du premier semestre 2025 une part de marché de 21,2% à Vienne tandis que la part de marché de Wizz Air représentait 6%. Suivent l’Allemand Eurowings avec 2,4% et la compagnie turque Pegasus avec 1,9% de part de marché.

Au total, le low-cost générait au 1er semestre 31% de tout le trafic passagers. Cette part de marché est en légère augmentation. En 2024, 9,7 millions de voyageurs ont utilisé une compagnie low-cost pour se rendre à Vienne.

Mais cela risque de changer. En cause : l’augmentation des coûts de l’aéroport et une taxe passagers qui désormais s’établit à 12€ pour les lignes européennes. Ce qui affecte le modèle économique des transporteurs à bas coûts.

Le 10 septembre, Wizz Air a annoncé fermer sa base de Vienne d’ici mars 2026. Elle le fera progressivement avec le départ de deux avions de la compagnie et l’arrêt des lignes sur Londres Gatwick et Bilbao. Les trois derniers appareils de Wizz Air basés à Vienne quitteront l’aéroport en mars prochain. Mauro Peneda, le directeur général de Wizz Air Malta, la filiale de la compagnie aérienne présente à Vienne, a déclaré que c’était « une décision difficile, mais nécessaire pour préserver la compétitivité à long terme de notre entreprise ».

Ryanair menace et agit

Il y a deux jours, Ryanair a, à son tour, annoncé qu’elle retirera 3 avions basés et fermera 3 routes (Billund, Santander et Tallinn) depuis Vienne pour l’hiver 2025. Ryanair blâme également ce qu’elle décrit comme la « taxe punitive » de 12 € sur l’aviation en Autriche et les frais excessifs de l’aéroport de Vienne – qui ont augmenté de 30 % depuis le Covid.

Le transporteur use de chantage -comme à son habitude et comme elle l’a fait récemment pour la France. Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, indique que si le gouvernement abolit la taxe de 12 € et réduit les frais aéroportuaires, la compagnie est prête à mettre en œuvre une proposition de croissance ambitieuse de 1 milliard de dollars pour l’Autriche. Elle baserait d’ici 2030 dix Boeing 737-8 200 de nouvelle génération moins bruyants et plus respectueux de l’environnement.  Elle promet aussi d’ouvrir 40 nouvelles lignes et de transporter 12 millions de passagers par an. Contre 6,6 millions l’an dernier, soit une hausse de 70%.

Michael O’Leary a ainsi commenté: « L’Autriche reste l’un des rares pays de l’UE (comme l’Allemagne) qui n’a toujours pas réussi à retrouver son trafic d’avant le Covid. Cela malgré la croissance rapide de Ryanair en Autriche depuis 2019 (+160%), y compris l’ajout de 4 nouvelles routes vers/depuis Salzbourg et Linz cet hiver« .