Hôtellerie française : le bilan 2025 et les perspectives d’In Extenso

Malgré la conjoncture incertaine, l’hôtellerie française affiche une croissance de 2% en 2025, portée par les établissements parisiens et niçois, selon In Extenso.
La performance de l'hôtellerie française a été tirée par les établissements parisiens.
La performance de l'hôtellerie française a été tirée par les établissements parisiens.

Pour une première année vraiment « normale » après les perturbations de la pandémie, puis l’effet Jeux Olympiques en 2025, le test est globalement réussi pour l’hôtellerie française. L’année 2025 s’est soldée par un bilan encourageant avec une croissance du RevPAR, c’est-à-dire du chiffre d’affaires hébergement, de 2% selon les chiffres présentés par In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie. « Après avoir navigué autour de zéro une partie de l’année, 2025 s’est poursuivie par une poussée de la fréquentation et du prix moyen qui a permis d’achever l’année sur une note positive », décrit Samuel Couteleau, directeur associé hôtellerie du cabinet de conseil.

Au final, l’hôtellerie française enregistre dans son ensemble une progression de 1 point des taux d’occupation, à 63%, et une hausse de +1% du prix moyen, s’établissant à 133 euros en 2025. Pour autant, cette performance n’est évidemment pas linéaire, les territoires et marchés orientés sur le loisir et la clientèle internationale ayant fait bien mieux que les établissements plus axés sur la clientèle d’affaires, « qu’elle soit individuelle ou de groupes », précise Olivier Petit, directeur général d’In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie. « Le climat économique morose comme l’élément politique font que les entreprises sont assez vigilantes sur les frais de déplacements et les événements », explique-t-il.

Jouant aussi bien sur la clientèle affaires que les touristes internationaux, Paris prolonge les résultats d’une année 2024 atypique par une nouvelle croissance de +5% en 2025, portée par une fréquentation au plus haut, avec un taux d’occupation de 82 % en moyenne. Si le prix moyen est en léger recul – de -1%, à 239 €, ce résultat s’inscrit dans une progression de 40% depuis 2019. Alors que l’hôtellerie de luxe parisienne tire l’ensemble, le prix moyen de l’hôtellerie de la capitale reste un des plus élevés en Europe.

À l’inverse de Paris intra muros, l’Île-de-France enregistre un recul de 9% de son RevPAR, pénalisée entre autres par une demande d’affaires plus terne. Mais cette baisse s’explique aussi et surtout par une forte croissance de l’offre à l’approche des JO de 2024. En effet, sur les 160 hôtels et résidences et créées en Île-de-France entre 2022 et 2025, près de 10 000 chambres sur les 13 500 ajoutées ces dernières années se situent de l’autre côté du périphérique. « L’Île-de-France hors Paris aura besoin de plus de temps pour absorber la nouvelle offre », remarque Samuel Couteleau.

Performances de RevPAR en France selon In Extenso.

Pour autant, une forte croissance de l’offre n’est pas toujours synonyme de mauvais résultats. Nice, qui a vu un certain nombre d’hôtels ouvrir récemment, affiche une progression de +7 % du RevPAR en 2025. Et cela dans un contexte positif pour l’hôtellerie sur la Côte d’Azur, qui réalisé une performance encore supérieure à celle des établissements parisiens avec une hausse de +6 % du chiffre d’affaires hébergement, portée par les prix moyens (+5 %) et comme par la fréquentation (+1 pt, à 60 %).

En parallèle, si le reste des régions françaises affiche une croissance du RevPAR de 2%, cette performance de l’hôtellerie en province cache des réalités territoriales contrastées. A l’image de la Côte d’Azur, l’ensemble de l’hôtellerie littorale française profite d’une tendance positive. Soutenue par la rénovation et la montée en gamme d’une partie de l’offre comme par une demande croissante pour des séjours plaisir et bien-être, cette hôtellerie de loisirs enregistre un gain de RevPAR de 6%, porté par une croissance de 4% des prix moyens.

Quant aux métropoles, l’analyse des grands pôles urbains met en évidence trois facteurs clés de succès : la présence de grands événements comme la Transat Jacques Vabre qui a tiré vers le haut les résultats des hôtels du Havre (+11%) ou l’exposition de la Fondation Pinault à Rennes, couplée au développement d’une hôtellerie lifestyle dans la ville, conduisant à une croissance de +3 % dans la capitale bretonne. A l’inverse, Lille et Nantes, qui avaient bénéficié de l’effet JO en 2024, accusent logiquement un retrait en 2025, de -4% et -6% respectivement.

Performances de l'hôtellerie dans les grandes villes françaises en 2025.

Par ailleurs, Lille et Nantes comme d’autres métropoles comme Bordeaux ou Marseille peuvent pâtir d’une évolution des comportements de la clientèle d’affaires parisienne au regard de trains souvent complets, mais d’hôtels « un petit peu moins remplis que d’habitude », remarque Samuel Couteleau. « On peut penser que le tourisme d’affaires francilien privilégie les allers-retours en journée plutôt que des séjours d’une ou deux nuitées », estime-t-il.

A quoi l’hôtellerie française doit-elle s’attendre pour 2026 ? Une certitude : des événements biennaux comme le salon Airshow au Bourget ou le SIRHA à Lyon, absents du calendrier, ne tireront pas la croissance. Par ailleurs, les restrictions budgétaires sur le marché séminaires et la modération des dépenses pour les déplacements professionnels devraient également influer sur les résultats. Mais, point positif pour les hôtels des villes d’affaires, le nombre de longs ponts est moins important cette année. Au final, In Extenso table sur une croissance de +2 % à Paris et de 1 % en Ile-de-France, de +3% sur la Côte d’Azur et de 1 % en province.