
Alors que les billets des trains Ouigo sont désormais accessibles aux agences de voyages en général et aux agences affaires en particulier, l’offre low-cost de la SNCF a vu ses prix s’envoler depuis 2017, selon la dernière étude de la Fédération nationale des Associations d’usagers des transports (Fnaut). Une hausse des tarifs déjà mise en lumière dans un précédent rapport à partir des données fournies par l’Autorité de régulation des transports et que confirment les chiffres pour l’année 2024.
De fait, la Fnaut pointe l’augmentation de 75% du prix moyen d’un billet Ouigo entre 2017 et 2024 alors que celle-ci n’a été que de 8% pour les TGV Inoui. Le prix moyen d’un Ouigo s’élevait désormais à 34,70€ en 2024 (19,80€ en 2017) contre 48,40€ pour une place dans un TGV Inoui (44,70€ en 2017). Pour rappel, depuis début janvier, le prix maximum d’un billet Ouigo a encore grimpé, passant de 99€ (et 109€ pour un trajet de plus de 4h) à 119€ désormais. Et il n’est désormais pas rare de trouver sur SNCF Connect un billet plus cher en Ouigo qu’en TGV Inoui sur certaines dessertes en raison du système de yield management qui pilote les réservations de la plateforme de réservation de la compagnie ferroviaire.
L’offre en sièges des TGV Inoui a baissé de 13% depuis 2017
Surtout, il semble de plus en plus évident que la SNCF a privilégié au cours de la période le développement des trains Ouigo au détriment des TGV Inoui qui a vu son parc diminuer et dont la mise en service des premiers TGV M n’interviendra que début juillet. Ainsi, entre 2017 et 2024, l’offre en sièges des TGV Inoui a diminué de 13% alors qu’elle a progressé de 185% pour les Ouigo, selon la Fnaut qui considère que cette situation laisse moins de places aux porteurs de cartes Avantage et Liberté.
Pour se dédouaner, la SNCF met en avant l’évolution de l’offre Ouigo depuis sa création en 2013 et des prix peut-être trop bas à l’origine face aux coûts d’exploitation. « On est passé de premiers Ouigo partant uniquement de gares dites secondaires à des départs des grandes gares parisiennes. On est passé de Ouigo qui étaient concentrés sur des trajets courts à des Ouigo vers des destinations beaucoup plus lointaines. Ces deux faits, importants et surtout voulus par nos clients, expliquent à eux seuls 80% de la hausse des prix de ces dernières années. Les derniers 20% de hausse de prix sont liés à la hausse des coûts« , a justifié ce week-end Alain Krakovitch, le directeur des TGV et Intercités, afin d’éteindre cette nouvelle polémique qui intervient après celle des soi-disant espaces « no-kids » suite au lancement de la classe Optimum(+) dédiée à la clientèle professionnelle.
Ouigo doit encore passer de 20% à 33% de part de marché d’ici 2030
Ce focus accordé à Ouigo se retrouve dans les chiffres du trafic, le nombre de passagers Inoui n’ayant progressé que de 1% sur la période alors qu’il explosait de 187% pour la marque low-cost, passant de 8,7 millions de voyageurs en 2017 à 25 millions en 2024. Ce basculement devrait s’accentuer puisque la SNCF a prévu d’investir 600M€ dans la poursuite du développement de cette offre via l’exploitation d’un parc de 50 rames en 2027 contre 38 actuellement, et la rénovation d’une dizaine de trains qui verront leur capacité portée à 1306 places contre 1288 aujourd’hui. La SNCF prévoit ainsi que Ouigo pèse un tiers de son trafic à l’horizon 2030 grâce à une progression encore attendue de 30% du nombre de ses passagers.
La part de marché de Ouigo n’était « que » de 20% en 2024, selon les chiffres du régulateur des transports analysés par la Fnaut. Celle des TGV Inoui est tombée à 64%. En troisième position se place Eurostar, fort de sa fusion avec Thalys à 7%, puis Lyria à 4%. En 2024, Trenitalia et la Renfe n’occupaient encore qu’une position marginale avec seulement 1% des passagers-kilomètres transportés. Un chiffre qui devrait toutefois fortement progresser dans le rapport 2025 suite à la montée en puissance de la filiale française du groupe ferroviaire Italien.




















