
C’est un bon bilan 2025 que les dirigeants d’Aéroports de Paris (ADP) – Philippe Pascal, Président-directeur général et Justine Coutard, Directrice générale déléguée – ont présenté au cours d’une conférence de presse.
Le groupe ADP a en effet dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 6,7 milliards d’euros, en hausse de +8,9% par rapport à 2024, du fait principalement de la croissance du trafic. Les plateformes parisiennes ont, à elles seules, généré un chiffre d’affaires de 4,71 milliards d’euros (activités aéronautiques et non-aéronautiques et immobilier), en hausse de +9% par rapport à 2024. Le résultat net s’élève en 2025 à 426 millions d’euros, en baisse de 17,4%, soit 90 millions de € par rapport à 2024. « Il faut souligner que la contribution exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés des grandes entreprises, a coûté
92 millions d’euros l’an dernier« , explique Philippe Pascal.
Côté trafic, la dynamique en 2025 a été conforme aux attentes. Le groupe ADP a raté de peu les 379 millions de passagers sur son réseau de 26 aéroports, malgré une hausse de 4,2%. À Paris, la fréquentation progresse de 3,4 % en 2025, soit 106,96 millions de passagers. CDG en a traité 72,03 million (+2,5%) et Orly 34,93 millions (+5,5%). ADP indique un recul constant du domestique.
« Il est à 70% du niveau de l’avant Covid. Mais on voit une forte croissance vers l’Amérique du Nord, l’Afrique et de nouveau de l’Asie-Pacifique, même si le trafic avec la Chine reste de 35% inférieur à l’avant-Covid, dû à des questions de droits de trafic ainsi qu’une offre moindre d’Air France, interdit de survol de la Russie. Le trafic tel qu’il se présente aujourd’hui à Paris fait ainsi état d’une internationalisation toujours plus grande« , analyse Philippe Pascal.
Pour le groupe, la filiale TAV Airports affiche une hausse de trafic de +6,3 %, portée par ses actifs internationaux, notamment l’Aéroport international de Tbilissi. En Inde, GMR Airports affiche un trafic en hausse de 3%, qui a été quelque peu plombé par des éléemnts conjoncturels à Delhi (crash d’Air India, tensions géopolitiques avec le Pakistan, travaux côté pistes) qui ont ralenti la croissance. « Néanmoins, il faut souligner que Delhi est notre plus gros aéroport en volume passagers. Il a dépassé CDG avec près de 79 millions de voyageurs« , ajoute encore le PDG d’ADP.
2025 restera néanmoins l’année d’une réévaluation sur la manière dont les aéroports parisiens – en particulier CDG – accompagneront la croissance. « C’en est fini d’un nouveau terminal « Greenfield » [ndlr: sorti de terre]. Au contraire, nous travaillons désormais sur des expansions « millimétrées » en adaptant et agrandissant nos aérogares actuelles à l’évolution du trafic« , décrit Justine Coutard.
CDG : 4 milliards d’euros pour +18 millions de passagers
ADP travaille en concertation avec les acteurs régionaux pour les futures expansions du trafic. En décembre dernier, l’entreprise avait présenté son plan d’investissement d’une ampleur inédite, puisqu’elle se fait sans nouvelle infrastructure. ADP investira 8,4 milliards d’euros pour moderniser les plateformes parisiennes. Dont près de la moitié ira à CDG, qui devrait voir sa capacité augmenter de 18 millions de passagers sur un objectif de 8 ans.
Selon Justine Coutard, le groupe a ainsi fait le choix plus complexe de rénover et d’optimiser les infrastructures existantes, tout en maintenant l’exploitation. Ce chantier, parmi les plus importants d’Île-de-France pour les années à venir, doit aussi respecter des objectifs environnementaux ambitieux : construction modulaire, recours accru au hors-site, recyclage massif des matériaux, notamment lors de la rénovation de pistes.
Cette modernisation passera aussi par l’expérience passager. « En effet, il ne s’agit pas d’un simple ajout de volume. La stratégie consiste à intervenir de manière très ciblée là où des points de friction ont été identifiés : temps d’attente excessifs, goulets d’étranglement opérationnels, fluidité insuffisante. Notre ambition est double: augmenter la capacité, tout en rehaussant le niveau de qualité de service« , précise Justine Coutard.
Par exemple, ADP travaille à la conversion de postes avions au large en postes au contact, reliés directement aux terminaux par passerelles. « C’est un levier structurant : meilleure expérience passager, rotations plus fluides pour les compagnies, ponctualité renforcée, efficacité plus grande qu’avec des transferts par bus« , explique-t-elle encore. Environ 90% des avions sont déjà traités au contact aujourd’hui, avec néanmoins des écarts selon les terminaux.
CDG Express : ouverture confirmée en 2027
L’un des points majeurs de la métamorphose de Roissy sera l’arrivée du CDG Express. « La date est officielle: ce service débutera le 27 mars 2027 et reliera la Gare de l’Est à CDG 2 en 20 minutes, avec un train tous les quarts d’heure« , décrit Philippe Pascal.
ADP est impliqué côté infrastructure aux côtés de SNCF Réseau et de la Caisse des Dépôts. Sur l’aérogare, elle demandera une adaptation totale de l’actuelle gare de CDG2.
« La gare accueille aujourd’hui 15 millions de voyageurs (RER B et TGV). Avec l’arrivée du CDG Express, puis de la ligne 17 et du Roissy-Picardie, ce chiffre pourrait atteindre 30 puis 45 millions à terme. En devenant un nœud intermodal majeur, elle va demander des aménagements importants. Comme par exemple offrir un parcours linéaire entre gare et aérogares« , poursuit le PDG du Groupe.
ADP travaille aussi sur un possible enregistrement des bagages hors aérogares. Des expérimentations d’enregistrement déporté ont été menées avec succès lors des Jeux Olympiques. Une zone est prévue à la gare de l’Est pour d’éventuels dispositifs similaires.
« On mène aussi des tests avec Accor pour la prise en charge des bagages directement à l’hôtel. La question reste malgré tout ouverte: industrialiser l’enregistrement en gare, développer la collecte à domicile, ou hybrider les solutions » ? observe Philippe Pascal.
L’ouverture du CDG Express s’accompagnera d’une refonte complète de la dénomination des terminaux de Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle a été lancée pour coïncider avec l’arrivée du CDG Express en mars 2027. Les terminaux seront numérotés et les portes identifiées par lettres, selon un standard plus lisible et international.
Des prévisions de trafic passagers « normalisées » en 2026Hausse des taxes sur les billets d’avion, incertitudes géopolitiques toujours aussi importantes, conjoncture économique maussade en France, ADP prévoit une croissance plus modeste du trafic à Paris en 2026, de l’ordre de 1,5% à 2,5%. « On envisage un nouveau déclin du trafic avec la France métropolitaine, une croissance modérée du trafic avec l’espace Schengen, notamment en raison de l’impact des taxes. En revanche, la croissance dynamique sur le trafic international, différenciée selon les faisceaux géographiques va se poursuivre », indique la direction du groupe ADP. Cependant, selon Philippe Pascal, le trafic à Paris devrait finalement dépasser la fréquentation de 2019, l’année de l’avant-Covid. Le rythme plus modéré qu’auparavant s’explique par le fait que ce trafic aura retrouvé son niveau de 2019. Et que les progressions attendues seront désormais des croissances dites « nominales ». |


















