ADP : 8,2 milliards pour réinventer Paris CDG et Orly

Frontières, correspondances, redevances : le contrat de régulation économique d'ADP, sur lequel l'État et le groupe viennent de s'accorder sur les grandes lignes, va redéfinir l'expérience voyageur à Paris CDG et Orly d'ici 2034.
Aéroport Paris-CDG © ADP/Paul Andreu
Aéroport Paris-CDG © ADP/Paul Andreu

« Le rayonnement de la France » : pour décrire l’ambition portée par le projet de contrat de régulation économique et ses enjeux, les responsables du groupe ADP n’ont pas lésiné sur les superlatifs. Il faut dire que le plan à l’étude implique des sommes… conséquentes. « Il s’agit du plan d’investissements le plus ambitieux jamais réalisé à Paris, représentant 8,2 milliards d’euros sur la période, pour permettre un sursaut de compétitivité pour les aéroports parisiens, infrastructures majeures pour l’attractivité et l’économie du pays », assume Philippe Pascal, Pdg du groupe ADP.

Au terme d’un gros semestre de discussion – la proposition initiale avait été dévoilée le 10 décembre 2025 –, l’État et le Groupe ADP se sont donc accordés sur un projet de contrat de régulation économique pour la période 2027-2034. Entre temps, les échanges avec le ministère et les compagnies aériennes ont visiblement permis de « renforcer la robustesse industrielle et économique » d’après la direction du groupe ADP. Et l’investissement initialement prévu (8,4 milliards) a été légèrement revu à la baisse, a contrario de l’hypothèse de croissance du trafic, passée de 1,6 % à 1,9 %/an en moyenne sur 2026-2034, malgré les tensions géopolitiques. Au final, une étape majeure vient donc d’être franchie, qui pourrait déboucher sur une mise en œuvre dès le 1er janvier prochain.

Dans l’ensemble, le projet initial est donc conservé. A commencer par sa durée de huit ans, qui sera marquée par trois phases successives. La première sera focalisée sur la période 2027-2030 sur l’amélioration de la fluidité du parcours passagers. Il s’agira tout particulièrement de régler un point de friction bien connu des voyageurs d’affaires en renforçant les capacités aux frontières avec la modernisation des contrôles de sûreté, ainsi que l’adaptation des infrastructures aux nouveaux standards réglementaires. Viendra ensuite le moment de densifier et d’optimiser les infrastructures existantes, entre 2030-2032. Objectif : accroître les capacités et l’efficacité opérationnelle, qu’il s’agisse des banques d’enregistrement, de l’inspection-filtrage ou de la livraison des bagages. Même chose pour les salles d’embarquement qui, une fois rénovées, proposeront des capacités renforcées. L’aéroport d’Orly sera particulièrement concerné, avec un nouveau bâtiment (10 000 m²) entre les halls 1A et 1B destiné à accueillir une zone de contrôle sûreté dernière génération.

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Source : ADP

Conformément au plan initial, le groupe ADP va renforcer les embarquements au contact, notamment avec un nouveau satellite international (28 000 m²), attendu pour 2030 et adjacent au terminal 2E à Paris CDG. A la même échéance le terminal 3 sera densifié, épargnant aux voyageurs le trajet un bus avec 6 postes avions accessibles à pied.

Enfin, entre 2032 et 2034,  ADP entend développer progressivement de nouvelles capacités et renforcer l’intermodalité. Un nouveau satellite international est aussi attendu pour 2034, qui se substituera au terminal 2G, et sera desservi par le métro interne Lisa après prolongation depuis une gare commune entre les terminaux 2E et 2F.

Autant d’améliorations que verront sûrement d’un bon œil les voyageurs d’affaires, même si cet ambitieux relooking aura un coût. Ils peuvent logiquement s’attendre à des redevances aéroportuaires en hausse plus marquée, avec un effet possible sur les tarifs des billets. Néanmoins, côté redevances, deux évolutions passent presque inaperçues. A commencer par une bonne nouvelle pour les voyageurs en correspondance à Roissy : l’abattement de la redevance par passager qui leur est applicable passe de 40 % à 60 %, une mesure qui profite directement au hub d’Air France et à ses clients en transit. En outre, le groupe ADP renonce au mécanisme de bonus-malus lié aux émissions et à l’usage de carburants durables, qu’il présentait pourtant comme un argument phare de sa proposition initiale en décembre dernier.

« L’accord trouvé entre l’Etat et le Groupe ADP constitue une étape majeure vers la mise en place du futur contrat de régulation économique des aéroports parisiens » témoigne Philippe Pascal, Pdg du groupe ADP. « Il est le fruit d’un important travail mené avec l’ensemble des parties prenantes – négociation avec le ministère chargé de l’Aviation civile, dialogue avec les compagnies aériennes et échanges techniques approfondis avec le régulateur – et qui fixe un équilibre entre investissements, compétitivité et juste rémunération des capitaux investis, à 5,8% en moyenne sur la durée du contrat. (…) Nous abordons désormais avec confiance les prochaines étapes réglementaires, avec l’objectif inchangé d’une entrée en vigueur du contrat au 1er janvier 2027 », ambitionne Philippe Pascal.