
Une heure de route sépare l’aéroport de Fiumicino du centre de Rome. Archer Aviation promet de ramener ce trajet à moins de dix minutes, à bord de taxis volants électriques. Le constructeur américain a signé le 29 octobre un accord en ce sens avec ITA Airways, membre du groupe Lufthansa, pour un réseau couvrant les grandes villes italiennes. Le service reposerait sur Midnight, son appareil à décollage et atterrissage verticaux. Archer vise plus largement des vols de 10 à 20 minutes, à la place de trajets routiers de 60 à 90 minutes. « Rome-Fiumicino a dépassé l’an dernier les 50 millions de passagers pour la première fois de son histoire », rappelle Adam Goldstein, fondateur et PDG d’Archer.
ITA Airways devient la première compagnie européenne partenaire d’Archer, déjà engagé aux États-Unis et aux Émirats arabes unis. Elle se concentrera sur l’intégration du service dans le parcours de ses clients et dans son réseau. L’exploitation reviendra à des partenaires spécialisés. La compagnie applique déjà cette logique au rail. Depuis 2023, elle propose avec Trenitalia un billet unique avion et train via Fiumicino, avec enregistrement des bagages en gare. L’accord avec Archer reste toutefois conditionnel : il dépend de la signature de contrats définitifs et de plusieurs conditions. Aucune date de lancement ni aucune ville n’est annoncée. Joerg Eberhart, directeur général d’ITA Airways, évoque d’ailleurs « une étape importante pour évaluer comment les services de taxis aériens électriques pourraient compléter notre réseau ».

Les compagnies misent sur le dernier kilomètre
ITA Airways suit un modèle déjà adopté au Royaume-Uni. En juillet, Virgin Atlantic est devenue le partenaire aérien exclusif de Joby, concurrent d’Archer, pour commercialiser ses taxis aériens. Les voyageurs pourront réserver ces vols sur l’application et le site de la compagnie, en complément de leurs vols long-courriers. Les deux premières lignes doivent relier Heathrow au centre de Londres en 8 minutes, et l’aéroport de Manchester à Leeds en 15 minutes. Joby conservera en revanche l’exploitation et la charge des autorisations auprès de l’aviation civile britannique.
En Asie, d’autres acteurs ont pris de l’avance. En Chine, l’aviation civile a autorisé EHang à transporter des passagers à bord de taxis volants sans pilote à Guangzhou et Hefei. En Corée du Sud, Korean Air prévoit d’ouvrir vers 2030 à Bucheon, entre Séoul et Incheon, un centre de recherche consacré à la mobilité aérienne urbaine.

En Europe, la certification reste l’étape clé
L’exemple de Volocopter montre le poids de la certification dans le processus. Après le faux départ des Jeux de Paris 2024 et un dépôt de bilan fin 2024, le constructeur allemand s’est associé en février 2025 à Jet Systems Hélicoptères Services pour relancer son projet à Paris. Il attendait alors la certification de l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Le communiqué d’ITA Airways et d’Archer n’aborde pas cette question. Aussi alléchant soit-il, le taxi aérien entre Fiumicino et Rome reste donc au stade du projet, sans calendrier ni tarif.




















