Le Train, candidat pour les lignes Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont-Ferrand

La jeune compagnie ferroviaire est la seule, face à SNCF Voyageurs, à avoir répondu à l’appel d’offres portant sur l’exploitation de ces deux lignes Intercités pour une durée de dix ans.

Face à SNCF Voyageurs, Le Train est le seul opérateur à avoir répondu à l’appel d’offres concernant l’exploitation des lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et Paris-Clermont-Ferrand (lot B des Trains d’équilibre du territoire, TET). Transdev a en effet choisi de ne pas se positionner, préférant concentrer ses efforts sur l’ouverture à la concurrence des lignes TER.

Créée en 2020 en Nouvelle-Aquitaine, la jeune entreprise ferroviaire espère ainsi faire circuler ses premiers trains en France d’ici quelques années et consolider, dans le même temps, son projet de développement de liaisons interrégionales à grande vitesse. Elle se présente ainsi comme « le seul opérateur ferroviaire français indépendant ayant choisi ce double positionnement, sur la grande vitesse et le transport conventionné ».

Le Train avait déjà été finaliste malheureux lors des appels d’offres portant sur les dessertes TER en Poitou-Charentes et sur le premier lot des lignes Intercités, qui concerne les liaisons Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon (lot A des TET). Ces deux marchés avaient finalement été remportés par SNCF Voyageurs. La compagnie indique que ses équipes ont travaillé pendant plusieurs mois à la préparation de leur candidature pour ce marché qui porte sur 1 130 kilomètres de lignes répartis dans six régions et représente actuellement un trafic annuel de 4,5 millions de voyageurs. D’une durée de dix ans, le futur contrat doit entrer en vigueur en décembre 2029. Le personnel de la SNCF actuellement affecté à l’exploitation de ces lignes sera transféré à l’opérateur retenu.

28 rames Oxygène pour le futur exploitant

Alors que le premier lot a été attribué en janvier 2025, pour une entrée en vigueur du contrat au 1er janvier 2027, la procédure d’attribution du lot B et le transfert de son exploitation ont été décalés. L’objectif est de permettre au futur opérateur de bénéficier de deux améliorations majeures : la rénovation des infrastructures menée par SNCF Réseau et la livraison progressive, à partir de l’été prochain, de 28 nouvelles rames Oxygène. Construites par le constructeur espagnol CAF, ces rames se répartissent entre 16 unités destinées à la ligne POLT et 12 affectées à la liaison Paris-Clermont-Ferrand.

Entièrement financées par l’État, pour un montant supérieur à 700 millions d’euros, elles ont vocation à remplacer les anciennes voitures Corail arrivées en bout de course. Estimés à plus de 4 milliards d’euros, les travaux de modernisation du réseau, associés à l’arrivée de ce nouveau matériel roulant, doivent permettre de mettre fin aux retards récurrents qui pénalisent ces deux axes, de fluidifier le trafic et de restaurer la régularité des circulations. Le Train estime ainsi que son offre est « performante » et lui permettra de proposer aux voyageurs « des trajets fiables, fluides et sans rupture », tout en garantissant « un coût public maîtrisé » pour l’État, qui contribue au financement de ces lignes.

La grande vitesse prend son temps

Sur le marché de la grande vitesse, Le Train a également franchi une étape en mars 2026 en concluant des accords-cadres avec SNCF Réseau pour obtenir des capacités de circulation sur les axes Paris-Rennes et Paris-Bordeaux. L’entreprise considère en effet que « la demande dépasse l’offre sur ces axes ». À terme, l’opérateur ambitionne également de proposer des liaisons directes entre Bordeaux et Nantes, ainsi qu’entre Bordeaux et Rennes, sans passer par Paris. Pour concrétiser ces projets, Le Train mise désormais sur l’homologation en France de ces nouvelles rames Talgo Avril, après leur certification en Espagne en 2024.

Cette procédure, indispensable pour autoriser leur circulation sur le réseau ferré national, porte notamment sur les équipements de signalisation et les dispositifs de sécurité. L’enjeu est de taille pour le constructeur espagnol et les opérateurs ferroviaires qui souhaitent exploiter ce train dans l’Hexagone. La Renfe n’a en effet toujours pas obtenu l’autorisation nécessaire pour faire circuler ses rames sur la ligne Paris-Lyon, une étape qui lui permettrait notamment de proposer des départs vers Barcelone depuis la gare de Lyon.