HeuroTrain se rêve en challenger d’Eurostar sur Paris-Bruxelles-Amsterdam

La société ferroviaire néerlandaise vient de signer un accord-cadre avec SNCF Réseau pour faire circuler à terme des trains à grande vitesse entre Paris et les Pays-Bas.
Gare d'Amsterdam Centraal (SJ)
Gare d'Amsterdam Centraal (SJ)

Le monopole Eurostar est attaqué de toutes parts. Après Trenitalia et Virgin Trains sur les liaisons transmanche c’est au tour d’HeuroTrain de sortir du bois en annonçant son intention de concurrencer la filiale internationale de la SNCF sur l’axe Paris-Bruxelles-Amsterdam. Elle vient pour cela de franchir une première étape en signant un accord de 10 ans avec SNCF Réseau, la branche du Groupe SNCF qui gère le réseau ferroviaire hexagonal. L’accord est plus large géographiquement puisqu’il porte sur la possibilité de faire circuler des trains à grande vitesse entre Paris et Wannehain, à la frontière belge, pendant une décennie, de décembre 2030 à décembre 2040.

Inconnue en France, HeuroTrain est une société ferroviaire néerlandaise créée en 2023 qui souhaite développer des services à grande vitesse en Europe en misant sur des tarifs attractifs et une croissance des volumes sur des axes actuellement opérés par des opérateurs en situation de monopole. Francfort et Berlin sont aussi dans sa ligne de mire. Sur la ligne Paris-Bruxelles-Amsterdam, HeuroTrain estime ainsi à 14 millions de trajets annuels le potentiel du marché entre les trois capitales. Elle met notamment en avant des demandes insatisfaites à certaines heures de la journée, avec des trains complets et des billets aux tarifs élevés. De son côté, Eurostar a enregistré une croissance de trafic de 6,7% sur cet axe en 2025.

Une levée de fonds à réaliser en 2027 pour finaliser le projet

Pour HeuroTrain, cet accord-cadre avec la SNCF est un élément important dans un projet dont les étapes demeurent nombreuses. C’est ainsi un argument de poids dans sa recherche de capitaux pour acquérir une flotte de trains, recruter ses équipes et préparer le lancement commercial. Selon l’Association française du rail, Afra, les fonds à lever pour le lancement d’une compagnie ferroviaire sont de l’ordre du milliard d’euros comprenant également les premières années d’exploitation, forcément déficitaires. Or HeuroTrain s’en tient à ce stade à un budget de lancement de 400 à 500M€.

Les délais peuvent apparaître en outre très courts avec une mise en service prévue fin 2030 alors qu’il faut encore trouver un constructeur ferroviaire disponible, assembler les trains, définir les aménagements intérieurs et engager une campagne de tests sur les différents réseaux nationaux. Un retard dans la livraison des rames ou dans les procédures d’autorisation et d’homologation pourrait décaler le lancement commercial.

Un train par heure espéré dans chaque sens

HeuroTrain s’est fixé quatre objectifs : faire rouler davantage de trains, proposer des prix plus abordables qu’Eurostar y compris à la dernière minute, afficher une plus grande disponibilité des places et offrir une meilleure qualité de service à bord. L’offre visée serait à terme de 16 allers-retours quotidiens avec une forte amplitude horaire en journée. Par comparaison, Eurostar propose onze départs par jour en semaine (cadencés aux heures de pointe) entre la gare du Nord et Amsterdam Centraal en 3h25. HeuroTrain assure que ses fréquences plus nombreuses apporteront de multiples avantages aux voyageurs avec des temps d’attente réduits entre deux départs, plus de choix pour les voyageurs d’affaires, une meilleure répartition des passagers entre les trains et donc des tarifs plus accessibles. Aucune idée de prix n’a toutefois été présentée à ce stade.