Nouvel accident ferroviaire en Espagne

Un train à grande vitesse de la Renfe a percuté un train de l’opérateur privé Iryo sur la ligne Madrid-Séville entraînant un lourd bilan humain. C’est la seconde catastrophe en 2026 après celle d’Adamuz en janvier.
Train de la Renfe © Patier
Train de la Renfe © Patier

Existe-t-il  des problèmes de sécurité sur le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol ? Après la collision d’Adamuz il y a neuf mois, un nouvel accident a eu lieu ce matin à 8h54 dans la région de Castille-Mancha entre un AVE, les TGV espagnols, de la compagnie nationale Renfe qui transportait 397 passagers et le second appartenant à Iryo, filiale de FS Group (opérateur en France de Trenitalia) avec 147 personnes à son bord. Cet accident survenu sur la ligne Madrid-Séville a tué au moins 68 personnes et 80 blessés selon les dernières informations. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le gouvernement espagnol. 

Selon les premières informations, le système de signalisation de la ligne s’est arrêté pour passer en mode manuel. Le train Iryo était arrêté à 150 km au sud de Madrid alors que celui de la Renfe, qui a obtenu le droit de repartir, est venu s’encastrer dans le premier à une vitesse d’environ 100 km/h.

Un précédent sur la même ligne en janvier dernier

Cette catastrophe survient après l’accident ferroviaire d’Adamuz, survenu le 18 janvier dernier sur la même ligne, mais près de Cordoue en Andalousie. Celui-ci avait déjà eu un lourd bilan avec 46 morts et 170 blessés. Cet accident, qui constituait le premier accident sur le réseau à grande vitesse espagnol, impliquait déjà les deux mêmes opérateurs, Iryo et la Renfe. Le train de la première compagnie avait déraillé en raison de la cassure d’un rail d’une voie pourtant rénovée, avant d’être percuté quelques secondes plus tard par une rame Renfe arrivant en sens inverse. 

En 2013, un autre AVE de la Renfe avait été marqué par un accident ferroviaire alors qu’il circulait à petite vitesse sur une voie de liaison proche de Saint-Jacques-de-Compostelle. Soixante-dix neuf personnes avait alors perdu la vie dans ce qui reste jusqu’à aujourd’hui la plus grande catastrophe ferroviaire espagnole. 

La Renfe commande 30 rames à Siemens Mobility

Il est à noter que cette collision survient la veille d’un appel à la grève des conducteurs de la Renfe concernant, justement, la sécurité ferroviaire sur le réseau. Il n’est pas sûr que ce mouvement sera maintenu en raison de ces dramatiques circonstances. L’Espagne possède le deuxième réseau ferroviaire à grande vitesse dans le monde, derrière la Chine, soit 3995 km dont 3 225 km permettant aux AVE de rouler à plus de 250 km/h. Quatre opérateurs y circulent avec Renfe, Iryo, Ouigo Espagne et Avlo, la marque low cost de la compagnie nationale. 

La Renfe a annoncé cette semaine l’acquisition de 30 trains à grande vitesse d’une capacité jusqu’à 520 places auprès du constructeur allemand Siemens afin de remplacer ses AVE les plus anciens. Ce contrat d’au moins 1,2 milliard d’euros, qui comprend aussi la maintenance des rames, est assorti d’une option sur 10 rames supplémentaires. Selon l’appel d’offre, Siemens aura 5 ans pour construire et livrer les 30 rames qui doivent être capables de rouler à 350 km/h entre Madrid et Barcelone afin de ramener le temps de parcours entre les deux ville à 2h contre 2h30 à 3h actuellement selon les dessertes.