
Des stars du monde digital – Mark Zuckerberg (Facebook), Satay Nadella (Microsoft), Gini Rometty (IBM), Dara Khosrowshahi (Uber) –, des robots Pepper accueillants et une myriade de start-up impliquées dans l’intelligence artificielle ou les objets connectés : organisé pour la troisième fois au parc des expositions de la porte de Versailles par Publicis et Les Echos, le salon Viva Technology s’est attelé à dessiner le monde de demain.

Ouvert par une keynote d’Emmanuel Macron, ce VivaTech 2018 a certes mobilisé un casting présidentiel, mais l’autre star de cette troisième édition n’était autre que le véhicule du futur. Seabubbles, Airbus, EVA : la mobilité de demain était dignement représentée, et n’a pas manqué de suscité une curiosité légitime chez les visiteurs. Avec, chez chaque acteur, un même message : l’heure n’est plus au roman d’anticipation, mais bien à la concrétisation de projets aboutis.
Après quelques remous liés notamment au problème de sa vitesse de croisière, l’arrivée des SeaBubbles sur la Seine semble se préciser, et pourrait intervenir dès l’an prochain. Ce bateau-taxi de quatre places, à bord duquel les visiteurs ont pu prendre place à l’occasion du salon, a récemment été testé à Paris après Genève et Copenhague et intéresse d’autres grandes destinations affaires à travers le monde. Le transport fluvial devrait prendre plus d’ampleur, alors que SeaBubbles travaille aussi sur des modèles plus grands, pour une vingtaine de passagers, qui pourraient apparaître d’ici 2019-2020.
L’autre projet bien avancé, en passe de bouleverser la mobilité urbaine, se nomme EVA, acronyme d’Electric Visionary Aircrafts. Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom de baptême, le projet a pour épicentre Toulouse, et prend la forme d’un taxi aérien – ou pour reprendre l’appellation technique d’un E-VTOL (Electric Vertical and Take-OFF Landing, ou véhicule électrique à atterrissage et décollage verticaux). Facturé 250 000 euros, l’EVA X01 se destine à la fois à une clientèle de luxueux propriétaires individuels, notamment en Asie, et à un usage collectif sous la forme de taxis volants. On évoque un premier vol habité dès le mois de mars prochain.
Mais c’est peut-être bien le stand d’Airbus qui a suscité le plus de curiosités, avec la présentation d’un imposant véhicule modulaire. Développé avec Audi et ItalDesign, le Pop.Up Next prend donc la forme d’une voiture-capsule à laquelle se greffe un drone XXL lui permettant de prendre de l’altitude. Le projet pourrait décoller d’ici six à sept ans minimum, notamment en raison d’une nécessaire refonte des réglementations et des infrastructures.
En attendant de voir le ciel se couvrir de taxis volants, la mobilité urbaine prend aussi des formes plus concrètes. Lors du salon, la SNCF, la RATP et la région Ile-de-France ont annoncé l’expérimentation, dès cet automne, d’une innovation très attendue : l’achat et la validation du titre de transport via les smartphones. Dans le cadre du programme Smart Navigo, “les voyageurs fréquents comme les voyageurs occasionnels pourront acheter leurs titres de transport en quelques clics sur smartphone, et les télécharger dans la carte SIM grâce à la technologie Wizway, décrit Guillaume Pépy, président du directoire de la SNCF. Finies les files d’attente aux guichets ou aux automates ! Avec Navigo Lab, nous allons faciliter la vie des Franciliens, leur donner encore plus de liberté dans leurs déplacements.” Dans un premier temps, les Franciliens équipés de mobiles Android compatibles pourront expérimenter l’achat, le chargement de carnets de tickets T+ et de forfaits Navigo Mois et Semaine sur smartphone utilisant la technologie NFC via l’application Navigo Lab. Le lancement du service commercial ouvert à tous est prévu pour l’été 2019.
La SNCF présentait sur son stand tout un eco-système d’acteurs high-tech comme Blockchain Partner, qui travaille avec SNCF Réseau pour permettre le remboursement automatique des billets en cas de retard, ou encore Prevision.io, logiciel qui crée des modèles prédictifs extrêmement précis pour améliorer à la fois le yield management du transporteur ferroviaire, mais aussi la gestion du réseau en cas d’affluence. Ce qui permet aussi de faire de la maintenance prédictive, un sujet sur lequel d’autres start-up travaillent également. Remarqué également, le robot Heasy, version futuriste et mobile des bornes interactives destinée à guider les voyageurs dans les gares.
De son côté, AccorHotels accueillait sur son stand 32 start-up qui pourraient un jour participer à l’expérience client offerte par le groupe hôtelier. Ainsi, présentes au côté d’AccorHotels l’an dernier, Sensor Wake, qui propose des ambiances olfactives personnalisables pour un réveil en douceur, et Skinjay, créateur de capsules de douche parfumées aux huiles essentielles, ont toutes deux participé à la conception de la Smart Room, concept de chambre dédié en premier lieu aux voyageurs à mobilité réduite. Cette année, les acteurs présents représentaient plusieurs thèmes : l’internet des objets avec par exmple CareOS, un miroir connecté qui, grâce à la reconnaissance faciale des clients, peut donner des conseils beauté tout en apportant des informations utiles comme la météo ; les nouveaux services et expériences de réunions comme celle offerte par Hackeo, une solution de jeu de piste en réalité augmentée destinée aux team buildings, ou Snap Event, pour la réservation de lieux adaptés aux événements ; ou, dans un genre plus loisirs, l’accueil et le divertissement des plus jeunes voyageurs. Autres innovations, la serrure connectée Bright Lock qui utilise la lumière du smartphone pour déclencher l’ouverture des portes ou encore la start-up Destygo, qui gère déjà les interfaces Messenger de la RATP, de Thalys ou des aéroports de Paris et de Lyon et travaille sur l’amélioration du bot du groupe hôtelier Feel Welcome.



















