Dubaï, vitalité et extravagance « Waouh ! » Ainsi pourrait-on résumer l’effet produit par la découverte de Dubaï, une stupéfaction intense face au gigantisme de ses constructions qui, pour l’essentiel, surgissent encore de friches constellées de grues et d’engins de terrassement. En raison de son territoire réduit, Dubaï bâtit en hauteur ou annexe tout simplement les eaux turquoise du Golfe pour des réalisations de mégaprojets très médiatiques : il y avait les Palms, trois groupes d’îles artificielles off-shore dessinant chacune un palmier, puis il y eut The World qui évoque un planisphère avec 300 îles se négociant, en parcelles, entre 15 et 50 millions de dollars, 45 % d’entre elles ayant d’ores et déjà trouvé preneur. On apprend aujourd’hui que sur le même principe sera construit… The Universe : un archipel dont les îles figureront le système solaire, ses planètes et ses satellites. Pas de doute, Dubaï voit grand, mais l’émirat qui s’est affranchi d’une économie dépendante de la manne pétrolière connaît une expansion éclair qui doit beaucoup à sa veine commerciale. Une culture qui remonte au début du XXe siècle, quand le port de Dubaï prospère de l’industrie perlière. À cette époque, son port et ses souks sont déjà les plus importants de la région et sa population la plus cosmopolite.
Désormais première place financière du Moyen-Orient, quatrième opérateur portuaire mondial, Dubaï a aussi instauré une vingtaine de zones franches accueillant par secteur les poids lourds du marché : Microsoft, IBM, Oracle Corporation, Sun Microsystems, Cisco, HP, Nokia et Siemens à Internet City ou Associated Press, Reuters, CNN, BBC World à Media City. Cet émirat grand comme le Tarn-et-Garonne dégage 30 % du PIB des Émirats arabes unis, soit quelque 40 milliards de dollars.
Shopping et nuits folles
“L’énergie de Dubaï fascine”, indique Patrick Pondo, directeur Mice de l’agence réceptive Desert Adventures. Les entreprises qui y organisent des opérations incentive s’associent de fait à cette vitalité, fédérateur puissant. Par ailleurs, la ville est un concentré de plusieurs ingrédients : une situation géographique centrale entre Asie et Europe, un territoire sûr et bénéficiant de l’hospitalité arabe au sein d’une société cosmopolite tolérante. Dans les centres commerciaux géants dont s’enorgueillissent les Dubaïotes, les jeunes femmes déambulent aussi bien en minijupe qu’en abaya et niqab, le voile noir couvrant la totalité du visage à l’exception des yeux. La jeunesse fortunée des pays alentour ne résiste pas à cette liberté. On vient de Riyad, Abou Dhabi, Koweït City, Oman ou Beyrouth pour flâner, acheter et faire la fête à Dubaï, truffée de restaurants et boîtes de nuit branchées où officie le gotha des DJ. Beyrouth sinistrée, mais longtemps célèbre pour sa vie nocturne intense, a trouvé sa remplaçante postmoderne.
Gigaréalisations
“Dubaï est plus commerçante que pratiquante”, remarque-t-on au Department of Tourism and Commerce Marketing (DTCA). On s’en serait un peu douté dans la ville qui a inventé l’hôtel sept étoiles et tourbillonne au rythme de projets plus géants les uns que les autres. C’est le cas de Dubaïland, un gigaparc d’attractions d’une superficie équivalente à celle de la ville actuelle. Il recevra la plus grande piste de ski indoor du monde et des parcs à thème à profusion, dont celui des studios Dreamworks créés par Steven Spielberg (Fourmiz, Shrek…), une première mondiale. Il abritera aussi Falcon City (400 hectares), une cité en forme de faucon. Cet ensemble comprendra un parc à thème, un mall (la tête du faucon), des villas et immeubles résidentiels ou de bureaux, et les répliques d’une sélection des sites les plus célèbres de la planète : la muraille de Chine (sur 1700 mètres, mais plus haute que l’original), une pyramide (la plus importante du monde), un quartier de Venise, un “Central Park” bordé de buildings, la tour de Pise, le Taj Mahal (en plus grand, bien entendu) et enfin la tour Eiffel (en plus haut, cela va de soi).
Au sein de Dubaïland encore, le projet hôtelier le plus ambitieux de l’émirat… Bawadi regroupera un cortège de resorts, de boutiques-hôtels et d’établissements thématiques… Au total, 51 hôtels, 60000 chambres sur une avenue de dix kilomètres de long, bref, un “strip” façon Las Vegas. Ouverture prévue en différentes phases, de 2010 à 2014. Ces projets, et tant d’autres qu’il faudrait un bottin pour les inventorier, viendront accroître l’offre de loisirs à proposer aux groupes incentive qui n’auront alors que l’embarras du choix, leur séjour moyen n’excédant pas trois nuits. Pour l’heure, entre les souks et les musées de la ville, les sports aquatiques, les incursions dans le désert ou une descente à Ski Dubaï, l’offre est déjà importante, sans compter les événements internationaux : Dubaï Desert Classic (golf ), Dubaï Tennis Championships, Dubaï World Cup (hippisme)… Patrick Pondo dit obtenir un grand succès en organisant pour des groupes de médecins, d’ingénieurs télécom ou de publicitaires des rencontres avec leurs homologues émiratis. “Ce qui commence parfois par un ‘cours’ sur la culture locale devient très vite un échange faisant tomber les préjugés. Les participants s’aperçoivent que ces ‘autochtones’ en dishdashs blanches avec qui ils conversent ont fait leurs études à Londres ou New York et connaissent beaucoup de la culture occidentale… tandis qu’eux ignorent tout de la culture émiratie.” Ce qui remet les pendules à l’heure.
Visions hallucinatoires
Mais on est toujours un peu déphasé à Dubaï. Où sommes-nous exactement ? À Marrakech ? Orlando ? Singapour ? Las Vegas ? Comme nulle part ailleurs, la ville engendre des visions hallucinatoires. Une parmi bien d’autres : Burj Dubaï, la tour la plus haute du monde (800 mètres) se reflétant dans le lac artificiel d’Old Town, une vieille cité, mais à la façon d’ici, c’est-à-dire en cours d’achèvement et dans un style Mille et une nuits… Mais voilà qu’on nous annonce encore un nouveau projet : Lyon Dubaï City – 300 hectares – développant “un principe d’organisation de la ville à l’européenne, pour retrouver dans ce quartier la même ambiance que dans un bistrot lyonnais”. Les Français pourront bientôt venir aussi saucissonner dans les bouchons de l’émirat !
Dubaï, Abou Dhabi, Oman : entre désert et gratte-ciel
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La mosquée Jumeirah de Dubaï
L’hôtel Burj al-Arab
Pascal Maigniez, directeur France-Benelux du DTCM* du gouvernement de Dubaï
Tapis et objets d’art au Dubaï Hotel al-Maha




















