Quelle activité a aujourd’hui Air France à Orly ?

Avec l'annonce d'Air France de se retirer totalement d'Orly pour laisser le terrain libre à sa filiale Transavia dans l'exploitation de lignes, on peut se demander quel est encore le poids actuel de la compagnie française sur l'aéroport du sud de Paris.
Un avion d'Air France, "noyé" dans le flot des avions de Transavia à Orly (Photo: Luc Citrinot)

Orly est actuellement l’aéroport le plus dynamique sur Paris. L’aéroport a en effet enregistré 24,72 millions de passagers sur les trois premiers trimestres de 2023. Ce qui représente une hausse de 14,5% sur un an. Mais surtout cela représente une hausse – certes modeste – de 0,3% comparée aux mêmes 9 mois de 2019, dernière année avant l’épidémie de covid.

En septembre, le trafic total passagers à Orly était ainsi de 12,9% supérieur à celui de septembre 2019. Pour comparaison, Roissy CDG reste encore en retrait de plus de 12% par rapport aux chiffres de 2019…

Cette performance pourrait-elle cependant être mise à mal par l’annonce du retrait d’Air France d’ici 2026 ? Pas si sûr, si l’on se réfère aux chiffres actuels de trafic. La compagnie nationale assure une présence à Orly vers 14 destinations sur un total de quelque 130 villes. Outre les trois navettes sur Marseille, Nice et Toulouse, la compagnie dessert la Corse (quatre destinations : Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari), Cayenne, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de la Réunion, mais aussi les trois capitales du Maghreb : Alger, Casablanca et Tunis.

Au fur et à mesure des années, la compagnie a cédé en fait une grande partie de son réseau domestique à Transavia. Le transporteur low-cost a ainsi récupéré les lignes Air France sur Biarritz, Montpellier, Pau, Perpignan ou Toulon. Ainsi que des liaisons sur plusieurs destinations loisirs dans le bassin méditerranéen.

Au total, Air France propose 275 vols hebdomadaires au départ d’Orly (base: Flightradar24 pour la semaine du 19 au 25 octobre).

Orly-Toulouse est la ligne la plus importante en nombre de fréquences avec de 14 à 16 vols quotidiens, suivie d’Orly-Nice avec 13 à 15 vols quotidiens et Marseille avec de 6 à 7 fréquences quotidiennes. Vient ensuite Orly-Alger avec 12 vols par semaine.

Le retrait d’Air France d’Orly jusqu’en 2026 se traduira par une dominance encore plus grande des compagnies low-cost. Selon l’Union des Aéroports Français, 57,3% de tout le trafic passagers d’Orly était en 2022 entre les mains des compagnies low-cost. Soit 16,17 millions au total. Par comparaison, le low-cost avait généré 12,87 millions de passagers en 2019. Cette part de marché pourrait atteindre dans l’avenir 75% à 80% du trafic total de la plate-forme. Des chiffres similaires à la part des transporteurs low-cost déjà obtenue aujourd’hui à Nantes ou à Bâle-Mulhouse. Pour Transavia, easyJet et Vueling, Air France semble avoir ouvert un boulevard à Orly.

S’inspirer à terme du modèle British Airways ?

Pourtant, cette décision est-elle définitive ? Il existe un contre-exemple à la stratégie d’Air France : celle adoptée par British Airways à Londres. La compagnie britannique, qui avait évoqué un abandon complet de Gatwick pour se recentrer sur son hub de Heathrow, a revu son positionnement. Elle a finalement décidé de revenir en 2022 sur le second aéroport de la capitale britannique.

Le transporteur annonçait l’an passé vouloir doubler sa flotte basée à Gatwick, de 14 à 24 ou 28 appareils. Et d’augmenter significativement son réseau. Cette stratégie s’est concrétisée par la création d’une filiale, BA Euroflyer. Ce modèle de compagnie hybride propose aux voyageurs un service similaire à celui de la maison-mère. Basée à Gatwick, BA Euroflyer desservait déjà 40 destinations cet été.