L’Airbus A350 pourra voler sur tout le réseau long-courrier d’Air France

Le premier appareil Airbus A350-900, baptisé Toulouse, a été livré à Air France vendredi et entrera en service le 7 octobre sur Abidjan et Bamako. L’occasion pour le Directeur Général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, de faire un point sur la stratégie du groupe.

A350
La cérémonie de livraison de l'Airbus 350 a eu lieu le 27 septembre, en présence de la direction d'Air France KLM

La livraison des six premiers Airbus A350-900 d’ici la fin de l’année et en 2020 va révolutionner le confort des passagers et permettre d’importantes économies de coûts, notamment pour la réduction de la consommation de carburant, ont expliqué Benjamin Smith et Anne Rigail, respectivement DG d’Air France KLM et DG d’Air France, sur le site d’Airbus à Toulouse.

« Le renouvellement de la flotte avec l’Airbus A350-900 ou encore l’Airbus A220 est le premier pas également pour réduire notre empreinte en CO2, décrit Anne Rigail. La réduction de cette empreinte est au cœur de notre stratégie ».

Sur ce terrain, l’Airbus A350-900 va apporter au groupe de nombreux bénéfices : une consommation en kérosène réduite de 25% par rapport aux modèles d’avions similaires soit 2,5 litres/100 km contre une moyenne de 3,3 litres pour l’ensemble de la flotte. « Nos sièges en Premium Economy sont également plus légers pour réduire le poids de l’avion tandis que l’impact bruit est réduit de 40% par rapport aux appareils de taille similaire », précise encore Anne Rigail.

La DG d’Air France souhaite maintenant développer l’utilisation du bio fuel en souhaitant qu’il puisse être produit en France. « Nous travaillons à l’utiliser davantage mais son coût très élevé – deux à trois fois plus cher que le kérosène -, mettrait en péril notre modèle économique. Nous espérons que le gouvernement va trouver une solution« , indique-t-elle.

Pour les passagers, ce sera le confort de la cabine qui fera la différence. L’Airbus A350-900 sera équipé de trois classes avec 34 sièges en classe affaires et une rangée configurée en 1-2-1, 24 sièges en Premium Economy sur une configuration 2-4-2 et 266 sièges en classe économique en configuration 3-3-3. Les nouveaux sièges en Premium Economy sont signés Recaro et offriront une meilleure inclinaison, une demande prioritaire des passagers. Parmi les autres points forts figurent des hublots 30% plus larges, le wifi dans toutes les classes intégrant un service de messagerie gratuit, des écrans haute définition pour la vidéo ainsi qu’un renouvellement de l’air en cabine toutes les deux à trois minutes. « L’excellence du produit Air France est essentiel en raison du haut niveau de compétition qui existe, » insiste Benjamin Smith.

Air France (DR)
Benjamin Smith, DG d’Air France KLM, lors de la cérémonie de livraison de l’A350-900 à Toulouse

Sur quelles lignes Air France va-t-elle mettre l’Airbus A350 en service ? « Toutes nos lignes long courrier pourront être desservies à terme. Plus que l’ouverture de nouvelles routes, nous pensons plutôt à augmenter nos fréquences. Nous desservons déjà 90% des lignes a fort trafic à travers le monde. Il nous manque encore Sydney mais nous n’envisageons pas sa desserte à court terme », précise encore le DG d’Air France-KLM.

L’Airbus A350 entrera donc en service sur Abidjan et Bamako puis viendra le tour de Toronto, Le Caire et Seoul avec la livraison du troisième appareil. Selon Benjamin Smith, Bangkok a toutes les chances d’être la destination suivante début 2020.

Je ne vois pas l’avantage pour le groupe d’intégrer un modèle low-cost long-courrier

L’homogénéisation de la flotte avec Airbus est un atout de poids pour Air France pour survivre dans un marché européen que Benjamin Smith décrit comme difficile. « La concurrence est forte et Air France reste vulnérable en raison des coûts salariaux et des tarifs élevés pratiqués par les aéroports parisiens. De plus, sur le domestique, nous devons faire face à la fois à la concurrence low cost et au TGV », rappelle Benjamin Smith. Ce qui explique également la prudence du groupe dans l’acquisition d’Aigle Azur ou de XL Airways… L’environnement social et l’intégration des personnels des deux compagnies pourraient remettre en cause l’actuel paix social. « Apaiser nos relations sociales a été et reste notre première priorité », martèle Benjamin Smith, qui s’empresse de souligner que la compagnie n’a aucune intention de reprendre XL Airways. « Nous avons déjà un produit loisirs avec des avions configurés en haute densité sur les DOM. Je ne vois pas l’avantage pour le groupe d’intégrer un modèle low-cost long-courrier », précise-t-il.

Dans ce contexte, les deux DG ont dévoilé quelles seront les orientations réseau pour 2020. « On a toujours une forte demande sur l’Amérique du Nord en partenariat avec Delta au sein de notre joint-venture. Nous allons aussi renforcer la desserte du Brésil qui semble sortir de la crise. En revanche, la Chine devient un marché difficile en raison de la concurrence et d’un impact négatif avec Hong Kong », a révélé Benjamin Smith.