Cathay Pacific passe à l’action pour reconquérir son public

La compagnie de Hong Kong Cathay Pacific est de nouveau dans la tourmente. La suppression d'une douzaine de vols quotidiens en raison d'une pénurie de pilotes a de fait déclenché l'incompréhension de ses passagers. Le transporteur a décidé de rapidement réagir pour limiter les dégâts collatéraux.

Etre la compagnie aérienne phare de Hong Kong doit apparaître comme un véritable sacerdoce. C’est ce que doivent penser les dirigeants de Cathay Pacific qui ne cessent d’être confrontés à des crises politiques, sociales et économiques.

Depuis 2019, Cathay a du s’adapter à la reprise en main de Hong Kong par les autorités chinoises – ce qui s’est traduit par une restructuration de la direction de la compagnie. Puis, la crise du Covid a paralysé le transporteur pendant 30 mois, la forçant à stopper l’ensemble de ses vols. Elle fait désormais face à une pénurie de pilotes. Une situation pour laquelle la direction du transporteur semble largement responsable, selon les médias locaux.

Une douzaine de vols annulés par jour jusqu’en février

Depuis décembre, le transporteur hongkongais est confronté effectivement à une défection de ses pilotes. Beaucoup se sont portés malades forçant la compagnie à réduire le nombre de ses vols. En moyenne, la compagnie supprime une douzaine de vols quotidiennement.

Selon le South China Morning Post, le principal quotidien de langue anglaise de Hong Kong, les annulations concernent essentiellement des vols régionaux. Le SCMP a ainsi recensé qu’entre le 8 et le 11 janvier, Cathay a annulé 10 vols sur Taipei, 9 vols sur Singapour et 8 fréquences sur Bangkok, Kaohsiung et Pékin. Au total, près d’une centaine de vols ont été annulés depuis les fêtes de Noël.

La compagnie a déjà prévenu qu’un nombre similaire de vols devraient être annulés sur une base quotidienne jusqu’au 20 février.

Certes, Cathay Pacific assure que plus de 95% de ses passagers ont bénéficié d’un transfert sur d’autres vols ou d’un remboursement. Mais beaucoup de passagers font état sur les réseaux sociaux de difficultés pour changer leurs vols. Et ce, en raison de la saturation des systèmes de réservation.

Cependant, le SCMP explique que les problèmes sont bien plus profonds que cette pénurie de personnel. Après avoir réduit son personnel de 8 500 employés en 2020, la compagnie a du mal à recruter et former. Le transporteur a ainsi congédié un millier de pilotes sur 4 000.

De surcroît, les syndicats de pilotes de Cathay Pacific évoquent des conditions de travail difficiles. Avec la crise du Covid, les pilotes ont vu leur salaire réduit jusqu’à 40% et leur temps de travail allongé. Le syndicats évoquent ainsi des pilotes effectuant jusqu’à 100 heures de vol par mois, au lieu d’une moyenne de 85 heures.

De plus, la suppression de nombreux avantages pour les pilotes – aide au logement à Hong Kong, ville réputée pour avoir les loyers les plus chers du monde – n’a rien eu d’incitatif. Depuis 2020, selon le Strait Times de Singapour, un autre millier de pilotes a quitté la compagnie.

Redorer son image

Cathay passe donc à l’offensive. Le transporteur indique accélérer la formation de nouveaux pilotes pour parer à la pénurie. Désormais, cette dernière passe de 4 000 à 3 000 heures pour nouveaux pilotes. Ce qui permettra de les insérer plus rapidement dans l’exploitation du réseau.

Le transporteur se retrouve également sous la pression du gouvernement de Hong Kong. John Lee, le Chef de l’Exécutif du territoire, a ainsi indiqué qu’il souhaitait que Cathay résolve au plus vite cette crise. Car elle s’avère dommageable à l’image de hub de l’ex-colonie britannique.

Cathay doit de fait agir vite. Elle avait promis de revenir à 100% de ses capacités aériennes d’avant Covid d’ici la fin 2024. Un pari qui apparaît désormais bien audacieux.