
La Chine d’aujourd’hui ressemble aux Etats-Unis d’hier dans le transport aérien au départ d’Europe. Il y a 25 ans, tous les aéroports européens rêvaient de lignes aériennes sur l’Atlantique Nord. Et de Berlin à Marseille, de Bologne à Belfast, les compagnies aériennes ouvraient avec plus au moins de succès des lignes aériennes.
C’est le même phénomène auquel on assiste aujourd’hui. Le boom aérien est réel et attisé par quelque 12 millions de touristes chinois qui déferlent sur le continent européen. Depuis l’an dernier, l’envolée du trafic Chine-Europe se caractérise notamment par des lignes aériennes directes depuis des villes secondaires de part et d’autre des deux continents.
En cinq ans, la Chine est ainsi devenue la principale destination asiatique au départ d’Europe, une douzaine de villes chinoises étant désormais liées à une douzaine de villes sur le continent européen.
La compagnie qui incarne le mieux cet engouement est Beijing Capital Airways (BCA), affiliée à Hainan Airlines Group. Arrivé en 2015 en Europe, le transporteur a lancé de nouvelles lignes aériennes qui auraient semblé bien farfelues il y a seulement une décennie… Elle relie ainsi depuis Hangzhou – à 150 km au nord de Shanghai – Madrid et Copenhague. Cette année, ce fut au tour de Lisbonne à être relié à Hangzhou via Pékin, la première liaison de la capitale portugaise vers la Chine. Madrid semble être une implantation de choix : l’an dernier BCA a inauguré une ligne sur Chengdu et cette année, elle a lancé sa troisième ligne régulière vers Qingdao, au nord de la Chine. Elle planifie pour cet hiver des vols sur Helsinki et Zagreb, toujours au départ d’Hangzhou.
Les Balkans semblent d’ailleurs intéresser de plus en plus les transporteurs chinois ; Hainan Airlines lance le 15 septembre un vol vers Belgrade, à raison de deux fréquences par semaine via Prague. Là encore, une première pour la capitale serbe. De son côté, Air China a décidé d’accélérer l’inauguration d’un vol sans escale sur Athènes. Un avion du transporteur se posera deux fois par semaine dans la capitale grecque dès la fin septembre.
Le transporteur national chinois renforce d’ailleurs son offre en Europe, en particulier à Paris. La compagnie passe de 9 à 11 vols hebdomadaires cet hiver sur Pékin et de deux à trois fréquences hebdomadaires sur Chengdu. China Eastern n’est pas en reste. Elle inaugure fin octobre deux vols hebdomadaires entre Prague et Xian avec prolongement vers Shanghai. China Eastern va également augmenter ses fréquences sur Paris-Shanghai, passant de 11 à 13 vols par semaine. Quant à China Southern, elle prévoit le lancement dans les prochaines semaines de sa première ligne en Europe au départ de Shenzhen. L’heureuse élue en est Moscou qui sera reliée par deux vols/semaine avec le pendant de Hong Kong en Chine Populaire.
D’autres lignes sont en préparation. On parle beaucoup de Barcelone, Budapest et de Dublin. La Grande-Bretagne a récemment signé un accord de ciel ouvert avec la Chine. Outre Londres, il est vraisemblable que Birmingham et Manchester devraient gagner leur accès vers le territoire chinois.
De quoi susciter des espoirs pour les aéroports hexagonaux. Lyon, Nice et Toulouse rêvent volontiers de Chine. Lyon et Nice ont certainement un potentiel naturel tandis qu’à Toulouse, il s’agirait d’un geste politique pour soutenir un aéroport dont une partie du capital est désormais entre des mains chinoises…

















