MICE au Niger

Interview : Etienne Giros, Président du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN)

Etienne Giros, Président du Conseil français des investisseurs en Afrique CIAN, fait le point sur les relations économiques avec le Niger et sa montée en puissance.
Etienne Giros, Président du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN)

Quel regard portez-vous sur le Niger en tant que destination affaires ?  

Etienne Giros – Le Niger a été un bon partenaire du forum du CIAN. Les autorités nigériennes ont, me semble-t-il, une certaine « envie de France », elles sont pro-business. Il y a une atmosphère des affaires favorable. Bien sûr, cela s’inscrit dans une région bousculée, le Sahel, avec des voisins « remuants »… Mais le Niger est un partenaire solide de la France. Sur le plan des relations générales, il n’y a que des éléments positifs.

Quelles sont les conditions à l’avènement d’une nouvelle destination MICE comme Niamey ?

Etienne Giros – Faire de Niamey une destination pour les forums et les conférences : pourquoi pas ? Ce n’est pas très loin de Paris, le Niger est même un peu plus proche que la Côte d’Ivoire. Pour arriver à attirer des forums, des conférences, il faut un certain nombre de conditions. Notamment une liaison aérienne offrant assez de souplesse, avec des fréquences suffisantes. L’autre sujet, c’est évidemment une salle de conférences équipée comme il se doit. Cela suppose une plénière, trois ou quatre salles pour organiser des side events ou des tables rondes en parallèle, et un lieu pour pouvoir organiser du networking. Il faut aussi des hôtels haut de gamme de niveau international et de l’hôtellerie plus simple, et ce à proximité du centre de conférences. C’est ce qu’a fait Dakar par exemple, avec la création du centre de conférences Abdou Diouf à Diamniadio, à proximité de l’aéroport. C’est un centre qui en l’occurrence répond aux différents critères que je citais, avec un hôtel Radisson à 20m. Quand les conditions sont réunies, rien n’empêche le Niger d’accueillir des événements. Il n’y a pas de question d’image ou de relations bilatérales difficiles qui l’empêcherait.

Quel est le niveau de connaissance et de confiance des investisseurs français vis-à-vis du Niger ?

Etienne Giros – Les investisseurs connaissent le Niger. Il n’y a pas d’a priori négatif, à la différence d’autres pays où il pourrait y avoir des craintes sécuritaires ou politiques. Il faut avoir des projets, souvent portés par des financements internationaux s’il s’agit de projets d’infrastructures. A la différence de quelques uns de ses voisins qui sont sous embargo, le Niger est bien vu de la communauté internationale et peut obtenir ce genre de financement plus facilement.

On voit se développer dans la région un sentiment anti-français qui semble épargner le Niger. Est-ce que cette tendance entraîne un report des événements et des investissements vers le Niger ?

Etienne Giros – Il est sûr que par rapport au Mali ou au Burkina Faso, le Niger est une destination plus accueillante aujourd’hui. Pour autant, le sentiment anti-français est avant tout un sentiment anti politique française. Il ne s’agit pas d’un sentiment contre les Français en tant que tels ou contre les entreprises françaises. C’est un sentiment d’ailleurs assez largement manipulé par des forces étrangères ou des adversaires internes, contre la politique diplomatique française, son histoire et surtout sa politique militaire. Et cela concerne très peu de pays. En France, nous faisons des gorges chaudes du sentiment anti-français mais on serait mieux inspirés d’évoquer un sentiment anti politique française et il n’est pas généralisé, loin de là.

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