Année olympique, année atypique. C’est ainsi qu’InExtenso résume l’activité hôtelière en France 2024, marquée par un chiffre d’affaires hébergement proche de celui enregistré l’année précédente. Entre un taux d’occupation en baisse de 1 pt, à 64%, et la progression prolongée des prix moyens – +2%, à 127 € -, le revenu par chambre enregistre une croissance de +1%. Pesant largement dans le résultat d’ensemble, l’hôtellerie parisienne a donné le ton, jouant aux montagnes russes entre le pic des JO et les creux entourant la période. Au final, la capitale finit l’année sur une note mitigée avec un revenu par chambre (RevPAR) en recul de 1%.
Portée par des mois de juillet et août records avec une croissance du RevPAR de +25%, la hausse des prix moyens de +33% compensant un recul de -6 pts de la fréquentation, l’hôtellerie à Paris, comme dans toute l’Ile-de-France, a connu un gros trou d’air en juin (-26%), l’effet repoussoir des JO, notamment pour les professionnels, se couplant à l’absence du boost de fréquentation offert les années impaires par le salon Airshow au Bourget.
En parallèle, la rentrée de septembre-octobre, si elle n’a pas déçu en matière de fréquentation (+2 pts), n’a pas connu d’accélérateur de prix comme avait pu l’être l’accueil de la coupe du monde de rugby en 2023. Un constat partagé par toutes les villes hôtes des matchs, de Lille à Marseille, en passant par Bordeaux et Lyon.
Ceci pouvant en partie expliquer cela, les grandes villes de province ont d’ailleurs connu des fortunes diverses l’an dernier entre un RevPAR en croissance de +5% à Lille et à Nice, symbole d’une belle année pour l’hôtellerie de la Côte d’Azur, et de 4% à Nancy et Strasbourg. En revanche, les hôtels de Bordeaux, Lyon et Toulouse ont vu leur chiffre d’affaires hébergement reculer de 4% l’an dernier.
L’analyse par segment montre la bonne tenue de l’hôtellerie luxe et haut de gamme, avec un RevPAR en hausse de +5% porté par les prix (+3%) comme l’occupation (+2 pts), tandis que le milieu de gamme est resté relativement stable (+1%). L’étude des résultats par InExtenso montre en revanche un recul pour les catégories économiques, dont les hôtels ont enregistré une baisse de la fréquentation, en raison notamment du climat économique. Mais aussi, en ce qui concerne le super-économique, d’une baisse de l’attractivité des établissements, InExtenso évoquant dans ce cadre « la nécessité de renouveler le parc d’entrée de gamme, en proposant des produits mieux adaptés à l’évolution de la demande ».
Morosité de l’économie et réduction des dépenses des entreprises, budgets restreints pour les séminaires, tensions géopolitiques : plusieurs éléments pourraient jouer un rôle négatif pour l’activité en 2025. Mais d’autres perspectives seront aussi favorables à l’activité hôtelière avec les retombées positives attendues des JO et une demande internationale en hausse, le retour des congrès et salons, l’accueil de grands événements comme Airshow à Paris ou le SIRHA à Lyon. Au final, InExtenso table sur une croissance du RevPAR de +4% à Paris et de +2% sur la Côte d’Azur pour l’année en cours, quand elle devrait être comprise entre 1% et 2% en province.