
Hyatt ne fait pas mystère de sa volonté de s’imposer comme l’acteur clé du segment resort dans le monde. A coup de rachats et de partenariats, le groupe s’est offert une position dominante avec, en portefeuille, plus de 150 établissements, en bonne part axés sur une offre all inclusive haut de gamme. Le rachat en 2021 du groupe Apple Leisure lui avait déjà permis d’accueillir sous son aile une centaine d’hôtels loisirs déclinés sous les marques Secrets, Dreams, Breathless, Zoëtry, Alua et Sunscape. Récemment, l’acquisition de Playa Hotels & Resorts est venu renforcer son réseau dans les Caraïbes, tandis que la conclusion d’un joint-venture avec Grupo Piñero a rajouté cinq hôtels Bahia Principe en Espagne.
Fort de tous ces développements, Hyatt compte aujourd’hui une cinquantaine de resorts en Europe, répartis entre la Grèce, le Portugal, la Bulgarie et l’Espagne, devenu le premier marché du groupe sur le Vieux Continent en nombre de chambres. Mais si cette expansion cible les voyageurs loisirs en premier lieu, la clientèle affaires n’est pas laissée de côté, étant même essentielle pour assurer l’activité des établissements en basse saison et périodes creuses. Avec ses quatre piscines par exemple, mais aussi ses sept restaurants et presque autant de bars ou encore ses 360 chambres, le Dreams Madeira se présente comme un lieu de choix pour des séminaires et séjours incentives sur l’île portugaise au large de l’Atlantique.


De son côté, le Zoëtry Mallorca, au centre de l’île principale des Baléares, diffuse une ambiance « slow luxury » aux événements professionnels. Au sein d’un domaine construit au XIVe siècle, l’hôtel a plusieurs arguments pour séduire les organisateurs avec, tout d’abord, un centre de conférence pouvant héberger jusqu’à 250 personnes, mais surtout des lieux atypiques – une chapelle néogothique, un moulin à vent privé, en plus de ses jardins – pour l’accueil d’événements exclusifs. « En capitalisant sur les opportunités MICE, nous avons étendu la saisonnalité de l’hôtel avec une ouverture proche des 10 mois sur 12, décrit Manuel Melenchon, directeur général pour l’Europe du Sud du groupe Hyatt. Le Zoëtry Mallorca a notamment connu plusieurs privatisations et lancements de voiture l’an dernier« .

Pour autant, si les resorts regroupés dans l’Inclusive Collection de Hyatt attirent les séminaires, conférences et voyages de récompense à travers des formules tout compris offrant une budgétisation prévisible, ses autres établissements loisirs sont aussi prisés par la clientèle MICE. Par exemple, le Grand Hyatt La Manga Club qui peut jouer sur son espace de réunions et événements de 600 m² complété, côté activités, par les équipements d’un complexe comprenant trois golfs, 28 courts de tennis et huit terrains de football. Ou encore le luxueux Park Hyatt Marrakech qui se destine aussi bien aux comités de direction qu’à la privatisation complète grâce à son pavillon de 1000 m² entièrement dédié à l’accueil des groupes MICE.
Une expansion urbaine axée sur le luxe et le lifestyle
Mais les propositions du groupe américain peuvent aussi se faire plus urbaines à l’image de l’ouverture l’an dernier du Grand Hyatt Barcelone, un gros porteur de 465 chambres et suites porté autant sur les courts séjours loisirs que les événements professionnels. Avec, pour cela, un espace MICE de 3 400 m² intégrant 22 salles de réunion et des lieux adaptés à tous types d’événements, allant des 15 m² de la Kitchen Room aux 864 m² de sa Living Room.
Car, en parallèle de son accélération dans l’hôtellerie de loisirs, Hyatt n’en oublie pas d’étendre son réseau dans les métropoles européennes. Cette année, la marque Hyatt Regency s’installera à Rome, tout près de la gare Termini, dans les murs de l’ex Radisson Blu Es. Un hôtel de plus de 230 chambres qui se distinguera par son rooftop, un des plus vastes de la ville, avec bar, restaurant et piscine semi olympique, mais aussi par son espace de réunions de plus de 1000 m² et s’étendant sur deux étages, en intérieur et extérieur. Autre nouvel établissement, le Hyatt Regency Zadar, en Croatie, reconvertit une ancienne distillerie de marasquin – cette liqueur étant originaire de la ville – en hôtel contemporain de 133 chambres et suites offrant quatre salles de réunion, dont une ballroom à la capacité de 365 personnes.

Du côté de l’hôtellerie luxe et lifestyle, l’autre fer de lance du développement du groupe américain, un nouvel hôtel Thompson apparaîtra l’an prochain en Espagne, à Séville, après celui ouvert à Madrid en 2022. Avant cela, au troisième trimestre de cette année, la marque Andaz se sera implantée au cœur de Lisbonne, au croisement des rues Augusta et do Comercio, avec un hôtel lifestyle de 169 chambres revisitant entre autres les anciens bureaux de l’une des principales banques du pays, la Banco Portugues de Investimento. Toujours dans la capitale portugaise, le groupe Hyatt compte aussi un autre projet avec, en attente, un hôtel The Standard, profitant de cette marque récemment acquise pour s’implanter dans le quartier de l’Alfama.
Grâce à son réseau déjà bien établi en Europe du Sud, le groupe Hyatt pourrait-il y suivre le même chemin qu’en France ou au Royaume-Uni, à savoir partir à la conquête des villes secondaires à l’image des Hyatt Place récemment ouverts à Rouen et Leeds ou du Hyatt Centric en attente à Reims ? C’est plus qu’envisageable, selon Manuel Melenchon : « Nous regardons les opportunités pour les marques de notre portefeuille Essentials comme Hyatt Place ou Hyatt Select, que ce soit en Espagne, dans des villes comme Valence, Saragosse ou Bilbao, mais aussi en Italie ou en Turquie« .




















