Interview : Frédéric Gossot, Directeur général France et Benelux, Qatar Airways

La nouvelle classe économie de Qatar Airways a été dévoilée mi-octobre sur l'esplanade de la Défense. Frédéric Gossot, nouveau Directeur général France et Benelux de la compagnie, fait un point sur cette nouvelle offre, et sur l'actualité de Qatar Airways.

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Frédéric Gossot, Country manager France et Benelux de Qatar Airways

Quel est le calendrier de déploiement de la nouvelle classe économie dévoilée par Qatar Airways à Paris ?

Frédéric Gossot – Cette nouvelle classe économie sera d’abord installée sur les A321neo, dont la livraison est prévue dans le courant de l’année 2020. 50 appareils sont en commande, dix d’entre eux étant en version long-range. Le siège sera ensuite installé progressivement sur le reste de la flotte. Les premières destinations concernées ne sont pas encore définies.

Quels sont, selon vous, les principaux atouts de cette nouvelle classe pour les voyageurs ?

Frédéric Gossot – L’évolution la plus marquante concerne le siège, totalement novateur, qui glisse sur lui-même pour s’incliner à 19 degrés et évite de gêner le voyageur de derrière tout en offrant un maximum de confort. L’ajout d’une deuxième tablette, au-dessus de la traditionnelle tablette repas, offre aussi plus d’aisance pour le dîner, le travail ou le visionnage d’un film. L’écran 4K de 13,3 pouces (33 cm), l’un des plus grands disponibles en classe économie au niveau mondial, intègre un catalogue de 4000 programmes, films, divertissement, et le magazine de bord. La connectivité a aussi été améliorée avec le port USB à recharge rapide, et le wifi dont la vitesse est dix fois supérieure par rapport à ce que l’on connaît actuellement. Ces améliorations vont s’ajouter à notre nouvelle offre de restauration, « Quisine« , qui est déjà disponible à bord avec notamment une nouvelle vaisselle et plus de choix de restauration.

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Les voyageurs d’affaires de la Défense, à Paris, ont pu découvrir en avant-première la nouvelle cabine économie de Qatar Airways

Ne craignez-vous pas que les voyageurs d’affaires soient un peu « perdus », par manque d’uniformité des produits proposés par Qatar Airways au départ de Paris ?

Frédéric Gossot – Nous offrons aujourd’hui deux types de produits à Paris : l’A350-1000, doté de la QSuite, et l’A380, dont la classe affaires est également un produit exceptionnel, qui a d’ailleurs été récompensé l’an dernier. Chaque produit a ses atouts, et dans les deux cas le service est entièrement personnalisé, à la carte.

L’uniformisation de l’offre à Paris-CDG, ne serait donc pas un impératif prioritaire ?

Frédéric Gossot – Le produit QSuite va être progressivement déployé sur toute la flotte, de même que cette nouvelle classe économie va être déployée sur le reste de nos appareils. Mais il n’est pas nécessairement envisageable de ne mettre qu’un seul type d’appareils sur une ligne. La demande varie en fonction du moment de la journée, de nos vagues de correspondances. Nous positionnons des avions plus gros sur les plages horaires qui permettent des correspondances sur les destinations les plus demandées.

Quelles sont vos priorités en tant que nouveau responsable du marché français ?

Frédéric Gossot – Le marché français est l’un des plus importants en Europe et je suis ravi de contribuer au développement de Qatar Airways en France, mais aussi au Benelux. Ma feuille de route consiste à continuer de faire croître les parts de marché de Qatar Airways en France, et en particulier sur le segment affaires.

Ce développement pourrait-il passer par une augmentation des fréquences, voire l’arrivée de Qatar Airways sur un nouvel aéroport ?

Frédéric Gossot – Nous attendons avec impatience la signature de l’accord aérien entre l’Union Européenne et le Qatar. Dès que l’accord sera signé, nous étudierons en détail les opportunités qui se présentent sur le marché français en termes de nouvelles dessertes ou d’augmentation de fréquences.

L’aéroport de Lyon pourrait-il être visé ?

Frédéric Gossot – Tout est ouvert. Une analyse précise des pôles de potentiels sera faite, et en fonction des avions disponibles à ce moment-là nous prendrons notre décision.

Frédéric Gossot
Frédéric Gossot et ses équipes sont venus à la rencontre du marché français pour dévoiler le nouveau siège de la classe économie

Songez-vous à miser sur le bleisure pour étendre le temps de passage à Doha au-delà de la simple escale ?

Frédéric Gossot – Le trafic vers Doha demeure minoritaire, puisque la grande majorité des clients transitent vers d’autres destinations, mais c’est un gros axe de développement. Nous proposons le produit « stopover », qui n’induit pas de supplément pour s’arrêter à Doha, et donne accès à des tarifs extrêmement avantageux dans des hôtels quatre à cinq étoiles, à l’aller ou au retour. A travers ce type d’offres, nous voulons promouvoir la découverte de la ville, même pour 24 heures, car il y a des choses très intéressantes à faire à Doha, à l’image de l’offre culturelle qui est très riche, avec le nouveau Musée national qui été réalisé par l’architecte français Jean Nouvel. Il y a aussi l’offre sportive, et le balnéaire. Nous cherchons donc aussi à vendre Doha comme destination touristique en tant que telle.

Comment évoluent les relations avec l’alliance Oneworld ?

Frédéric Gossot – Notre Pdg, M. Akbar Al Baker, l’a déjà souligné : en plus de tous nos investissements au sein de l’alliance oneworld, nos sommes le deuxième contributeur de l’alliance en termes de sièges/kilomètres. Nous avons un intérêt fort dans cette alliance, mais si Qatar Airways n’y trouvait plus d’intérêt financier, la compagnie quitterait l’alliance.

La « honte de prendre l’avion » semble gagner du terrain en Europe : craignez-vous un impact à plus ou moins long terme ?

Frédéric Gossot – Pas forcément, dans la mesure où Qatar Airways est très sensible aux sujets environnementaux. L’investissement majeur de la compagnie dans des avions modernes, moins gourmands en carburant, en fait l’une des flottes les plus modernes du monde, avec une moyenne d’âge de quatre ans. Par ailleurs, l’entreprise réduit l’utilisation de plastique à usage unique, et nous supprimons notre magazine de bord papier, en l’intégrant au système de divertissement. Nous avons aussi un rôle important à jouer sur l’aéroport international de Doha, avec un effort très particulier en ce qui concerne la gestion de l’eau, qui est cruciale au Qatar. Enfin, Qatar Airways a été l’une des premiers partenaires de CORSIA (« Carbon Offset and Reduction Scheme for International Airlines« ), un programme lancé par l’OACI en 2018, et qui permet de compenser l’effet carbone par des actions dans d’autres domaines. Qatar Airways est donc extrêmement impliquée sur ces sujets environnementaux, et continuer à étudier des options de biocarburants.