
Les rumeurs s’appuient très souvent sur un fond de vérité. Et la rumeur qui circule depuis quelques semaines sur un possible arrêt de Joon, la filiale hybride d’Air France, semble avoir trouvé des relais au sein même de la compagnie. Il faut dire que Joon n’a toujours pas fait ses preuves, tout juste un an après son lancement : Joon devait permettre à Air France d’exploiter certaines lignes court et long-courriers en faisant de substantielles économies sur les coûts d’exploitation, notamment avec la desserte de lignes où la concurrence low cost est intense.
Ainsi, sur le court-courrier, Joon s’est positionné sur Barcelone et Berlin, deux villes dont le trafic est dominé par les transporteurs à bas coûts. Sur le long-courrier, Joon s’est lancé sur deux nouvelles destinations, qui, a priori, ont une forte proportion de trafic loisirs : les Seychelles et Fortaleza, au Brésil, auxquelles s’ajoutera Quito au printemps prochain. L’idée de desservir des destinations à la recette unitaire passagers plus faible a été pour le moment abandonnée. On aurait pu imaginer Joon se poser notamment à Bangkok, Dakar ou Orlando, des lignes dont la recette unitaire passagers est généralement peu élevée.
Le style et le service de Joon se veulent plus jeunes, dans l’air du temps, avec un personnel plus flexible et moins cher que leurs homologues d’Air France. Le quotidien les Echos indiquait que Joon avait réussi à faire revenir à l’équilibre le réseau de lignes moyen-courriers du hub de CDG, notamment avec des taux de remplissage de 90 % et des coûts d’exploitation en baisse de 15%.
Air France prévoit d’ajouter quelques nouvelles destinations pour Joon sur le programme été 2019. Mais on est bien loin des déploiements stratégiques d’un produit low cost/hybride tel qu’Eurowings pour Lufthansa ou Level pour IAG. Certaines voix au sein d’Air France souhaiteraient que Joon ne disparaisse pas, mais embrasse davantage le concept du long-courrier low cost. Ce qui lui permettrait d’acquérir une identité qui lui serait propre et, surtout, permettrait au groupe Air France d’être mieux présent sur tous les segments de voyage et de tester de nouveaux marchés long-courriers.
Il semblerait que Benjamin Smith se soit d’ailleurs rangé à l’idée de conserver Joon. Mais il est probable que la compagnie doive évoluer dans sa stratégie marketing et jouer encore plus les synergies avec la maison mère. Au même titre que l’est aujourd’hui Eurowings pour Lufthansa ! Joon deviendra-t-elle enfin la véritable réponse low cost long-courrier française ?

















