Le Train commande 10 trains à grande vitesse pour le Grand Ouest

La nouvelle compagnie ferroviaire Le Train, qui prévoit d'opérer en 2025 des lignes sur le Grand Ouest, a choisi le constructeur espagnol Talgo pour ses futures rames sans classe.
Le Train Talgo
La capacité des trains Talgo fournie à la nouvelle compagnie Le Train atteint 360 passagers "sans classe"

Le projet de la compagnie Le Train accélère. Pour ses trains à grande vitesse, le transporteur privé a choisi l’Espagnol Talgo auquel il a commandé 10 rames de type Avril pour un montant de quelque 300 millions d’euros. L’appel d’offres avait été lancé début 2022 auprès de différents constructeurs suite aux difficultés à acquérir auprès de la SNCF des rames réformées en raison de leur grand âge et de la présence d’amiante. « Une directive européenne confirmée par l’Etat nous interdit toute cession de ce matériel amianté« , nous a confié hier Alain Krakovitch, le directeur TGV-Intercités de la SNCF.

L’accord entre Le Train et Talgo prévoit la possibilité d’acquérir des trains supplémentaires durant une période de 10 ans et la mise en place d’un contrat de maintenance pour l’ensemble de ce parc qui sera usiné dès le premier semestre 2023 dans un établissement situé à Rivabellosa, au Pays basque espagnol. La création d’une antenne de R&D en région Nouvelle Aquitaine est également annoncée. Les trains disposeront de quelques particularités afin de répondre aux attentes de la clientèle, notamment sur le segment loisir avec une quarantaine de places pour des vélos et un espace pour les planches de surf destiné aux passagers allant taquiner les vagues de la côte landaises. La capacité retenue s’élève à 360 passagers « sans classe » pour des trains qui rouleront jusqu’à 330 km/h.

50 dessertes quotidiennes prévues en 2025

L’horizon semble donc se dégager pour Le Train. Après l’entrée de deux banques à son tour de table – ce qui a permis de financer l’acquisition des 10 rames -, l’opérateur a obtenu sa licence d’entreprise ferroviaire le 24 décembre dernier. Utilisant la ligne Sud Europe Atlantique qu’elle juge sous-exploitée, Le Train prévoit de se lancer en 2025 en exploitant des dessertes alternatives entre 11 villes, de Bordeaux vers Nantes, Rennes, Angoulême, Poitiers, Arcachon… Une cinquantaine de trains quotidiens est envisagée dont des liaisons tôt le matin et tard le soir ainsi que les week-ends. La SNCF ne s’inquiète pas de ce futur concurrent. « C’est une bonne nouvelle car il y a besoin de développer l’offre ferroviaire en France. Le gâteau se développe et les nouveaux arrivants ne font pas baisser les taux d’occupation de nos TGV, constate Alain Krakovitch. Le Train opérera des lignes sur lesquelles la SNCF n’est pas présente. Je leur souhaite bonne chance« .

Il est à noter enfin que ce ne sont pas les seuls trains Talgo qui devraient circuler en France dans les prochaines années. La compagnie nationale ferroviaire espagnole prévoit en effet d’opérer dès 2023 des trains à grande vitesse AVE construits par Talgo sur des lignes Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid.
L’objectif est de faire rouler 50 trains quotidiens dès la première année avec « des liaisons régulières, plus tôt le matin, plus tard le soir, en week-end, autant pour les actifs que les voyageurs loisir et desservant 11 villes du Grand-Ouest » car l’enjeu, c’est la fréquence dans une démarche « inter et intra-régionale« , avec des correspondances à Bordeaux et vers la côte pour le week-end. 3 millions de passagers par an sont visés.