Lufthansa, candidat le plus probable à la reprise d’Air Berlin

Le retrait d’Etihad du capital d’Air Berlin va probablement clore l’histoire de cette compagnie. Le transporteur devrait vraisemblablement être intégré au géant Lufthansa, candidat favorisé par le gouvernement allemand. Le nom d’Air Berlin ne sera alors plus qu’un souvenir…
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AirBerlin dépose le bilan

Fin avril, la compagnie Air Berlin présentait les résultats du premier trimestre 2017. Une occasion de montrer la sévérité de la cure administrée alors par la direction de la compagnie, dans une ultime tentative de sauvetage du transporteur : la flotte est en diminution de 45% avec 75 appareils au lieu de 136 en 2016 ; le nombre de lignes aériennes est descendu de 387 à moins d’une centaine, tandis que le nombre total de passagers attendu sur l’année devrait tourner autour de 19 millions contre 30 millions fin 2016, une baisse de 41% sur un an. Les recettes s’affichent en baisse de 7,3% tandis que le prix moyen du billet continue de reculer. Encore à 120 € en 2015, il est tombé à 115,5€ en 2016 et à 112,8€ au premier trimestre 2017.

l’un des rares pays d’Europe où cohabitent deux grands transporteurs aériens

Le futur d’Air Berlin reste donc plombé depuis la mise en faillite de la compagnie. Sur les rangs pour récupérer les avions et le réseau de la compagnie se trouvent Easyjet, Ryanair, l’investisseur Hans Rudolf Wöhrl (créateur en son temps du transporteur Nürnberger Flugdienst) et Lufthansa. Mais le gouvernement favorise la solution d’un grand pôle autour de la compagnie nationale afin d’assurer la pérennité du pavillon allemand. La solution Wöhrl qui souhaite reprendre Air Berlin dans sa forme actuelle ? Le gouvernement ne croit plus guère qu’une telle compagnie soit aujourd’hui viable. L’Allemagne est aujourd’hui en effet l’un des rares pays d’Europe où cohabitent deux grands transporteurs aériens.

Lufthansa a présenté à la fin de la semaine dernière ses propositions de reprise au directoire d’Air Berlin mais elles n’ont pas été rendues publiques, en raison du statut juridique de la mise en faillite. Pourtant, selon les fuites révélées par la presse allemande, il semble que Lufthansa ne récupérerait que 90 avions, dont les 35 appareils qu’elle possède déjà en leasing. Elle abandonnerait une quinzaine d’appareils, Boeing 737 et turbo-prop.

Easyjet pourrait en revanche récupérer une partie de la filiale autrichienne Niki, qui pourrait faire partie d’une nouvelle plaque-tournante à Vienne pour la compagnie britannique. Une évolution logique qui appuierait la décision d’easyJet d’établir son nouveau siège Europe dans la capitale autrichienne.

La reprise par Lufthansa d’une partie des appareils et du réseau Air Berlin, viendrait renforcer Eurowings, la filiale hybride du géant allemand. Cette solution bénéficierait particulièrement à l’aéroport de Düsseldorf. Air Berlin y possède plus de 30% de parts de marché et a fait de la métropole rhénane son hub principal avec notamment une dizaine de lignes intercontinentales sur l’Amérique du Nord et les Caraïbes. Pas sûr que Lufthansa conserve ce hub Amérique car il serait aussi en compétition avec le réseau long-courrier d’Eurowings à Cologne, à seulement 60 km de Düsseldorf.

Le principal perdant est probablement l’aéroport de Berlin

Le principal perdant est probablement l’aéroport de Berlin. La plate-forme était un autre hub d’Air Berlin, essentiellement pour l’Europe. La direction de Lufthansa a déjà annoncé ne pas avoir l’intention d’y développer une plaque-tournante et les installations créées pour le futur hub d’Air Berlin du nouvel aéroport risquent de paraître bien obsolètes. Air Berlin représente 28% du trafic des aéroports berlinois cette année. Certains créneaux horaires et quelques avions pourraient cependant être cédés à Easyjet, déjà fortement implanté à Berlin.

Reste Ryanair, mais il est peu probable que le gouvernement ou les aéroports soient favorables à un développement massif du transporteur irlandais. De fait, Ryanair crie déjà au scandale, estimant que le placement en redressement judiciaire d’Air Berlin est totalement biaisé pour l’écarter de toute reprise.