
Manille Ninoy Aquino International Airport (NAIA) traîne une sulfureuse réputation. Celle d’être le pire aéroport d’Asie. Malgré ses quatre aérogares – dont deux pour les vols internationaux -, l’aéroport est totalement saturé, offre une qualité de services très médiocre et est depuis décembre victime régulièrement de pannes d’électricité. La dernière panne date de la semaine dernière. La pire a eu lieu début janvier, conduisant à l’annulation de 300 vols, laissant 65 000 passagers en errance. Outre ces problèmes récurrents, il existe une véritable mafia autour des taxis ainsi que sur les vols de bagages.
Comment donc se prémunir face à toutes ces difficultés potentielles ? Etant donné les problèmes affectant les aérogares (notamment les Terminaux 1, 2 et 3), il est ainsi conseiller de se rendre de trois à quatre heures à l’avance à l’aéroport. Quitte à prendre ensuite son mal en patience dans un café ou un salon business…
Philippine Airlines déménage
Le Terminal 1 et le Terminal 3 de NAIA accueillent les compagnies internationales. On trouve dans le terminal des compagnies chinoises, Korean Air, Malaysia Airlines, Thai Airways ainsi que Gulf Air, Kuwait Airways et Saudi Arabia. Le Terminal 3 accueille pour sa part 16 compagnies internationales. Dont entre autres Emirates, Etihad, Qatar Airways, Turkish Airlines, Cathay Pacific, Singapore Airlines ainsi que KLM. Cette aérogare connaît cependant les plus importants problèmes de saturation.
Les queues entre check-in, contrôles d’immigration et sécurité peuvent facilement excéder deux heures. Cependant, le temps d’attente est moindre pour les voyageurs étrangers, qui bénéficient de comptoirs spécifiques d’immigration.
La saturation des installations est pourtant telle que la compagnie nationale Philippine Airlines va transférer ses vols internationaux du Terminal 2 au Terminal 1. Il devient effectif en date du 16 juin. Malheureusement, il induit un rallongement du temps de transit pour les lignes intérieures de PAL.
Ce transfert suit en fait une directive de l’autorité aéroportuaire qui transforme le Terminal 2 en aérogare purement domestique. Ce qui permettra d’accroître sa capacité de 7,5 millions à 10 millions de passagers avec le départ des comptoirs d’immigration. Ces derniers devraient venir renforcer les capacités de contrôle des T1 et T3, promet la direction de l’aéroport.
L’angoisse des taxis et bagages
De nombreux reportages et rapports font état de la pratique de « Bukas Maleta » (« Ouverture de Bagage ») par des voleurs travaillant sur l’aéroport, au départ comme à l’arrivée. Le mieux est donc de faire empaqueter sa valise sous cellophane. Une précaution utile même si elle rajoute du poids au bagage et occasionne des frais supplémentaires.
Quant aux taxis, une préparation est nécessaire. Avant le départ, mieux vaut chercher la destination à Manille et ce qu’elle coûterait avec un taxi. Il est possible d’utiliser l’application Grab (l’équivalent asiatique de Uber) et réserver une voiture à l’avance. Sans internet, il reste la solution de faire la queue pour un taxi et de recevoir un coupon. Les queues sont souvent très longues… Attention à certains « employés » avec badge qui proposent des taxis qui s’avèrent être des arnaques. IL est conseillé de refuser toute aide extérieure même d’une personne semblant assermentée.
Lorsque le taxi arrive, les voyageurs doivent bien surveiller que les bagages sont placés dans le coffre et que le compteur fonctionne. Un trajet entre l’aéroport et Makati, le quartier des affaires, ne devrait pas coûter plus de 200 Pesos (11 euros).
En alternative, il existe aussi un excellent service de bus de l’aéroport pour Makati, Manille et Quezon City. Le seul inconvénient du UBE Express est un nombre restreint de fréquences (6 par jour entre NAIA T3 et Makati par exemple).
L’aéroport de Clark comme alternative à Manille
Il traîne dans les bureaux du Ministère des Transports et de l’aviation civile de nombreux plans pour améliorer la situation de NAIA. Un consortium d’entreprises privées a ainsi récemment vu le jour. Avec la promesse d’assurer la pérennité et le bon fonctionnement de l’aéroport. On parle aussi depuis des années de nouveaux aéroports pour la capitale.
En attendant, existe-t-il une alternative pour éviter une arrivée à Manille ? Les voyageurs trouveront un autre aéroport à 80 km au nord-ouest de la capitale (100 km de Makati). L’ancienne base militaire américaine de Clark est devenue un aéroport civil. Depuis l’an dernier, cette plateforme possède l’aérogare la plus moderne et confortable des Philippines. Conçue pour 8 millions de passagers, Clark accueille un vol quotidien d’Emirates ainsi que de Qatar Airways. Eva Air propose alternativement des liaisons via Taipei.
Cet aéroport serait-il donc parfait pour rejoindre Manille ? Malheureusement un inconvénient de taille subsiste : des embouteillages endémiques le long de l’autoroute urbaine de Manille. Soit un trajet qui dure au minimum 1h30 et facilement plus de deux heures !


















