« Toujours dans l’effervescence débutée au sortir du Covid » : Odile Delannoy, Présidente de Coesio

Odile Delannoy préside Coesio, le 1er réseau de centres, palais et bureaux de congrès des villes francophones. Elle décrit pour Voyages d'Affaires les tendances et les priorités pour l'année 2024 dans le secteur du MICE.
Coesio
Odile Delannoy, Présidente de Coesio, Directrice du Centre Expo Congrès et directrice adjointe de l'Office du tourisme de Mandelieu-La-Napoule

Quel bilan dressez-vous de l’année 2023 ?

Odile Delannoy – 2023 a été un très bon cru pour nos 73 membres dont 64 palais, centres ou bureaux de congrès situés en France. L’activité est restée forte tout au long de l’année, y compris en décembre. Ils ont ainsi enregistré des résultats supérieurs à 2022. Chaque structure a bénéficié d’activités variées avec des congrès, salons professionnels et grands publics, spectacles, séminaires, soirées de gala… Toutes les cibles ont fonctionné et participent au succès de l’année écoulée.

Quelles ont été les particularités observées ?

Odile Delannoy – Nous avons pu noter un retour des évènements en présentiel. La parenthèse du Covid avec des opérations à distance ou hybrides est refermée. Bien sûr la visio apporte un plus et permet d’accroître l’audience des congrès et conférences mais il y a un vrai besoin de se revoir physiquement, d’échanger et de sentir la réactivité de la salle. La fréquentation est aussi revenue à la normale, elle est même excellente, pour les salons professionnels et grand public.

Il n’y a pas eu de difficultés particulières en 2023 ?

Odile Delannoy – Si. Les palais des congrès ont d’abord été impactés par l’augmentation des coûts liée à la hausse de l’inflation et à celle des prix de l’énergie depuis le but de la guerre en Ukraine. Cela a engendré des réajustements tarifaires pour les contrats futurs voire ceux déjà signés quand cela était possible. L’autre solution est la mise en place d’une contribution temporaire, le temps que cette envolée des prix de l’énergie disparaisse. Si la Coupe du Monde de Rugby a été un joli succès en termes de fréquentation loisir, les villes de province ayant accueilli des matches ont souvent vu leur palais des congrès sans engagement sur ces périodes car les hébergements étaient remplis par les fans de ballon ovale. Enfin, comme en 2022, la difficulté a été pour nos prestataires, restaurateurs, traiteurs, sociétés audiovisuelles ou de sécurité de trouver du personnel. La question des ADS, les agents de sécurité, va être encore plus prégnante en 2024, la crainte étant que ces effectifs en province soient mobilisés sur Paris pour sécuriser les sites olympiques et assurer le bon déroulement des Jeux.

Comment appréhendez-vous justement 2024 ?

Odile Delannoy – Nous espérons une nouvelle excellente année pour le MICE avec un effet d’entraînement lié aux Jeux olympiques pour nombre de villes en général et de sites en particulier. La mobilisation des structures avant et pendant les JO dans la capitale a aussi entraîné un report de certains congrès et événements sur les villes en région. A cela, s’ajouteront les demandes de dernière minute. A un horizon plus lointain, plusieurs palais des congrès ont déjà signé des congrès pour 2025, 2026 voire 2027 car l’anticipation demeure importante sur ce segment. C’est de bon augure. Le MICE maintient ainsi cette effervescence observée depuis 2022.

Quelles sont les priorités pour vos membres ?

Odile Delannoy – La hausse des coûts de l’énergie a poussé des structures à engager des travaux d’isolation et de réduction des émissions carbone. Le développement durable est désormais au cœur de nos préoccupations. Nombre d’adhérents sont évidemment engagés dans une démarches RSE avec, pour certains, le projet d’obtenir la certification Iso 20121. Cela représente un engagement financier et humain important. Le challenge est aussi d’arriver à mieux lisser l’activité sur l’année afin de mieux gérer les périodes de forte de demande et d’accroître encore l’occupation des sites.

Quels sont les projets de Coesio en 2024 ?

Odile Delannoy – Coesio a dans son ADN l’échange de bonnes pratiques et d’expertises entre ses membres. Nous organisons trois opérations commerciales par an pour mettre en relation nos adhérents et les organisateurs d’évènements. Notre base de données sera redéveloppée cette année et encore mieux qualifiée. Nous allons aussi mettre l’accent sur la partie francophonie pour augmenter le nombre d’adhérents hors de nos frontières et avoir accès à davantage de congrès internationaux francophones. Enfin, Coesio sera le principal financeur, aux côtés de l’Unimev et d’Atout France, d’un indicateur des retombées de l’activité MICE générée par nos centres et palais des congrès. Prévu pour le 1er semestre 2024, il permettra de calculer de façon simple ces retombées économiques qui sont particulièrement importantes pour les destinations. De nouveaux équipements sont d’ailleurs attendus à Chartres, Nîmes ou Nice dans un avenir proche.