Ouigo : dix bougies et de nouveaux projets sur les rails

Lancée il y a dix ans, l'offre low cost de la SNCF Ouigo attaque une nouvelle étape de son développement avec des rames rénovées d'ici 2027 et une flotte élargie.
Rames rénovées, flotte élargie, services supplémentaires : Ouigo, l'offre low-cost de la SNCF, amorce une nouvelle phase de son expansion.
Rames rénovées, flotte élargie, services supplémentaires : Ouigo, l'offre low-cost de la SNCF, amorce une nouvelle phase de son expansion.

Pour ses dix ans, Ouigo va offrir un petit lifting à ses 38 TGV low cost. Déjà hypercapacitaires en pouvant embarquer 1268 passagers, soit l’équivalent de 6 avions B737-800, ils le seront bientôt encore plus. Ce réaménagement intérieur, prévu entre 2025 et 2027, permettra en effet d’ajouter encore quelques sièges en supprimant les banquettes et en repositionnant les espaces bagages. Un nouveau design intérieur et une amélioration du confort des sièges sont également annoncés par la SNCF ainsi que la présence d’une prise électrique pour chaque siège, une option qui est actuellement facturé 3€ au passager. Des crochets pour suspendre 8 vélos, de même qu’un « espace de convivialité » en voiture 4 et 14 seront également ajoutés. Bonne nouvelle, le rose et le bleu flashy des rames devrait au passage être atténué. « Depuis 10 ans, Ouigo se développe à vitesse exponentielle. Nous faisons évoluer notre offre en gardant notre force : proposer des petits prix avec en option des services répondant aux envies de chacun« , assure ainsi Jérôme Laffon, le directeur de Ouigo.

Bien que basique, cette offre de transport est même utilisée par la clientèle affaires en fonction des horaires sur plusieurs axes phares : Paris-Lyon, Paris-Marseille, Paris-Nantes, Paris-Bordeaux… A tel point que Ouigo est enfin disponible dans les outils de réservation des TMC et agences de voyages, la SNCF ayant fini par accepter qu’elle ne soit plus uniquement distribuée sur ses sites Ouigo et SNCFConnect. S’inspirant des compagnies aériennes à bas coûts, Ouigo a lancé depuis fin 2021 le forfait Ouigo Plus qui comprend, au tarif de 9€ par adulte, l’ajout de plusieurs options dont le choix de la place, un bagage supplémentaire, le wifi et l’accès à un portail pour visionner des vidéos.

Toujours plus d’ambition

Ce relooking des TGV sera complété par l’attribution, à partir de 2025, de 12 rames supplémentaires à cette flotte à travers la reconfiguration de TGV Inoui arrivés à mi-vie. De quoi permettre d’étendre le réseau avec de nouvelles destinations comme récemment Brest, Quimper, La Rochelle, Perpignan et Toulon depuis Roissy-CDG. La SNCF entend ainsi porter le trafic Ouigo à 25% des voyages en TGV en 2025, contre 20% actuellement, et surtout doubler son trafic à l’horizon 2030 avec 50 millions de passagers par an, contre 24 millions en 2022. Dans le même temps, le trafic global des TGV passerait lui de 140 à 230 millions, Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF, souhaitant doubler la part du ferroviaire dans le transport de passagers en France. 

Des Ouigo utilisés aussi à l’international

Affichant des tarifs attractifs, cette offre low cost est aussi un moyen de résister face aux nouveaux concurrents que sont l’Italien Trenitalia et l’Espagnol Renfe qui ont pris pied dans l’Hexagone suite à l’ouverture à la concurrence des lignes à grande vitesse. Mais aussi de concurrencer d’autres modes de transport comme l’autocar (Flixbus, Blablacar…) et la voiture en covoiture (Blablacar, Mobicoop…). Avec une flotte portée à 50 rames après 2025, Ouigo peut d’ailleurs aussi être considéré comme une arme pour pénétrer les marchés européens voisins, l’Espagne depuis 2021 où ces rames ont déjà conquis 20% du marché et en Italie à partir de 2026. Ce même succès de l’autre côté des Pyrénées irrite de plus en plus le gouvernement espagnol qui ne ménage désormais plus ses critiques à l’encontre de la SNCF accusée de pratiquer des ventes à perte tout en mettant des bâtons dans les roues de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, dans son développement en France.