Lettre ouverte, manifeste : la filière événementielle plaide pour sa survie

Lettre ouverte au Président de la République, manifeste : les représentants de la filière événementielle mettent en avant l'importance économique du secteur et plaide pour sa survie.
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(c) palais de la bourse, à Bordeaux.

Parmi les plus touchés par les conséquences de la pandémie, le secteur événementiel reste pugnace et décidé à sauver ce qui peut encore l’être. En fin de semaine dernière, les représentants de la filière événementielle – Coésio, Crealians, France Congrès et Événements, Leads, L’ÉVÉNEMENT, Synpase, Traiteurs de France et l’Unimev – faisaient publier une « lettre ouverte au Président de la République » dans Le Monde et Le Parisien. En forme de cri d’alarme, cette tribune tirait un constat dramatique : « le secteur événementiel français, le grand oublié de la prolongation des mesures d’aides, est en grand danger de disparition« .

Une étude, conduite par tous ces acteurs de la filière, venait appuyer cette lettre ouverte. Selon un sondage réalisé en novembre auprès de 3 348 entreprises, soit près du tiers de la profession, 80 % d’entre elles estiment leur survie engagée à moins de 10 mois, dont 30 % qui ne voient pas plus loin qu’à l’horizon de quatre mois, avec tous les licenciements qui pourraient en découler. Toujours selon cette étude, la baisse du chiffre d’affaires du secteur s’élèvera à -68 % sur l’ensemble de l’année et à -83% sur la période allant de mars à décembre.

« L’année 2020 a été catastrophique et 2021 s’annonce sous les mêmes auspices faute de perspectives claires et crédibles« , estiment les signataires de la lettre ouverte. L’annonce récente du report à 2023 du salon du Bourget, pourtant prévu en juin prochain, s’ajoutant à l’annulation d’autres manifestations emblématiques comme le salon de l’agriculture ne laisse en effet présager rien de très bon pour les mois à venir.

« Premier à fermer le 5 mars, le secteur sera le dernier à rouvrir, et encore la perspective du 20 janvier prochain est-elle hautement hypothétique, car conditionnée à des curseurs sanitaires et hospitaliers ainsi qu’à des normes instables et peu adaptées aux contraintes d’organisation des événements« , soulignent les acteurs de la filière qui invitent les autorités publiques à envisager des mesures spécifiques au cycle de production du secteur événementiel pour lui permettre de repartir. En parallèle, elles appellent aussi à parvenir à l’application d’un protocole sanitaire strict pour une reprise dans les meilleurs délais, mettent en avant leur habitude à gérer sans problème des flux de personnes très importants.

Pour renforcer le message de la filière événementielle, un des ses principaux représentants, l’Unimev, vient de publier un manifeste en forme de plaidoyer pour le sauvetage d’un secteur clé pour l’économie française. « A l’initiative des instances d’UNIMEV, l’idée de créer un document-cadre majeur est rapidement née pour rappeler, aux pouvoirs publics, médias, écosystèmes économiques et à la société civile ses retombées pour tous et sa vision de son futur fortement inscrit dans les défis sociétaux majeurs« , décrit l’Union française des métiers de l’événement.

Industrialisation, recherche, innovation : l’Unimev entend démontrer que les dizaines de milliers de manifestations professionnelles qui se tiennent chaque année en France sont un levier essentiel pour l’exportation du savoir-faire français, mais aussi un outil marketing clé pour le tissu de TPE, PME et startups qui profitent de ces événements pour présenter leurs produits et solutions. Avec plusieurs chiffres à l’appui : 17,7 millions de contrats signés par an pour un montant de 34,5 milliards d’euros de transactions générées lors des foires et salons professionnels.