Les voyages au Royaume-Uni affectés par la quarantaine

Le retour de la quarantaine au Royaume-Uni pour les voyageurs en provenance de plusieurs pays - dont la France - met à mal un secteur en plein désarroi.

Royaume-Uni-quarantaine
Londres Heathrow

La décision brutale du Royaume-Uni de rétablir en quelques heures une quarantaine obligatoire pour les voyageurs avec plusieurs pays de l’Union Européenne plombe un peu plus encore les espoirs d’une normalisation du trafic.

La décision a été justifiée par la recrudescence des cas de coronavirus dans certaines parties de ces pays. Le Ministère britannique des Transports (DfT) leur a retiré en conséquence leur statut de « pays exemptés de quarantaine ». Ce statut s’accompagne d’une mise en garde contre tout voyage non-essentiel par le Foreign Office.

Après la Belgique, l’Espagne, le Luxembourg et le Portugal, le Royaume-Uni a donc vendredi annoncé que la France, Monaco et les Pays-Bas quittaient la liste des pays dits  « sûrs ». Depuis samedi matin, les voyageurs sont ainsi soumis à une quarantaine obligatoire de deux semaines.

Ces nations rejoignent désormais l’Espagne, le Portugal, la Belgique et de nombreux autres pays, qui sont effectivement interdits à de nombreux voyageurs britanniques. La Suisse reste pour le moment exemptée.

La première conséquence de ces nouvelles règles a été une ruée des voyageurs à destination du Royaume-Uni avant l’entrée effective de la mesure le samedi à 4 heures du matin. Les trains, ferrys, avions ont été pris d’assaut.

Selon le quotidien britannique The Independent, les prix avaient quadruplé en quelques heures. D’une moyenne de 111 € sur un Paris-Londres à vingt heures, le prix moyen du billet avait atteint 450 € à 23h00 sur British Airways. Sur Nice-Londres, le tarif d’un aller simple se négociait à 850 €!

Pas de remboursement, mais des échanges

Les voyageurs qui ont dû annuler leurs vols sur les compagnies desservant les lignes France/Royaume-Uni bénéficient généralement d’un voucher (et non d’un remboursement). Air France, British Airways ou Easyjet proposent un voucher équivalent au prix acquitté, dont la validité varie d’une compagnie à l’autre. Généralement, ce bon d’achat est valide jusqu’en 2021. De son côté, Ryanair change gratuitement tout vol réservé entre juillet et fin septembre. Le changement de date est valide jusqu’au 31 décembre. Seule doit être réglée une éventuelle différence tarifaire.

Sur Eurostar, les conditions d’échange sont garanties . L’entreprise ferroviaire offre ainsi la possibilité de reporter son voyage sans frais ayant fait sauter jusqu’au 7 septembre un pré-avis minimum de 14 jours. La mesure est en vigueur jusqu’au 31 décembre inclus. Au-delà du 7 septembre, les voyages reportés moins de 14 jours avant le départ sont soumis à des frais de modification. Ils sont élevés, car ils peuvent atteindre pratiquement le prix d’un billet. Il en coûte 40 € par adulte et par trajet en Standard et 50 € en Standard Premier.

Nouvelle réduction de l’offre

Une autre conséquence de cette quarantaine est une nouvelle réduction de l’offre transport entre la France et la Grande-Bretagne. Il y a peu de changement cependant pour le ferroviaire. Eurostar continue d’exploiter six fréquences quotidiennes entre Paris et Londres ainsi que trois fréquences par jour sur Bruxelles et sur Lille.

La situation est plus aléatoire dans l’aérien. Air France conserve de trois à quatre vols quotidiens sur Londres Heathrow au départ de CDG. En revanche, British Airways ne reliera plus Roissy à Londres-Heathrow que du samedi au lundi à partir de septembre. Elle ajoutera un vol supplémentaire chaque mardi en octobre.

Sur Lyon, British Airways proposera deux à trois vols par semaine en septembre et octobre. Le transporteur proposera quatre vols hebdomadaires sur Nice jusqu’au 28 septembre. Elle prévoit un retour à une fréquence quotidienne à cette date.

Easyjet réduit drastiquement ses vols de Paris vers Londres-Stansted, Luton et Southend. En septembre et  octobre, elle ne proposera que deux à trois fréquences hebdomadaires. La compagnie conserve cependant deux à trois vols quotidiens vers Londres-Gatwick. Easyjet continuera de relier Londres à la plupart des grandes métropoles françaises ainsi qu’à Bruxelles, Genève et Luxembourg. La compagnie orange vient cependant d’annoncer qu’elle fermera définitivement ses bases de Londres-Stansted, de Newcastle et de Southend à la fin du mois.

Quant à Ryanair, elle réduit son offre de 20% sur l’ensemble de son réseau. Les capacités en sièges de la compagnie ne représentent plus que 50% de celles en 2019.