
Lundi 29 avril, la SNCF a dévoilé la livrée de son futur TGV Inoui dans les usines d’Alstom à Belfort où une partie de l’assemblage des rames est effectuée. Petite surprise, celles-ci arboreront pour la première fois une livrée blanche agrémentée de touches noires pour le nez de la motrice, grises sur chaque voiture et rouges pour les portes d’embarquement afin de les repérer au premier coup d’oeil. La compagnie justifie ce choix, car le blanc permet de renvoyer les rayons du soleil et donc de diminuer la chaleur dans la rame en période estivale. De quoi réduire l’utilisation de la climatisation et donc au final d’énergie électrique, la SNCF se voulant désormais exemplaire en matière de transition écologique et rappelant « que le train est le mode de transport le plus décarboné« .
« Ce TGV M sera plus écologique avec une consommation d’énergie inférieure de 20% à la génération actuelle, et plus capacitaire de 20%, aime ainsi à rappeler Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF. De fait, ce véritable petit bijou de technologie est révolutionnaire, puisque la motrice a été réaménagée et raccourcie afin de permettre de passer de 8 à 9 voitures. Soit 720 passagers par rame, contre 630 pour les TGV actuels. Ses éléments seront recyclables à plus de 97% quand la rame arrivera en fin de vie après trois décennies de circulation.
Des sièges pour les différents types de voyageurs
L’aménagement intérieur de la rame présentée lundi à Belfort avait en revanche était précautionneusement occulté. Faisant du teasing depuis des mois sur l’arrivée de ce « TGV du futur », la SNCF avait toutefois précédemment présenté le design épuré des voitures et des sièges imaginé par l’agence japonaise Nendo en association avec le cabinet d’architecture Arep, le concepteur des gares pour SNCF Gares & Connexion. Comme en lévitation ce qui permettra de glisser un bagage en dessous, ces sièges se caractériseront par une assise plus moelleuse s’adaptant à toutes les morphologies et à toutes les durées de trajet.


Coté nouveautés, le fauteuil de 1ère sera davantage inclinable, plus large de 5 cm, doté d’une tablette plus généreuse en longueur et d’un port USB. En 2nde, le gain majeur sera réalisé au niveau des jambes grâce à un espacement supplémentaire de 5 cm entre les sièges. La têtière sera réglable en hauteur dans les deux classes qui disposeront pour travailler d’une liseuse orientable, de prises électriques et d’un wifi de meilleure qualité compatible avec la 5G. Les couleurs retenues sont le bleu en 2nde, le rouge-rosé en 1ère. Autre innovation de taille, la SNCF avait assuré que les voitures seraient modulables afin d’effectuer en atelier la transformation d’une classe à l’autre en fonction des périodes de voyages et des marchés, une partie de ces TGV devant rouler à l’international, vers l’Espagne et l’Italie notamment.
Un lancement commercial au 2ème semestre 2025
Depuis fin 2022, la SNCF a entamé les essais de ce TGV de 5ème génération en utilisant ses quatre premières rames de pré-série afin d’éprouver la fiabilité du train selon différentes conditions météorologiques, en des points particuliers du réseau, en modes dégradés, en configuration simple ou double. Et Hervé Pellois, le directeur de l’Agence Essai Ferroviaire de la SNCF, d’expliquer que « les tests en cours sur le freinage, l’acoustique, la dynamique, la signalisation ou le comportement électrique visent à reproduire toutes les situations possibles en exploitation commerciale. Nous faisons aussi rouler les trains dans les courbes très prononcées des Alpes ou dans des situations climatiques extrêmes« .
La vitesse des rames est évidemment au cœur des tests réalisés, poussée jusqu’à 320 km/h, dans le but d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché de l’European Railways Agency. Le Covid, les pénuries et l’envolée du coût des matériaux, sans oublier surtout les innombrables innovations techniques du TGV M font que le projet affiche un important retard au démarrage.
Attendu initialement fin 2023, puis cet été à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024, son lancement commercial est désormais programmé au deuxième semestre 2025 sur le réseau Sud-Est, entre Paris, Lyon et Marseille, puis à l’international, jusqu’à Milan. Les 4 rames d’essais devront, elles, repasser en atelier afin d’achever leurs équipements intérieurs et d’être intégrées parmi les 115 rames commandées par la SNCF à Alstom pour un montant de 3,5 milliards d’euros. « Ce sera un TGV zéro panne qui apportera le plus haut niveau de fiabilité« , promet déjà Jean-Pierre Farandou. Une bonne nouvelle pour les Français qui l’attendent avec impatience.




















