
Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute pour les autorités allemandes comme françaises. La création d’une ligne TGV directe entre Paris et Berlin est considérée comme un acte fort en faveur d’une Europe ferroviaire, l’un des atouts majeurs dans la décarbonation du continent. Sauf que la polémique s’est portée sur le tracé que doit emprunter la ligne.
Géographiquement, le trajet le plus court – et le plus logique- entre Paris et Berlin devrait s’effectuer via la ligne de l’actuel Thalys. En regardant sur une carte, la liaison ferroviaire la plus directe s’effectue effectivement via la Belgique, Cologne, Hanovre et Berlin. C’était d’ailleurs le tracé emprunté par les trains il y a 40 ans entre les deux capitales.

Mais le joint-venture sur les lignes TGV/ICE entre la SNCF et la DB exclut de fait la compagnie ferroviaire allemande. Cette dernière n’est pas partie prenante du consortium Thalys/Eurostar.
Restaient donc les lignes plus au sud via Strasbourg / Karlsruhe / Francfort ou via Sarrebruck / Mannheim / Francfort. Le Ministre des transports Clément Beaune, les élus français et la ville de Strasbourg avaient de fait plaidé pour faire passer la future liaison par la capitale alsacienne et européenne. Finalement, le Ministère fédéral allemand des transports a tranché : ce sera Sarrebruck. La décision a été confirmée par le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.
La ligne devrait donc suivre le tracé Paris-Sarrebruck-Mannheim-Francfort-Berlin, de fait plus logique. Il existe de surcroît un projet d’amélioration du tracé Sarrebruck-Mannheim, permettant de gagner une dizaine de minutes à partir de 2025.
Strasbourg pour des raisons symboliques
La décision de la SNCF et la Deutsche Bahn se fonde aussi sur un tracé trop compliqué via Strasbourg. On parle notamment de goulets d’étranglement sur le pont sur le Rhin à Kehl. Enfin, l’arrêt à Strasbourg aurait rajouté une centaine de kilomètres supplémentaires. Le surcoût financier de cet arrêt aura pris le dessus sur sa valeur symbolique.
La nouvelle liaison doit encore être approuvée par la DB-Netz (DB Réseau). Mais il n’y a guère de doutes désormais sur le dénouement final. Le lancement de la nouvelle liaison reste prévu à fin 2024.
Comme lot de consolation envers la capitale alsacienne, la DB a indiqué que le nouveau train de nuit Paris-Berlin passera bien par Strasbourg. Et qu’il existe déjà de nombreux trains directs sur Berlin depuis Karlsruhe, à 40 minutes en train de Strasbourg.
La métropole alsacienne se consolera aussi en sachant que la future ligne TGV/ICE Paris-Berlin ne fera que marginalement gagner du temps aux voyageurs. Les trains en effet devront rouler à l’intérieur de l’Allemagne sur les lignes existantes du réseau régulier. Lequel est déjà particulièrement encombré !




















