« 2025, l’année de la mobilité sur mesure pour le voyage d’affaires » : F. Monsauret, Uber for Business

Franck Monsauret est Directeur général Uber for Business pour la zone France, DACH, Europe du Nord et de l'Est. Il revient sur une année 2024 de référence, et se veut optimiste pour 2025.
Franck Monsauret est Directeur général Uber for Business pour la zone France, DACH, Europe du Nord et de l'Est.
Franck Monsauret, Directeur général Uber for Business pour la zone France, DACH, Europe du Nord et de l'Est

Quel bilan tirer de 2024 chez Uber for Business ?

Franck Monsauret – Les résultats de 2024 ont été bons, et et on estime – on espère en tous cas – que ça ne va pas changer en 2025. Pour nous, 2024 a été une année de référence, qui va servir un peu d’étalon pour les années à venir, puisque malgré un contexte économique et géopolitique compliqué les choses se sont normalisées, le voyage d’affaires était à son niveau attendu. 2024 aura été une année stable, avec une économie à peu près stable, et donc de la croissance. Nous avons aussi amélioré drastiquement l’expérience utilisateur. Nous étions en manque de chauffeurs pendant plusieurs années. La marketplace était assez tendue. Et cette année les choses se sont rééquilibrées et donc les temps d’attente sont extrêmement faibles, tout comme les taux d’annulation. Ca a mis du temps, beaucoup de temps même, mais c’est aussi pour ça que je décris 2024 comme une année étalon. Et il n’y a pas de raison que ça change en 2025. Les entreprises en sont témoins, avec un taux de satisfaction qui progresse sensiblement. D’ailleurs nous avons connu une année de forte croissance sur le segment B2B, auquel nous dédions des services appréciés comme le produit Business Comfort, qui est aujourd’hui le plus fiable de la plateforme. C’est l’attente numéro 1 des entreprises. Nous avons aussi lancé au printemps le produit Delegate Booking qui permet aux assistants de réserver pour leurs managers directement depuis l’application. Et nous avons mis l’accent sur l’offre Reserve pour la réservation à l’avance.

Peut-on considérer qu’Uber for Business a maintenant trouvé sa place dans le monde de l’entreprise ?

Franck Monsauret – Aujourd’hui un tiers des entreprises du CAC 40 travaillent avec nous. C’était bien loin d’être le cas ne serait-ce que deux ans plus tôt. Ca a pris du temps. Les entreprises sont souvent conservatrices, mais il y a eu beaucoup de travail réalisé sur la perception de la marque Uber, sa respectabilité, sur le dossier sécurité également. Il n’y a plus de sujet sur la rentabilité d’Uber, l’entreprise s’est installée, institutionnalisée. Et dès lors on a assisté en 2024 à une vraie accélération dans l’adoption au niveau mondial. 2024 était donc une très bonne année, si je devais la revivre j’en serais très heureux !

On pouvait s’attendre à un exercice complexe pour Uber en cette année olympique… 

Franck Monsauret – Sur la partie B2B, nous avons fait un très bon été, ce qui n’arrive jamais normalement ! J’ai rarement vu de la croissance au mois d’août. Ce sera donc l’exception qui confirme la règle. Cela s’explique par le fait que l’on a transporté des partenaires logistiques du comité olympique, que beaucoup d’entreprises avaient des invités, il y avait des sponsors qui venaient à Paris, qui avaient des besoins de mobilité… Le mois d’août a donc été excellent, mais c’est une exception, une parenthèse enchantée pour tout le monde.

Quid de la transition énergétique ?

Franck Monsauret – Nous poursuivons fortement nos efforts d’électrification, avec l’objectif du 100% électrique en 2030 en Europe et en Amérique du Nord. Et la sortie du diésel au 1er janvier dernier. C’est un sujet qui est extrêmement important pour nous. Nous sommes leader sur le domaine et nous avons le devoir d’ouvrir la voie. C’est un point sur lequel les entreprises sont très attentives, ça fait partie des grands critères de décision quand on échange avec des directions achats. Au 3e trimestre 2024, nous avons effectué 16% des kilomètres parcourus en électrique. C’est bien plus que la moyenne générale ou même que les flottes professionnelles, qui sont à 6%. Le chiffre atteint même un tiers des kilomètres à Nice ou à Marseille. Nos efforts ont payé. Nous comptons également 90% de véhicules hybrides ou électriques. L’incitation tarifaire via Uber Green a bien sûr encouragé non seulement les passagers mais aussi les chauffeurs à adhérer à cette transition. Il y a eu les aides que nous avons mises en place, et celles de l’Etat évidemment, qui ont permis d’accélérer sur le sujet. Maintenant, nous arrivons à un moment pivot car Uber Green repasse au même prix qu’Uber X. Le 31 décembre a marqué la fin de la collecte des fonds pour les chauffeurs. Ils ont maintenant un an pour basculer vers le véhicule électrique de leur choix. Et le Green devient 100% électrique.

Comment aidez-vous les entreprises à mesurer et à piloter leurs émissions de CO2 ?

Franck Monsauret – Nous mesurons les émissions de CO2 pour les entreprises, qui peuvent ainsi mesurer la baisse d’année en année, au fur et à mesure de l’électrification de notre flotte. Elles ont accès à un tableau de bord qui leur permet de mettre en place leur politique voyages, définir les catégories de véhicules éligibles, selon les pays, les jours de la semaine… Ce tableau de bord intègre du reporting en temps réel, et un rapport est transmis toutes les deux semaines concernant les émissions de CO2.

Où en est Uber sur le marché des taxis ?

Franck Monsauret – L’initiative a été lancée il y a deux ans environ, mais nous avons vraiment avancé sur ce point en 2024. Les gens ne le savent pas toujours, mais il y a des taxis via l’application Uber. Nous comptons aujourd’hui plus de 3000 taxis en région parisienne. Cela fait d’Uber la deuxième plateforme de taxi. Pour autant, des différences subsistent bien entendu. Par exemple, les taxis peuvent utiliser les voies de bus. Ce qui pour un voyageur d’affaires bloqué devant Gare du Nord par exemple, présente un intérêt certain ! La tarification diffère aussi car c’est le taximètre qui est alors utilisé à la fin de la course. L’usage se démocratise, il y a une confiance qui s’est instaurée avec les chauffeurs de taxi, qui se sont rendu compte qu’ils restaient totalement libres.

Où en est le maillage géographique du marché français par Uber ?

Franck Monsauret – Aujourd’hui Uber couvre 41 villes françaises, dont 50% ont été ouvertes au cours des deux dernières années, les dernières en date étant Limoges et Annecy. Sur les 14 villes lancées en 2023, on a connu une augmentation de 25% du nombre de personnes qui ont ouvert l’application. Il y a donc un cercle vertueux entre l’offre et la demande. Il y a un véritable réservoir de croissance, à hauteur de 17% par an d’après certaines études dans les agglomérations de 100 ou 200 000 habitants, et ce jusqu’à 2035.

Quid des différents projets tels que Uber Rewards, Uber Eats For Business ou encore les véhicules autonomes sur le marché français ?

Franck Monsauret – Le projet des véhicules autonomes n’est pas abandonné du tout en France. Ca reste un point d’attention, un point de stratégie très important. Concernant Uber Rewards, c’est devenu Uber One, donc un pass mensuel en échange d’avantages… Concernant Uber Eats for Business, l’usage s’est rationalisé depuis le Covid. Cela concerne aujourd’hui des employés qui doivent travailler tard, en leur offrant la possibilité de se commander à manger.

Quelles sont vos attentes pour les prochains mois ?

Franck Monsauret – On s’attend à une bonne année. En France, le sujet politique crée de l’incertitude, dont l’impact reste difficile à mesurer. Mais on s’attend à ce que 2025 soit une bonne année parce que les fondamentaux sont là, que de nouveaux lancements de produits sont prévus, des produits dédiés aux clients entreprises, et ce dès le premier trimestre. Je suis très confiant sur ces services car ils correspondent exactement aux attentes des voyageurs d’affaires. Pour résumer, jusqu’à présent Uber for business travaillait avec l’existant sur Uber, et en 2025 ce sera vraiment l’année de la mobilité sur mesure pour le voyage d’affaires avec une offre spécifiquement étoffée pour les voyageurs d’affaires. Nous sommes vraiment rentrés dans le détail pour vraiment adapter nos produits au maximum par rapport aux attentes du voyageur d’affaires.