Les salons professionnels français décryptent les attentes à l’international

Des budgets stables, des durées de séjour équivalentes, et globalement une attractivité maintenue, quoique concurrencée : l’étude publiée par le Comité de pilotage des salons et congrès en Ile-de-France (COPIL) est globalement rassurante pour le MICE français.
salon
D'après l'étude du Copil, 74 % des exposants internationaux envisagent de venir "très prochainement" sur un salon en France et/ou en Île-de-France

Exposants et visiteurs étrangers sont de retour sur les salons franciliens et français, ou le seront dans un avenir proche. C’est la bonne nouvelle à retenir d’une étude publiée lundi 26 juin 2023, consacrée aux « nouveaux comportements des clientèles d’affaires internationales sur les salons français ». A l’origine de cette enquête, le « Copil congrès et salons », un acronyme pas forcément bien identifié en tant que tel, présenté d’ailleurs comme « informel », mais derrière lequel sont mobilisés la plupart des grands acteurs impliqués dans le dossier : CCI Paris Île-de-France, Viparis, Unimev, Promosalons, Atout France, Aéroports de Paris, CEP, CRT Ile-de-France, OTCP, DGE-Ministère de l’économie, Ministère de l’Europe et des affaires Étrangères… De quoi conférer suffisamment de crédibilité aux résultats de l’étude. Tout autant que le constat de départ de ces partenaires d’ailleurs : « Si la France veut conserver sa place de première destination mondiale pour le tourisme d’affaires, elle doit en permanence être à l’écoute de ses clientèles et visiteurs ». Promosalons a donc tendu l’oreille à plus de 600 professionnels – 220 exposants (36%) et 387 visiteurs (64%) exactement – dans 22 pays (61% en Europe, 20% en Amérique et 19% en Asie).

Leur témoignage s’avère globalement rassurant quant à l’attractivité des salons franciliens, et aux perspectives pour les mois voire les années à venir. Une majorité des sondés envisagent ainsi de venir « très prochainement » sur une manifestation en France et/ou en Île-de-France : 57 % des visiteurs internationaux et même 74 % des exposants internationaux. Une venue qui sera motivée a priori par les mêmes critères qu’avant la crise sanitaire dans plus de 80% des cas. A savoir la qualité du visitorat et le retour sur investissement pour les exposants. Et bien sûr l’offre de ces derniers pour les visiteurs. Quant aux budgets, là aussi, l’heure est à la stabilité. 53% des exposants et 57 % des visiteurs internationaux affirment que le budget va stagner.

Notons néanmoins que le contingent de salariés envoyés par l’entreprise sur un salon pourrait être revue à la baisse. C’est du moins ce qu’anticipent un quart des sondés. L’enquête évoque un effectif moyen de 3,5 personnes, mais pointe des écarts importants selon les marchés. Sont notamment évoqués les exemples Canadiens (1,6 personnes) et Allemands (1,9 personnes), bien moins fournis que les Turcs et
les Néerlandais (9,5 personnes). Concernant la durée moyenne du séjour – qui devrait rester inchangée pour 70% des visiteurs – elle atteint en moyenne 3,3 jours pour un salon à Paris.

Autre enseignement : malgré l’expérience hybride pendant la crise, ces « nouveaux comportements des clientèles d’affaires internationales sur les salons français » privilégient toujours – peut être plus que jamais – le présentiel. Pourtant, comme le notent les auteurs du rapport, « Qu’il s’agisse des réflexions prospectives qui prophétisaient un monde post-Covid dans lesquels les déplacements seraient fortement réduits ou qu’on écoute les injonctions à moins voyager pour préserver la planète, la question du digital se pose légitimement ». Mais seuls 2% des sondés voient dans le virtuel un moyen viable d’éviter le déplacement sur le salon physique. Pour autant, la dimension hybride n’est pas totalement à ranger aux oubliettes. Plus de la moitié des professionnels (52 % des exposants et 56 % des visiteurs) voient dans l’hybridation un complément pour garder le lien tout au long de l’année avec une communauté. Les pros plébiscitent notamment des formats de type marketplace-plateforme, le matchmaking, les visites du salon ou tables rondes en ligne. Mais comme le résument « schématiquement » les auteurs, « on a donc 98 % des exposants et des visiteurs qui prônent le présentiel ! Un mode qui, notamment, favorise la rencontre humaine et le networking et offre la possibilité de montrer, voir ou toucher les produits. Sans compter la convivialité et l’ambiance, deux aspects également soulignés par les personnes interrogées ».

Le digital doit également être considéré, d’après l’enquête, comme un atout stratégique face aux autres places fortes du secteur : « La concurrence entre places européennes et le développement des offres digitales proposées par les grands salons internationaux doivent cependant inciter les organisateurs de salons français à proposer des services digitaux innovants et de qualité pour que la filière française demeure compétitive », est-il indiqué. « Le digital permet d’apporter une brique complémentaire au présentiel pour élargir l’audience et ouvrir le champ des possibles. Néanmoins, l’innovation, le numérique et le digital doivent aussi être au service du présentiel pour le rendre toujours plus attractif » poursuivent les auteurs.

On retiendra enfin que, alors que les destinations et leurs infrastructures MICE investissent pour se positionner comme des acteurs responsables, « le critère environnemental n’est pas décisif ». « Si l’on demande, par exemple, à des visiteurs internationaux pourquoi ils privilégient des salons de proximité, moins de 10 % indiquent des motifs environnementaux », soulignent les auteurs de l’étude.