Le train de nuit Paris-Berlin reprend du service

Le premier train est arrivé ce matin en gare de Paris-Est après un voyage de plus de 13 heures entre les deux capitales européennes. C'est la seconde ligne opérée par la compagnie autrichienne ÖBB en partenariat avec la SNCF et la DB après le Paris-Vienne relancé en décembre 2021.
Paris Berlin
"C'est une semaine faste pour la renaissance des trains de nuit en France avec le lancement du Paris-Aurillac le 10 décembre et aujourd'hui du Berlin-Paris", s'est félicité le ministre des Transports Clément Beaune le 12 décembre

Ce mardi matin c’est un peu avant 10h45, avec une quinzaine de minutes de retard seulement, qu’est entré en gare de l’Est à Paris le premier train de nuit en provenance de Berlin après quelque dix années d’interruption. Ce nouveau train Nightjet opéré par les chemins de fer autrichiens (ÖBB) en partenariat avec la SNCF, la Deutsche Bahn (DB) et la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) avait quitté la capitale allemande la veille à 20h18 avec à son bord pour la représentation française Clément Beaune, le ministre des Transports, Christophe Fanichet, DG de SNCF Voyageurs et Alain Krakovitch, directeur des TGV-Intercités.

« C’est une semaine faste pour la renaissance des trains de nuit en France avec le lancement du Paris-Aurillac le 10 décembre et aujourd’hui du Berlin-Paris, s’est félicité Clément Beaune. En quelques années nous sommes passés de 2 à 6 lignes nationales au départ de Paris. C’est un projet important de notre politique de transition écologique pour lequel le gouvernement a mobilisé une enveloppe de 100M€ afin de rénover des trains et relancer des lignes en proposant des prix abordables« .

Pour arriver à proposer des tarifs attractifs, chaque Etat y est ainsi allé de son petit coup de pouce, l’Allemagne accordant par exemple une réduction du coût des péages et la Belgique remboursant leur montant sur sa branche. Le Bruxelles-Berlin ainsi que le Vienne-Berlin également opérés par ÖBB se rattachent en effet au Paris-Berlin durant la nuit en gare de Mannheim. Et Clément Beaune de se féliciter que la demande de la clientèle soit déjà au rendez-vous sur cette nouvelle ligne comme sur celles ouvertes ces dernières années dont le quotidien Paris-Nice. Proposée à raison de trois rotations hebdomadaires pour commencer, la desserte Paris-Berlin devrait devenir quotidienne en octobre 2024.

La clientèle affaires n’est pas oubliée

En aparté, le ministre nous a précisé que ce train de nuit n’était pas réservé à la clientèle loisir mais aussi aux voyageurs professionnels « comme je l’ai apprécié cette nuit » avec un service de qualité comprenant un service de boissons, des prises électrique et USB, des articles de toilette… Le Nightjet Paris-Berlin d’ÖBB dispose en effet de compartiments Single et Double Comfort Plus équipés d’une douche et de WC privatifs. Et le petit déjeuner inclus en prime. De quoi arriver frais et dispo à destination. « Le train de nuit devient ainsi une bonne alternative à l’avion tout en évitant le coût d’une nuit d’hôtel« , a ajouté Clément Beaune. « Et des émissions carbone bien inférieures à l’avion et la voiture » a-t-il conclu en annonçant d’autres ouvertures de lignes. Le gouvernement s’est en effet engagé sur dix lignes de train de nuit opérationnelles à l’horizon 2030.

Pas de commande de trains de nuit en France avant 2025

« Nous allons continuer à ouvrir des lignes en France et en Europe, a confirmé dans la foulée Jean-Pierre Farandou, le Pdg de la SNCF. En France cela permet de relancer la desserte de territoires un peu oubliés« . Reste à relever la gageure de disposer du matériel roulant, la SNCF ne disposant que de 120 rames rénovées actuellement. Le Paris-Berlin a ainsi été rendu possible par les rames dont dispose en nombre ÖBB qui a fait le pari du train de nuit en Europe dès 2016. « Il y a un engouement pour ce mode de transport lié aux préoccupations environnementales. Les clients réservent des mois à l’avance. Nous allons continuer à investir avec la commande de 33 nouveaux trains de nuit afin de multiplier par deux le nombre de passagers transportés d’ici 2030 soit 3,5 millions« , a précisé Dr Sabine Stock, membre du conseil d’administration d’ÖBB. La France ne devrait de fait pas rattraper son retard tout de suite, Clément Beaune évoquant une commande de voitures spécifiques aux trains de nuit que pour le début de l’année 2025. « Nous pourrons alors envisager non pas uniquement des lignes radiales partant de Paris mais des transversales entre l’Est et l’Ouest de l’Hexagone« , a confié le ministre des Transports. En attendant, d’autres lignes devraient voir le jour en Europe grâce au partenariat développé entre la SNCF, ÖBB, la DB et la SNCB.