
Résolu à étendre au maximum la saison touristique, l’Office du tourisme de Marseille mise plus que jamais sur le tourisme d’affaires pour atteindre cet objectif. Un challenge dans lequel l’OT est appuyé par le Bureau des congrès qui est, lui, de compétence métropolitaine et intègre de fait Aix-en-Provence. La cité phocéenne est devenue incontournable sur la carte du MICE en France bénéficiant d’un engouement qui n’a fait que se renforcer depuis 2013 et son titre de « Capitale européenne de la Culture », de son renouveau urbanistique, de ses dessertes aériennes et surtout ferroviaires qui placent la ville à 3h de Paris en TGV. « Le tourisme d’affaires génère déjà 430M€ de retombées directes sur un total de plus de 1,2 milliards avec le tourisme de loisir, les deux tiers en congrès et le dernier tiers pour les évènements d’entreprises, détaille Maxime Tissot, le directeur de l’Office du tourisme de Marseille. Quelque 1300 évènements y sont désormais organisés chaque année dont un quart de congrès« .
Avec 38 congrès comptabilisés en 2022, la ville (en duo avec Aix) continue ainsi de progresser au classement ICCA, pointant en 2023 à la 43ème place mondiale et à la 34ème au niveau européen. « Marseille-Aix était ne l’oublions pas à la 146ème place il y a 5 ans, se félicite-t-il. La ville a récemment récupéré 4 ou 5 congrès suite à la fermeture du palais des congrès Acropolis à Nice« . De grand rendez-vous sont attendus en 2024 dont le congrès de l’Ordre des experts comptables qui réunira 7000 participants du 9 au 11 octobre. Mais aussi déjà en 2025 avec le 29ème congrès de pneumologie (5000 pers.) et en 2026 avec le congrès de l’AFEID.
Un large choix de lieux pour tous les types d’évènements
Côté équipements, la métropole met en avant ses sites de tailles diverses avec le Parc Chanot (jusqu’à 7000 congressistes), le Palais du Pharo (1100 pers.), le centre des congrès d’Aix-en-Provence (509 places) et l’auditorium du Mucem (330 places). Mais aussi le World Trade Center qui gère trois sites marseillais avec le City Center et ses 13 salles (2000 m² dont 400 m² en plénière et un rooftop pour 250 pers.), le Sky Center situé au sommet de la tour la Marseillaise (150 pers. en plénière) et le Palais de la Bourse (un amphithéâtre pour 90 pers., 150 pers. dans la salle d’honneur et 500 en soirée de gala dans son superbe hall).
L’hôtel InterContinental dispose également d’un centre MICE important constitué de 15 salles sur 1230 m², et de possibilités d’hébergement avec 194 chambres. « Le défilé Chanel prévu à Marseille le 2 mai devrait nous apporter beaucoup d’activité pendant plusieurs jours« , confie Maxime Astorgis, le responsable des ventes de l’hôtel 5*. Cet évènement dans l’univers de la mode, à la couverture internationale, renforcera à nouveau la notoriété de la ville sur les marchés étrangers. « L’InterContinental attire de plus en plus de clients internationaux pour le MICE, notamment en provenance des USA« , ajoute-t-il.
Développant une activité tourisme d’affaires depuis 2019, Villages Clubs du Soleil propose pour sa part une solution clé en main, associant l’hébergement (124 chambres pour 288 lits), l’utilisation de ses salles (200 m² de plénière, 6 salles jusqu’à 100 m² et un nouvel espace de créativité) et de son parc extérieur pour les activités. « Avec une moyenne d’une centaine de participants, nous accueillons 150 évènements d’entreprises par an dont 6 privatisations totales en 2023« , se félicite Nathalie Bouvier Issaverdens, sa responsable MICE et Corporate. Chateauform Marseille Longchamp fonctionne également en autonome avec sa maison résidentielle comprenant 51 chambres et 10 salles (de 14 à 80 pers.) pour les séminaires, évènements et formations.
Le bon créneau des Jeux Olympiques
La grande question pour les professionnels du tourisme est actuellement de savoir quel sera l’impact sur le MICE des grands évènements prévus cette année dont l’arrivée de la flamme olympique le 8 mai, et le déroulement des compétitions de voile et de football qui se dérouleront du 24 juillet au 8 août. « Les épreuves sportives ne devraient pas avoir d’incidence sur le tourisme d’affaires qui est traditionnellement absent pendant l’été et ne reprend que la dernière semaine d’août« , pronostique Maxime Tissot. De quoi éviter les loupés de la Coupe du monde de Rugby où Marseille avait vu des évènements d’entreprises se déporter vers d’autres villes en raison de la hausse des tarifs hôteliers durant les périodes de matches. « Nous restons pendant les JO sur des prix estivaux classiques. Il n’y a pas à Marseille d’envolée des tarifs hôteliers comme dans la capitale et l’Ile-de-France« , observe pour sa part Violaine Manzon, directrice commerciale du Sofitel Marseille. Un sentiment partagé par Maxime Astorgis pour l’InterContinental.

Ralentissement des ouvertures d’hôtels
Côté hébergement, Marseille possède aujourd’hui 9760 chambres contre 4500 en 1996. Les enseignes s’y sont multipliées depuis deux décennies (InterContinental, Radisson Blu, Mama Shelter, Villages Club du Soleil, Maisons du Monde…), les dernières ouvertures étant le Meininger Hotel Centre La Joliette (194 chambres), le Crowne Plaza le Dôme 4* en mai dernier (138 chambres) et l’Hilton Garden Inn Marseille Provence Airport (178 chambres et 11 salles de réunion jusqu’à 300 pers.). Sont encore attendus un Ruby Hotels fin 2025 (237 chambres) à la Joliette, près d’Euroméditerranée, quartier qui verra l’implantation d’un établissement Eklo (97 chambres) dans une ancienne friche industrielle. A noter que le duo formé par le Novotel 4* (110 chambres et 6 salles de séminaires sur 300 m2) et le Sofitel 5* (134 chambres et 7 salles sur 400 m²) a été mis en vente par AccorInvest.
« Si Marseille pourrait manque d’un gros porteur selon certains organisateurs de congrès, la ville est plutôt favorable à l’installation d’un palace afin d’accueillir de la meilleure façon possible une nouvelle frange de visiteurs, très haut de gamme« , précise Laurent Lhardit, président délégué de l’OT. Celle-ci est actuellement plutôt l’apanage d’Aix-en-Provence qui possède déjà un palace mais aussi 8 hôtels 5* et 16 adresses 4*. « Marseille dispose de capacités d’hébergement presque inépuisables si on y ajoute les locations de courte durée de type Airbnb« , complète Maxime Tissot. Ces locations saisonnières entre particuliers suscitent toutefois l’opposition des habitants dans plusieurs quartiers marseillais dont le Panier, ayant obligé la municipalité a prendre des mesures d’encadrement, plus restrictives.
La voile comme activité écologique pour les entreprises
« Outre les congrès et séminaires, Marseille est devenue une ville d’incentives et de voyages de récompense grâce à la Provence, à ses calanques, à la mer et ses îles. Des professionnels spécialisés se sont installés sur notre territoire, qui développent des activités et expériences originales« , ajoute Maxime Tissot. Ainsi Team Winds, basé dans les îles du Frioul qui, avec sa flotte de 20 voiliers, profite à plein du coup de projecteur porté sur la voile à Marseille dans le cadre des Jeux Olympiques. « Nous pouvons embarquer jusqu’à 140 participants maximum, répartis par groupes de 7 et encadrés par un skipper pro afin de faire de sportives régates sur le plan d’eau des JO. C’est une véritable expérience qui est de surcroît 100% RSE, ce qui plait aux sociétés« , souligne Baptiste Du Chaffaud, le directeur de Team Winds. Un vent nouveau souffle ainsi sur la cité phocéenne.

















