
Les chiffres de trafic des aéroports français pour l’année 2023 tombent les uns après les autres depuis début février. Souvent à travers des communiqués de presse triomphants, s’appuyant sur une embellie du trafic qui s’est poursuivie l’an passé. C’est ce que confirme effectivement l’Union des Aéroports Français (UAF) dans son bilan annuel.
L’an dernier, le trafic des aéroports français s’est établi à 198,68 millions de passagers commerciaux, en retrait de seulement 7,3% par rapport à 2019. L’augmentation du trafic par rapport à 2022 se chiffre à +14,2%. Ce qui représente près de 25 millions de passagers supplémentaires. Si l’on ne tient compte que du trafic en France métropolitaine, le nombre de passagers a atteint 186,04 millions, en retrait de 7,6% par rapport à 2019, la dernière année avant le Covid. Dès lors, des chiffres supérieurs à la période pré-Covid pour l’ensemble du trafic aéroportuaire ne devraient intervenir qu’en 2025…
Une reprise mais plus faible qu’ailleurs en Europe
Selon l’UAF, le niveau de trafic est équivalent à celui de l’année 2017. Et la reprise reste moins forte en France que dans les autres pays de l’Union Européenne (-5,8% par rapport à 2019). Les causes de cette reprise probablement plus lente qu’initialement prévue sont multiples, à commencer par une demande long-courrier qui n’est pas revenue sur tous les marchés l’an dernier, notamment sur l’Asie. Ce qui explique la performance de l’aéroport de Roissy-CDG dont le trafic est resté en 2023 inférieur de 11,5% par rapport à 2019.
Un autre facteur est la suppression des vols domestiques depuis Orly voulue par le gouvernement et une réduction générale des fréquences sur les lignes intérieures. S’ajoutent une reprise anémique des voyages d’affaires en avion et le rejet du transport aérien chez certains voyageurs pour des motifs environnementaux, rejet qui a pris de l’ampleur l’an dernier. L’UAF fait donc état d’un trafic domestique en baisse en 2023 de 1,7%. Et qui reste donc inférieur de près de 21% de ses niveaux d’avant-Covid.
Dans son analyse, l’UAF constate que le manque de dynamisme du trafic domestique pèse sur les résultats de certains aéroports. C’est le cas par exemple de Lille-Lesquin (-14,8% par rapport à 2019), de Toulouse-Blagnac (-18,9% par rapport à 2019), ou d’une région comme la Bretagne (-38,9% de passagers en moins par rapport à 2019).
En 2023, la croissance du trafic total a donc été portée par la reprise du trafic international. Ce dernier représente désormais 77% du trafic de la France métropolitaine en 2023 (contre 74% en 2022 et 2019). Soit près de 144 millions de passagers contre 148,1 millions en 2019. L’international est désormais en retrait de seulement 2,8% par rapport aux résultats de l’avant-Covid.
Le trafic low-cost toujours plus présent
Cette performance est notamment soutenue par l’ascension toujours plus forte du trafic low-cost. Celui-ci a atteint une part de marché passagers de 43,2%, contre 35,1% en 2019. Le low-cost a attiré l’an dernier près de 10 millions de passagers supplémentaires qu’en 2019. Soit un total de 80,4 millions de passagers.
Sur Paris (Roissy et Orly), sa part dans le trafic total est de 28% (61,3% à Orly et 12% à CDG). Mais cette part grimpe à 61,4% sur les grands aéroports régionaux -ceux dont le trafic est supérieur à 5 millions de passagers. 17 aéroports affichent ainsi un trafic low cost supérieur à 70% avec des records à Beauvais (99,7%), Perpignan (92,3%), Tarbes (85,3%), Nantes (79,7%), Strasbourg et Lille (tous les deux avec 78,5%). Sur les autres grands aéroports, le low-cost s’arroge une part de marché autour de 50% à Lyon, Nice et Toulouse, de 55% à Marseille et autour de 65% à Montpellier et Bâle-Mulhouse.
Enfin, la forte reprise du trafic international a joué en 2023 en faveur d’Aéroports de Paris. Les deux plateformes parisiennes ont retrouvé leur part de marché de 2019 générant 53,6% du trafic passagers total. Cette part avait légèrement baissé à 53,3% en 2022. Les grands aéroports régionaux ont pour leur part représenté 37,4% de tout le trafic passagers l’an dernier.
| AEROPORTS | Passagers 2023 | Différence 2023/2019 |
| Paris-Beauvais | 5,64 m. | +41,60% |
| Tarbes Lourdes | 0,59 m. | +26,50% |
| Figari | 0,86 m. | +15,30% |
| Marseille | 10,80 m. | +6,40% |
| Paris-Orly | 32,28 m. | +1,40% |
| Ajaccio | 1,61 m. | -0,50% |
| Nice | 14,19 m. | -2,00% |
| Bastia | 1,50 m. | -3,80% |
| Biarritz | 0,97 m. | -9,00% |
| Montpellier | 1,75 m. | -9,40% |
| Nantes | 6,54 m. | -9,60% |
| Bâle-Mulhouse | 8,09 m. | -11,10% |
| Paris-CDG | 67,42 m. | -11,50% |
| Bordeaux | 6,58 m. | -14,50% |
| Lille | 1,86 m. | -14,80% |
| Lyon | 9,99 m. | -14,90% |
| Toulouse | 7,80 m. | -18,90% |
| Strasbourg | 1,02 m. | -21,80% |
| Rennes | 0,59 m. | -30,20% |
| Brest | 0,81 m. | -34,40% |
(Source: UAF)




















