Salima Haddour, directrice de l’Office national marocain du tourisme en France

Quels sont les atouts du Sud Maroc pour l’incentive ?

Salima Haddour – Il s’agit d’abord d’une destination très proche de l’Europe, bien desservie par l’aérien, bénéficiant d’un climat tempéré toute l’année et, bien entendu, de la richesse culturelle et historique de l’ensemble du Maroc. Côté infrastructures, l’offre est de qualité, et elle tend à se diversifier sur certaines destinations comme le plateau de Ouarzazate notamment, où il se développe une hôtellerie de charme dans d’anciennes casbahs réhabilitées.

Qu’en est-il des activités propres au Sud ?

S. H. – Dans cette région, nous valorisons le culturel avec les traditions rurales de l’arrière-pays ainsi que le désert, jusqu’à Dakhla, avec des activités de type quad, mais aussi nautiques comme le surf ou le kyte. L’originalité de ce Sud littoral éloigné repose sur son ambivalence : l’étendue désertique et une côte sauvage battue par les rouleaux de l’océan. La région se prête à merveille au séjour bivouac.

Comment se porte le marché incentive ?

S. H. – Ce sont des débuts prometteurs. Pour l’instant, les deux destinations captant l’essentiel du marché sont évidemment Marrakech et Agadir en raison des capacités et du niveau de leurs infrastructures.

Quel est le projet-phare de la région ?

S. H. – Dans l’immédiat, le développement de Ouarzazate comme destination incentive à part entière avec une hôtellerie de charme, un véritable atout culturel et la capacité de faire l’expérience du désert…

Le plan baptisé “Azur” par le gouvernement prévoit, d’ici à 2010, la création de six stations balnéaires afin de recevoir 10 millions de touristes… Peut-on craindre une violente urbanisation des côtes ?

S. H. – Nous sommes extrêmement conscients de cet écueil : les divers plans d’aménagement insistent sur la cohérence de chacune de ces stations avec leur environnement. Il n’est pas question de bétonner à tout-va.