Marseille Provence, la plus forte croissance aéroportuaire française

L’aéroport du sud de la France a pour la première fois dépassé le cap des dix millions de passagers, enregistrant l’une des plus fortes croissances parmi les grands aéroports français. L’année 2020 devrait permettre d’atteindre un nouveau record selon la direction de l’aéroport.

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L'aéroport de Marseille Provence Marignane a accueilli plus de 10 millions de passagers en 2019. (c) Camille Moirenc

10,15 millions de passagers. Franchir la barre des 10 millions de voyageurs est plus qu’un symbole pour l’aéroport de Marseille Provence Marignane. Selon sa direction, la plate-forme a connu en 2019 l’une des plus fortes progressions de son trafic de toute la décennie, avec une hausse de 8,1%. Cette croissance est essentiellement liée au fort développement de l’international (+11,1 %), lequel a généré 80% de la croissance de la plate-forme. “C’est une excellente tendance, constate Philippe Bernand, président du directoire de la société Aéroport de Marseille Provence Marignane. L’international représente désormais 62% de tous les mouvements passagers avec une progression constante, et qui devrait encore se renforcer à l’avenir.

L’aéroport Marseille Provence se hisse ainsi à la troisième place des aéroports régionaux français, derrière Nice et Lyon, mais désormais devant Toulouse, dont le trafic a légèrement baissé en 2019. “Nous avons connu la plus forte hausse parmi les aéroports régionaux accueillant au moins dix millions de passagers, décrit Julien Boullay, directeur commercial et marketing. Tous les aéroports n’ont pas encore publié leurs résultats annuels, mais la croissance à Nice a tourné autour de 4%-4,5% tandis qu’à Lyon, elle s’est établie autour de 7%. Quant au trafic de Paris, il a cru l’an dernier de 2,9%, impacté en partie par la baisse du nombre de passagers à Orly.

Côté réseau, Marseille est désormais parfaitement relié à toute l’Europe et au bassin méditerranéen, ce qui était son objectif principal. “Il reste peu de “trous” dans notre réseau Europe, indique Julien Boullay. Mais on a probablement encore besoin de se renforcer sur la Scandinavie. On discute par exemple avec Finnair, qui serait un excellent nouvel arrivant sur notre aéroport. Hambourg est une autre de nos priorités.” Il semble que, d’ici la fin du premier semestre, Erevan et Sofia s’ajoutent aux lignes au départ de Marseille. Sont déjà confirmées pour l’été 2020 des lignes sur Alghero, Dublin, La Canée (Crète) et Londres Southend par Ryanair ainsi que Athènes, Castellon (Espagne) et Olbia avec Volotea.

Sur l’axe méditerranéen, nous avons été touchés par la disparition d’Aigle Azur, qui générait près de 200 000 passagers par an, notamment vers l’Algérie, précise encore le directeur marketing. La DGAC doit désigner en fin de mois quelles seront les compagnies qui pourraient reprendre les lignes Marseille-Algérie d’Aigle Azur. Cinq sont sur les rangs.” Sur l’Afrique, l’arrivée l’an passé d’Ethiopian Airlines et d’Air Sénégal reconfirment le rôle traditionnel de Marseille comme plaque tournante Europe-Afrique. En incluant l’Afrique du Nord, Marseille est de fait reliée à plus d’une trentaine de villes du continent.

L’un des autres objectifs de l’aéroport est la consolidation du trafic vers de grands hubs qui permettent un accès mondial. Outre CDG, Amsterdam, Francfort, Heathrow ou encore Madrid, l’aéroport est particulièrement satisfait de la nouvelle liaison Marseille-Moscou d’Aeroflot ainsi que Marseille-Addis Abeba par Ethiopian Airlines. La première permet de rallier une partie de l’Europe orientale, du nord et de l’Asie, la seconde permettant de rejoindre une quarantaine de villes en Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient.

L’aéroport souhaite toujours une ligne sur le Golfe, Qatar Airways semblant être la mieux positionnée pour desservir l’aéroport en raison de l’accord de ciel ouvert entre l’Union Européenne et Qatar. De la même manière, une liaison sur New York serait également la bienvenue, “les nouveaux Airbus A321neo LR étant parfaits par leur capacité sièges pour notre plate-forme”, estime Julien Boullay.

L’aéroport poursuit donc sa croissance, mais une croissance raisonnée et soucieuse de son environnement. “Nous sommes un aéroport ancré dans le territoire avec une démarche responsable écologique. L’aéroport Marseille Provence a obtenu de l’Association Internationale des Aéroports le niveau 3 du programme Airport Carbon Accreditation en 2019, notre aéroport ayant réussi à diminuer de 25 % ses émissions de CO2 entre 2013 et 2017. Notre ambition est de nous diriger vers la neutralité carbone (niveau 3+), où toutes les émissions carboniques de l’aéroport seront compensées, à horizon 2022”, précise Philippe Bernand.

L’un des objectifs sera de favoriser encore davantage les transports publics. La cadence des trains et des navettes de bus a été densifiée avec Marseille et les villes environnantes comme Nîmes, Montpellier ou encore Toulon et Nice. Ce sont désormais près de 18% de tous les passagers qui viennent à l’aéroport par les transports en commun, en hausse de 13,5 % par rapport à l’année 2018. En 2025, la part des transports publics devrait représenter 25% de tous les déplacements vers la plate-forme. “On discute avec la région et la SNCF pour que la gare de Vitrolles-Marseille Aéroport soit intégrée dans le réseau TER de la métropole”, indique encore Philippe Bernand.

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