Interview : Pierfrancesco Carino, Directeur des Ventes de Volotea

Volotea a annoncé récemment l'ouverture d'une nouvelle base à Marseille, la cinquième en France. Pierfrancesco Carino, Directeur des Ventes, explique la stratégie de la compagnie aérienne en France et en Europe.

Volotea
Pierfrancesco Carino, Directeur des Ventes de Volotea

Pouvez-vous nous dire quelques mots de la nouvelle base Volotea à Marseille ?

Pierfrancesco Carino – Nous implantons effectivement une nouvelle base à Marseille, la cinquième sur le marché français après Nantes, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Deux avions y seront basés, et nous proposerons 18 lignes, dont huit nouvelles destinations. Surtout, onze des 18 vols proposés seront sans concurrence. C’est le modèle de Volotea : trouver des opportunités sans concurrence.

La France est décidément cruciale pour votre développement. Pourriez-vous donc vous lancer à Paris ?

P. C. – La France est le premier marché pour Volotea, devant l’Italie et l’Espagne. Mais une arrivée à Paris ne correspondrait pas à notre stratégie qui consiste à connecter des villes de taille moyenne, des aéroports offrant de bonnes opportunités car l’offre n’y est pas assez développée. Notre stratégie évolue dans la mesure où nous avons ajouté de grandes villes comme Vienne, Munich ou Madrid, mais qui sont toujours connectées avec de plus petites destinations.

Quel bilan tirez-vous des mois écoulés, et quels sont vos objectifs pour cette année ?

P. C. – Nous avons célébré récemment le cap des 14 millions de passagers transportés en cinq ans. Le bilan de l’été, avec deux millions de passagers, est en progression de 40% par rapport à l’an dernier. Sur l’année, nous espérons atteindre 4,5 millions de passagers.

Comment expliquer cette croissance ?

P. C. – Notre progression est liée à l’ajout de quarante nouvelles lignes. Pour l’été prochain, nous allons ouvrirons pas moins de 57 nouvelles liaisons, avec une progression de la capacité de 25% pour une offre de 7 millions de sièges.

Que représente le voyage d’affaires pour Volotea ?

P. C. – Le trafic affaires progresse d’autant mieux que nous sommes désormais présents sur tous les réseaux business grâce à nos partenariats avec les agences de voyages d’affaires. C’est un segment important car il permet d’avoir une offre plus régulière tout au long de l’année. Notre modèle s’est d’abord appuyé sur les vols saisonniers, mais progressivement nous avons étendu les saisons grâce à ces vols à vocation business, principalement sur le réseau domestique comme le vol Toulouse-Nantes. Nous sommes attachés aux destinations qui affichent un bon potentiel business.

Volotea reste malgré tout une compagnie low cost…

P. C. – Nous garantissons effectivement des prix bas, avec un service de qualité. Les sièges de nos Airbus A319 offrent d’ailleurs un pitch [espacement] supérieur de 5% à celui des autres compagnies. Dans les GDS, nous proposons un produit tout compris pour les voyageurs d’affaires afin de mieux cibler cette clientèle.

Pourriez-vous suivre l’exemple d’easyJet, qui a fortement progressé sur le business travel en multipliant les services dédiés ?

P. C. – Nous sommes Volotea, nous restons différents car nous cherchons des destinations uniques. C’est notre ADN. Notre stratégie, c’est aussi d’allonger la saisonnalité, et de garantir une offre tout au long de l’année aux voyageurs d’affaires.

N’est-il pas difficile d’être seul face aux alliances et aux nouveaux partenariats qui se développent, comme Worldwide by easyJet récemment ?

P. C. – Notre stratégie consiste à proposer un service simple, de point à point. Nous ne sommes pas seuls car nos clients sont au rendez-vous. Pour le moment nous ne pensons donc pas à des alliances, d’autant que nous sommes une compagnie très jeune.