
Cluj-Napoca est la seconde région métropolitaine de Roumanie avec près de 700 000 habitants. Au coeur des Carpathes, elle est considérée comme la « capitale » de la Transylvanie. La région, dont le nom mythique évoque avant tout des images de vampires, représente pourtant bien plus que le personnage de Dracula. Cluj-Napoca est en effet la ville la plus riche de Roumanie après Bucarest. Pendant longtemps, son économie s’est basée sur des ressources minérales. Mais avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en 2004, elle est devenue une championne de l’industrie automobile, de l’agriculture, de la finance ou de l’industrie IT.
Centre de la high-tech, des sciences et du savoir
C’est à Cluj que se conçoit aujourd’hui une partie des logiciels et programmes informatiques de l’Union Européenne. La ville recense plus de 15 000 personnes pour 1 300 entreprises du secteur IT. Ce qui lui vaut le surnom de « Silicon Valley » de l’Europe orientale. C’est encore à Cluj que l’Allemand Bosch a investi plus de 50 millions d’euros pour la création d’un centre de recherche et d’ingénierie ainsi qu’une usine de solutions de mobilité.
La capitale autoproclamée de la Transylvanie est l’une des villes les plus dynamiques de l’Europe Centrale et des Balkans. Son PIB a atteint près de 25 000 euros par habitant en 2023, plus du double de celui de la Roumanie (autour de 10 250 euros). Selon la Banque Mondiale, Cluj est l’une des villes ayant connu la plus forte croissance économique parmi les villes de l’Union Européenne sur la dernière décennie.
Cluj se profile comme un des principaux centres universitaires européens avec 80 000 étudiants dans une douzaine d’institutions. La ville profite notamment de la présence de l’université Babeș-Bolyai, la plus ancienne université de Roumanie et vrai poids lourd économique. Elle compte 45 000 étudiants, 21 facultés et un enseignement officiel en trois langues (roumain, hongrois et allemand), qui contribue à attirer des étudiants de toute l’Europe. L’Université de Médecine et Pharmacie de Cluj accueille en particulier de nombreux étudiants français.
La France reste de fait un important partenaire de la Roumanie. Selon les chiffres de l’ambassade de France à Bucarest, elle est le 3e investisseur étranger avec plus de 4 100 entreprises. Elle est aussi le troisième client et 9e fournisseur de la Roumanie avec des échanges commerciaux bilatéraux atteignant 11,6 milliards d’euros. Emblème le plus visible de la présence française à Cluj-Napoca : les enseignes Auchan et Carrefour ou encore la banque locale BRD, dont le logo est similaire à celui de son actionnaire, la Société Générale.
Côté tourisme, Cluj Napoca cherche désormais à se positionner davantage comme une destination affaires. « On a pour l’instant un mélange de tourisme de loisirs et d’affaires. Mais l’arrivée de chaînes internationales et la construction d’infrastructures capables d’accueillir des conférences et congrès comme la BTArena, la plus grande salle polyvalente de Roumanie avec une capacité pour 10 000 personnes font de Cluj une bonne alternative à d’autres métropoles de la région« , analyse Marius Oprea, qui gère l’office de tourisme municipal.
L’hôtellerie internationale débarque
Au cours des dix dernières années, le marché hôtelier de Cluj-Napoca a enregistré la plus forte augmentation en Roumanie dans la catégorie « 5 étoiles », avec 613 nouvelles chambres (+411%), selon le cabinet de conseil en tourisme Est Hospitality. Au total, la capitale de la Transylvanie a connu une augmentation de 36% de son offre hôtelière. Outre la catégorie des 5 étoiles, Cluj a vu le nombre de chambres dans la catégorie 4 étoiles progressé de 31%, équivalent à 221 nouvelles unités.
L’intérêt économique de Cluj se manifeste par l’implantation de plusieurs hôtels de chaînes internationales. Double Tree by Hilton, Radisson Blu, Ramada, Golden Tulip Ana Dome, Hampton by Hilton représentent plus de 20% de la capacité hôtelière de la ville. Une capacité qui va encore augmenter dans les trois prochaines années. Alors que le Radisson Blu, l’hôtel le plus luxueux de Cluj, a lancé les travaux d’une nouvelle aile qui comprendra 20 chambres et appartements ainsi que 3 salles de conférences pour un lancement prévu en 2025, de nouveaux hôtels voient le jour.
Ce fut le cas, en mars dernier, d’un tout nouveau Courtyard by Marriott de 114 chambres. Ce sera également le cas en avril 2025 du premier hôtel du groupe Accor à Cluj un Ibis Styles de 110 chambres situé à 7 km du centre historique. Deux autres projets hôteliers sont également en gestation avec des ouvertures prévues à l’horizon 2026. Soit un total de quelques 600 chambres supplémentaires.
Le charme de l’Europe centrale
Le visiteur à Cluj découvrira une ville qui a préservé le charme de l’ancienne empire austro-hongrois. Les imposantes bâtisses évoquant la grandeur de l’ex Double-Monarchie alternent avec les églises gothiques et baroques. Tandis que dans la ville historique, un dédale de rues anciennes accueille bars et restaurants à la mode. On y trouve aussi cafés et librairies à l’ancienne, là encore, un héritage du vieil empire. Le tout est entouré des grandioses paysages de Transylvanie, parsemés de villes historiques qui font de cette région une parfaite destination « bleisure ».
L’avion, imbattable pour se rendre à Cluj-NapocaAvec l’intégration partielle de la Roumanie dans l’espace Schengen à la fin mars 2024, Cluj devrait susciter encore plus d’intérêts dans les milieux d’affaires. « Cluj va grandement bénéficier de cette intégration. Notre aéroport devrait enregistrer une montée en puissance du nombre de ses destinations et attirer de nouvelles compagnies aériennes. Ce qui devrait nous faire battre de nouveaux records de trafic« , décrit David Ciceo, directeur général de l’aéroport. Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en décembre 2004, Cluj s’est rapproché du reste de l’Europe. En particulier avec la modernisation de ses infrastructures routières. La cité est depuis peu reliée par autoroute à Bucarest. Celle devrait d’ici le début 2026 finalement atteindre la frontière hongroise via Cluj. Le maillon faible est le ferroviaire. La part du train dans les déplacements est en chute libre en raison de sa vétusté. Il représente 20% des déplacements domestiques aujourd’hui. Les plans de modernisation se succèdent pour électrifier le réseau et permettre aux trains d’atteindre 160 km/h. Mais ils avancent à la vitesse de « tortillards », à l’image des trains actuels. 60 km en moyenne sur tout le réseau. A l’instar du trajet Cluj-Bucarest. Il faut presque 9 heures avec les trains les plus rapides pour parcourir les 450 km entre les deux villes. Un facteur qui explique, entre autres, le succès des aéroports roumains. Et celui de Cluj ne fait pas exception. C’est le second du pays avec un trafic qui a, pour la première fois de son histoire, dépassé le cap des 3 millions de passagers en 2023. « Nous procédons maintenant à l’extension de l’aérogare. Elle ouvrira à la fin du premier semestre de cette année avec une capacité de 4,5 millions de passagers. Mais nous préparons l’avenir de l’aéroport avec l’extension de la piste et un trafic estimé à 7 millions de passagers à l’horizon 2040« , estime David Ciceo. L’aéroport est ainsi relié à 50 destinations dans 20 pays. Dont Paris Beauvais où s’affrontent d’ailleurs Ryanair et Wizz Air. Ainsi que Nice durant l’été. |
GUIDE DE CLUJ-NAPOCA
S’y rendre
Cluj Napoca est relié à Paris Beauvais par les compagnies Wizz Air (un vol quotidien) et Ryanair (trois fois par semaine). Il existe aussi des vols sur Bruxelles-Charleroi (Ryanair et Wizz Air) et Nice (Wizz Air). Depuis avril, Swiss relie également trois fois par semaine Zurich à Cluj. Autres possibilités de se rendre à Cluj via Munich avec Lufthansa ou via Bucarest avec Tarom.
L’aéroport est à 10 km du centre-ville et facile d’accès par bus exprès ou taxi.
Séjourner
– Radisson Blu est l’hôtel le plus luxueux de la ville face à la BTArena. 149 chambres, centre de conférences, de fitness ainsi que deux restaurants, un bar et un café. (https://www.radissonhotels.com/en-us/hotels/radisson-blu-cluj?)
– Hampton by Hilton est un hôtel récent, ouvert en 2013. Il possède 109 chambres, un bar et un restaurant (https://www.hilton.com/en/hotels/cljhxhx-hampton-cluj-napoca/hotel-info/)
– Dernier ouvert parmi les hôtels de chaîne, Courtyard By Marriott Cluj-Napoca est un établissement contemporain de 114 chambres. Il possède deux restaurants et un bar. (https://www.marriott.com/en-us/hotels/cljcy-courtyard-cluj-napoca-downtown/overview/)
Manger
– Roata, un restaurant réputé pour ses spécialités roumaines, notamment de la région de Transylvanie (tél : +40 264 592 022– https://www.facebook.com/RestaurantRoataCluj).
– Zama, autre restaurant de spécialités roumaines mais avec une approche plus contemporaine et des prix raisonnables (tél: +40 755 080 777-https://zamabistro.ro/)
A découvrir
Le centre historique de Cluj a des allures de petit Budapest, rappelant que la cité fut longtemps la seconde plus importante ville de Hongrie jusqu’à son rattachement officiel à la Roumanie en 1920. Ne pas rater la très belle place Unirii avec l’église Saint Michel et ses imposantes maisons, qui abritent notamment cafés et restaurants. Sur cette place, le Palais Bánffy, considéré comme l’une des structures les plus belles du baroque en Transylvanie, est aujourd’hui le Musée National d’Art. Le Parc Central en coeur de ville est aussi un endroit agréable pour courir ou simplement se détendre. (www.visitcluj.ro)
Enfin, pour un week-end, on peut se rendre dans la ville de Sibiu, trésor de l’architecture médiévale, renaissance et baroque. Sibiu est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ou explorer d’imposants châteaux-forts et villages traditionnels au coeur des profondes forêts des Carpathes.
S’informer
L’Institut Français de Cluj, str I.C.Bratianu, nr. 22, 400079, sert aussi de consulat honoraire (Agenceconsulaire.cluj@gmail.com). Néanmoins, pour des informations économiques sur la Roumanie et les relations franco-roumaines, contacter le Service économique de Bucarest de l’Ambassade de France, str Biserica Amzei, nr 13-15 (Tél : +40 21 305 67 70 ou bucarest@dgtresor.gouv.fr).




















